38 % pour passer au post fondamental : Une note jugée trop basse

Pour passer de l’enseignement fondamental au post fondamental, une note de 38 % a été requise pour les lauréats du concours national, édition 2019-2020. Pour l’édition, 2018-2019, la note de passage était de 35 %. Pour l’expert en éducation, le pédagogue André Nduwimana, doyen  de l’Institut de la Pédagogie Appliquée à l’Université du  Burundi, ces notes  sont trop basses et cela influe sur la qualité de l’enseignement. Pour lui, il faut repenser au système

 « En 2019, la note de passage était de 35 %. Cette année, elle est de 38 % cela justifie que plus de 75 % n’ont pas eu 50% cela implique que la compétence attendue n’a pas été obtenue. Cela témoigne qu’on a fait avancer des enfants qui n’ont pas en réalité la compétence de sortie de l’enseignement fondamental », précise Prof Nduwimana. D’après lui, ceci constitue  l’échec du système éducatif.  Le doyen  de l’Institut de la Pédagogie Appliquée à l’Université du  Burundi ajoute que c’est grave de faire avancer du fondamental au post fondamental un enfant qui n’a pas la compétence voulue, ce qui montre que même dans les classes suivantes, cet enfant n’a pas de bagage pour affronter le post fondamental.

Néanmoins, il se demande pourquoi la note est si basse et à qui incombe la faute. Il indique  que les élèves burundais ne sont pas tous faibles mais qu’ils sont mal encadrés. Prof Nduwimana souligne que dans les écoles tenues par les religieux et dans certaines écoles de la mairie, les élèves réussissent aux examens nationaux à 100 % alors que dans les écoles du milieu rural, ils échouent lamentablement. Il jette le tort à la qualité des enseignants  et de l’encadrement.

La genèse des problèmes

Prof Nduwimana fait remarquer que la qualité des enseignements et l’encadrement constituent la clé de la réussite. De surcroit, il déplore le fait que dans la majorité des écoles fondamentales du 4ème cycle, les classes sont tenues par des enseignants de niveau D7. Il fait remarquer qu’au regard de la matière qui est proposée et le niveau des enseignants ne sont pas à la hauteur. Il ajoute qu’aucun enseignant ne peut maitriser tous les cours. C’est au moment où un seul enseignant est chargé d’enseigner les langues et un autre est chargé d’enseigner  les sciences. Il se demande comment un enseignant des langues peut enseigner  en même temps le français, l’anglais et de Kirundi ou enseigner ou un enseignant des sciences peut enseigner les mathématiques et  la technologie.  Au regard de  la progression de la matière proposée, un enseignant de niveau D7 ne peut pas maitriser la matière du 4ème cycle.

Pour Prof Nduwimana, la qualité des enseignements implique des enseignants qui maitrisent  et la matière et la méthodologie. Nonobstant, la majorité  des enseignants ne maitrisent aucune des deux. « Ils ont été formés sur le tas une fois ou deux fois voire 4 mais ces formations n’ont pas été évaluées ».  Prof Nduwimana déplore que les directeurs et les préfets des études ont été  formés en même temps que les enseignants. Ce qui implique que si la faiblesse est ressentie chez l’enseignant, il est  difficile pour le directeur de voir si l’enseignant est en train de bien dispenser le cours ou non. Et cela se répercute sur la qualité de la formation. Nduwimana soulève un autre problème du manque d’enseignants suffisants.

En plus, Prof Nduwimana regrette qu’en milieu rural, les écoles n’ont ni laboratoire ni bibliothèques « tout est virtuel. Il s’agit d’un enseignement virtuel donc il n’est pas fixé ni maitrisé ». Il indique que la situation est la même dans certaines écoles de l’enseignement post fondamental. Ce professeur d’université informe que  le cours de  TIC est mis en avant alors que les écoles ne disposent de machines.

Repenser au système

Prof Nduwimana indique que l’enseignement fondamental en soi ne pose aucun problème. Mais que le problème réside dans la manière dont elle est mise en œuvre. Il explique qu’à chaque pallier ou a chaque niveau on définit la compétence. Il regrette cependant que les enseignants n’évaluent pas la compétence mais font avancer les élèves sans compétences. Le professeur parle aussi de la mauvaise interprétation faite par les enseignants à l’ endroit de la pédagogie de la réussite. Pour lui, les enseignants ont compris qu’il faut faire avancer de classe tous les élèves sans pour autant avoir réussis. Il rappelle plutôt que la pédagogie de la réussite implique qu’à chaque pallier les élèves ont la compétence voulue car, dit-il, la pédagogie de la réussite appelle la pédagogie différentielle. « Si on fait avancer un enfant sans compétence, on ne fait rien de bon ». Si la situation reste ainsi, le professeur craint que le Burundi ait des hommes  qui ne sont pas compétent pour affronter les problèmes de la vie  mais aussi incapables de développer les valeurs qui permettent à la société d’évoluer normalement tels que l’amour du travail, l’excellence et la précision.

Pour inverser la tendance, Prof Nduwimana invite les décideurs doivent faire une introspection afin d’arrêter des stratégies visant à améliorer le système éducatif. L’enseignement fondamental a débuté avec l’année  2012-2013.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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