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1er Congrès de la médecine dentaire : Une occasion d’échange d’expériences et de renforcement des capacités  

Le ministère de la santé publique et de la lutte contre le Sida en collaboration avec une fondation italienne Solidarité des Médecins Odontologues dans le monde a organisé,  en date du 15 au 16 avril 2022, un congrès de la médecine dentaire. Ce fut une occasion de renforcement des capacités et d’échange d’expériences entre les professionnels et les intervenants dans ce domaine. A travers les échanges, il a été constaté que la santé bucco-dentaire a été reléguée au 2nd plan alors qu’il constitue un problème de santé publique. Raison pour laquelle, ces derniers demandent qu’il y ait un programme national de lutte contre les maladies bucco-dentaires

 « La collaboration entre la Solidarité des Médecins Odontologues dans le Monde  (SMOM et le ministère permettra l’accès aux soins dentaires à la population burundaise vivant en milieu rural »,  précise Dr Pino La Corte médecin dentiste chirurgien, prothésiste et président de l’association Solidarité des Médecins Odontologues dans le Monde  (SMOM). Il informe que depuis les années 90, l’association a favorisé le développement de la santé bucco-dentaire dans de nombreux pays. En Ouganda, l’association a créé un laboratoire dentaire à l’Université de Makerere et  à l’hôpital Mulago. Elle a aussi  mené des activités de formation pour les prothésistes sur 4 ans jusqu’à leur pleine autonomie.  

Dr Pino La Corte, médecin dentiste chirurgien, prothésiste et président de l’association Solidarité des Médecins Odontologues dans le Monde  (SMOM)

Au Burundi, précise Dr La Corte, l’association est active depuis 2013 avec l’ouverture d’un centre de soins avec deux blocs opératoires performants à l’hôpital  de Mivo (Ngozi).  A cette période, le Burundi ne comptait que 10 dentistes pour 10 millions d’habitants et un seul dentiste exerçait en dehors de la capitale économique.   « Nous avons pris conscience du problème. Et nous avons monté un projet avec l’Université de Ngozi et l’hôpital autonome de Ngozi.  Actuellement, à travers le projet, l’hôpital  de Ngozi est équipé de 6 postes opératoires et un laboratoire pour la construction de prothèses dentaires ». 

Grâce à un accord de coopération avec l’Université et l’Hôpital de Ngozi, le SMOM a formé et diplômé 33 thérapeutes dentistes  comme indiqué par l’O M.S.

Cependant, souligne la Corte, la SMOM était venue au Burundi pour promouvoir l’assistance à la population mais pas pour faire des activités éducatives.  

 Parallèlement à l’activité didactique, la SMOM a fourni des équipements et du matériel à plus de 12 hôpitaux dans différentes provinces. Elle a aussi ouvert des services dentaires capables de fournir des services conservateurs des éléments dentaires pour permettre aux étudiants de combiner théorie et pratique avec la responsabilité de gérer un service prévention sur le territoire et l’assistance thérapeutique hospitalier.

Des hôpitaux équipés en matériels et en personnel

Les hôpitaux dans lesquels la SMOM a mis en place, jusqu’à présent, un service d’assistance préventive et de dentisterie conservatrice avec le personnel qualifié et  le don de matériels spécialisé et de consommables sont : l’hôpital de deuxième référence de Ngozi, notre service opérationnel et centre de formation, l’Hôpital de district de Kayanza, hôpital de Muyinga, hôpital de Muramvya, hôpital de Kiremba, hôpital de Mivo, hôpital de Buye, la clinique Monseigneur Germain Martin de Ngozi, l’hôpital Sainte Thérèse de Songa, l’hôpital de Rutana, le Mutaho et la Clinique Prince Louis Rwagasore de Bujumbura. Elle est présente aussi dans les centres de santé MARIE  de la VIE de Gitega et le Centre  de santé de Murayi .Et, la SMOM compte intervenir à l’hôpital de district de Rumonge et de Cibitoke. 

 Depuis quelques mois, une enquête nationale est en cours au Burundi, dans 6 provinces de l’échantillon, sur la prévalence des caries menée par le SMOM en collaboration avec l’Université de Berne.   

Créer et opérationnaliser un système national de santé bucco-dentaire

Dans son plan opérationnel des interventions de la SMOM pour la période allant  de 2022 à 2018, la SMOM en collaboration avec le ministère de la santé veut créer et rendre opérationnel un réseau de services, un système national de santé pour la santé bucco-dentaire qui prévoit la mise en place d’un centre dentaire de prévention et d’assistance pour chaque province burundaise avec deux unités opératoires dirigées par un spécialiste formé par l’association. Un centre régional de référence pour les cas les plus graves, pour se rendre ensuite aux centres opératoires dans les hôpitaux de district jusqu’au centre de Santé des villages.

