Agathon Rwasa vient de saisir la Cour Constitutionnelle

Après la proclamation des résultats provisoires des élections présidentielles, législatives et communales, le parti Cnl ne les a pas accueillis à bras ouverts. Il indique que les élections ont été entachées  de beaucoup d’irrégularités. Raison pour laquelle, son président, Agathon Rwasa vient de déposer un dossier de recours à la cour constitutionnelle

« Nous venons de déposer un dossier de recours à la cour constitutionnelle par rapport  aux élections de 2020. Nous avons parcouru les différents procès-verbaux que nous avons récoltés à travers le pays. Nous avons constaté beaucoup d’irrégularités. Il y a par exemple des cas où  on trouve y a eu bourrage d’urnes », précise Agathon Rwasa, président du Cnl dans une conférence de presse après avoir déposé son dossier de recours. Il explique qu’il a des preuves tangibles que montrent que les élections ont été émaillées de beaucoup d’irrégularités.

Il cite : « Imaginez-vous par exemple que sur la fiche F2, vous trouvez qu’on a distribué plus de 1000 cartes et qu’on a dépouillé le même nombre que  les carte distribuées donc je vais dire les bulletins de vote mais que, en bas dans la partie résultats vous vous trouvez en face des chiffres très minimes. Vous avez distribué et dépouillé plus de 1000 bulletins de vote et vous avez uniquement une affaire de 200 voire moins au niveau de résultats, c’est une épreuve suffisante qu’il y a eu bourrage d’urnes ». Hon. Rwasa ajoute que le parti Cnl a relevé  des cas des personnes  décédées mais qui ont été mentionnées comme ayant voté.  Cela explique que leurs cartes  ont été imprimées et distribuées à des gens qui sont allés voter à leur place. Il fait remarquer  qu’à Muzinda en province Bubanza, 15 cas ont été identifiés, d’autres à Buhayira en commune Murwi et partout dans le pays.

Au-delà de cela, poursuit Hon. Rwasa,  nous pensons que la Ceni doit répondre de la responsabilité par rapport à certaines irrégularités notamment l’opacité autour du fichier électoral qui n’a jamais  été rendu public. C’est-à-dire que ça se prépare déjà, estime-t-il. Il  dénonce aussi  l’attitude  de la magistrature qui, comme il l’indique à intimer  l’ordre à la Ceni  de rayer des listes électoraux des candidats du Cnl sur fond de fausses allégations. Tout cela entache entachent le scrutin, conclut l’Hon.

D’après Hon. Rwasa, il s’est observé des discordances entre les résultats pour un même bureau de vote pour les  présidentielles et les législatives alors que,  autant il y a un même nombre de votants dans un mêmes bureau, autant on doit avoir les mêmes résultats que ce soit pour les législatives et les présidentielles. Du moins, dit-il, il doit y avoir équivalence des nombres de voix exprimées. 

Agaton Rwasa souligne que les irrégularités se sont observées dans toutes les communes du moins partout dans le pays. D’où, il conclut que les résultats qui ont été proclamées sont de faux résultats. Il prévient que si la justice burundaise tranche en défaveur du parti Cnl, ce dernier  saisira la cour de la communauté Est Africaine car, dit Agathon Rwasa « c’est intolérable que l’Etat continue à faire une barbarie à travers les élections et prétendre que le pays  avance sur la voie démocratique ».

Les évêques avaient relevé  des irrégularités

Dans un communique du 26 mai 2020, les évêques Catholiques burundais avaient dénoncé des irrégularités qui se sont observées autour de ces élections. Parmi ces dernières figurent la pression soumise  à  certains mandataires à signer d’avance les procès-verbaux  avant le dépouillement, le bourrage des  urnes, des gens qui se sont substitués aux personnes décédées ou réfugiées  et voter à la place. Les évêques dénoncent  également des multiples procurations pourtant. Ils ajoutent que certains  électeurs ont voté plus d’une fois auxquels on ajoute le refus de certains mandataires et observateurs à suivre le scrutin. De plus, ajoute les évêques, des intimidations ont été proférées à l’ endroit de certains électeurs par certains administratifs à telle enseigne qu’ils les accompagnaient même dans les isoloirs. Les évêques catholiques  ne s’arrêtent pas par là. Ils dénoncent également la confiscation des accréditations et des téléphones de certains observateurs.

Une  organisation dont les conclusions ne concordent pas avec celles des autres

Dans une conférence de presse qu’il a animée le matin de ce mardi 28 mai 2020, le président de la Ceni Pierre Claver Kazihise a d’abord remercié tous les acteurs qui se sont investis dans la tenue des élections. Il a rappelé  que 39 missions d’observation ont suivi le processus électoral et ils les prennent pour des témoins privilégiés. Cependant, il déplore que les conclusions d’une certaine organisation dont il ignore le nom ne concordent pas avec celles d’autres organisations. Sur ce, Dr Kazihise demande à cette dernière d’analyser minutieusement les conditions d’observation de ses envoyés qui ont fait qu’ils aboutissent à des conclusions complètement marginales.

Notons que la cour constitutionnelle a 8 jours pour statuer sur le cas.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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