« Aujourd’hui, la dentisterie burundaise dispose d’un nombre suffisant de spécialistes capables d’assurer une assistance préventive et thérapeutique adéquate sur l’ensemble du territoire national », fait savoir Dr La Corte. L’association SMOM avec l’aide du ministère poursuivra son engagement au cours des prochaines années pour créer un réseau national efficace de services régionaux de prévention et d’assistance en santé bucco-dentaire, animés un personnel spécialisé dans toutes les provinces.

La santé bucco-dentaire reléguée au 2nd plan

Anesie Kwizera, présidente de l’association des Chirurgiens-dentistes du Burundi

Pour l’Association des Chirurgiens-dentistes du Burundi, la santé bucco-dentaire est reléguée au 2nd plan alors que les chiffres des personnes qui souffrent des maladies bucco-dentaires sont très élevés. Mme Dr Anesie Kwizera, présidente de l’association des Chirurgiens-dentistes du Burundi précise que dans la région de l’OMS, plus 480 millions de personnes souffrent des maladies bucco-dentaire dont des caries, les pertes de dents, les cancers buccaux, etc. elle indique que nombreux facteurs sont à l’origine des infections buccaux dentaires. Il s’agit notamment  de la consommation du tabac, de l’usage nocif de l’alcool, d’une mauvaise alimentation riche en sucre, d’une mauvaise hygiène buccale. Ces mêmes facteurs sont à l’origine de certaines maladies chroniques non transmissibles.

Pour elle, l’engagement politique du gouvernement s’avère indispensable pour l’exécution des directives de la stratégie régionale en matière de la santé bucco-dentaire. Concrètement, dit-elle, il faut intégrer les systèmes de santé bucco-dentaire dans les systèmes de soins de santé essentielle. Il faut aussi l’amélioration et la mise en œuvre  des programmes de la promotion de la santé bucco-dentaire en mettant l’accent sur l’identification des déterminants de la santé et sur l’approche participative dans les programmes de santé. Les agents de santé communautaire devraient bénéficier d’une formation en santé bucco-dentaire dans l’urgence. Il faudrait aussi l’accroissement des allocations budgétaires nationales  destinées aux activités de préventions et de lutte contre les maladies bucco-dentaires et associées les intervenants et les professionnels de cette sphère bucco-dentaire à leur gestion.

De plus, il faut une amélioration d’accès aux équipements adéquats, aux médicaments et aux produits dentaires de prévention, en disponibilisant les dentifrices fluorés à un prix abordable. La disponibilité du personnel de santé bucco-dentaire qualifié pour répondre aux besoins de la population particulièrement aux districts. Au Burundi,  il y a peu de chirurgiens-dentistes  et des professionnels de la santé bucco-dentaire surtout à l’intérieur du pays, donc il faut augmenter cet effectif en recrutant ceux qui ont terminé les formations dans différentes universités, etc.

Les bénéficiaires témoignent

Dr Guillaume Ntawukuriyiryayo, médecin directeur de l’Hôpital autonome de Ngozi

Dr Guillaume Ntawukuriyiryayo, médecin directeur de l’Hôpital autonome de Ngozi témoigne que ça fait pas mal d’années que l’hôpital de Ngozi collabore avec la Fondation SMOM. « Avant la collaboration avec la Fondation SMOM, l’hôpital de Ngozi disposait d’un service de dentisterie, mais c’était un service classique qui n’était pas à la hauteur d’offrir des soins de qualité en matière de la santé bucco-dentaire », témoigne Dr Ntawukuriyiryayo. Il enchaine que  depuis que l’hôpital a commencé à collaborer avec la fondation, le service de dentisterie  a été  équipé. De plus, le bloc, qui jadis, abritait la maternité a été réhabilité pour abriter le service de dentisterie. Nous avons aussi bénéficié des équipements et les intrants dignes d’un service de santé bucco-dentaire. Auparavant, on disposait d’un seul infirmier qui a été formé. Actuellement, nous avons aussi eu deux techniciens supérieurs en santé bucco-dentaire. Ce qui implique qu’actuellement, nous disposons de trois techniciens en santé bucco-dentaire. Nous disposons aussi d’une assistance, des fauteuils et un service capable de prendre en charge un certains nombres de pathologies bucco-dentaires.

Quid de l’extraction d’une dent ?

Avant la SMOM, précise Dr Ntawukuriyiryayo, on pensait que le traitement d’une dent équivalait à son extraction. Avec le SMOM, nous avons bénéficié de nouvelles techniques dont le traitement conservateur qui consiste à soigner la dent au lieu de l’extraire. Considéré comme un hôpital de référence en matière de traitement des maladies bucco-dentaire, l’hôpital de Ngozi connait actuellement un afflux de patients. « Au 1er trimestre 2022, nous avons enregistré environ 700 patients ». Mon souhait serait que le service de dentisterie et de traitement des maladies bucco-dentaire  soient étendus à d’autres structures sanitaires.

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