ALUMA : La jeunesse burundaise en proie à la drogue

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Nombreux jeunes citadins consomment de la drogue même à bas âge. Certains consomment des drogues dures comme la cocaïne, l’héroïne, cannabis, etc. D’autres consomment des boissons prohibées.  Ce qui a des conséquences néfastes sur leur santé. Cela a amené l’ALUMA à mettre sur pied un centre  de désintoxication et d’accompagnement psychosocial. Ainsi, depuis son ouverture, 108 cas ont été accueillis. C’est ce qu’a indiqué Amb. Albert  Mbonerane dans une conférence de presse animée le 19 mars 2020 au  siège de l’association ALUMA sis à  Kamenge

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Dr Lydia Raïssa Ihorimbere, médecin a ce centre fait savoir que les effets des drogues sur le cerveau sont sans équivoques. Elle indique que ces derniers peuvent conduire à des troubles mentaux irréversibles. Elle explique que les psychotropes ont des effets pervers sur l’organisme. Pour elle, en plus des troubles mentaux, certains consommateurs de drogues contractent des pathologies dont le SIDA et  les hépatites. Pour les femmes enceintes, fait-elle remarquer, la consommation de drogues peut provoquer des accouchements prématurés. Et Dr Ihorimbere de renchérir : « les consommateurs de drogues peuvent avoir des problèmes sexuels et, partant des problèmes d’infertilité auxquels on ajoute des problèmes cardiaques, états dépressifs, des cancers du poumon, des problèmes de vue et d’audition, etc. »

Dr Ihorimbere précise que depuis l’ouverture de ce centre en novembre 2019, plus de 108 cas ont été accueillis dans ce centre dont 93.5 % usagers des drogues. Parmi ces derniers, 65.60% sont des jeunes de moins de 30 ans et 88.53 % sont de sexe masculin. Dr Ihorimbere prône la mise en place d’un programme national de santé mentale.

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Des  causes de la prise de la drogue

Madame Séraphine Niyakire est psychologue au centre de désintoxication. Elle précise que les antécédents familiaux ont ainsi un impact réel dans le phénomène de la dépendance à la drogue. D’après elle, l’environnement de l’individu joue un rôle déterminant. La famille, les amis, les collègues de travail, etc. sont les gens que nous côtoyons au quotidien. Dans le cas de la dépendance à la drogue, l’influence de ces personnes, positive ou négative, peut amener ou prévenir un individu à consommer de la drogue. La consommation de drogues pourra ainsi être débutée par les jeunes comme une sorte d’expérience ou rite d’intégration dans un groupe d’amis. Face à la tension familiale, professionnelle ou conjugale, la consommation de drogues peut être vue comme un moyen de décompresser. Elle peut être considérée par le malade comme une solution qui lui permet de faire face aux difficultés qu’il rencontre dans sa vie et comme un moyen de se détendre pour mieux « tenir le coup ».

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Elle révèle  que dans la plupart des cas, les situations de précarité amènent certaines personnes à consommer de la drogue avec le risque sous-jacent de la dépendance. Elle fait remarquer qu’une autre cause possible de la dépendance à la drogue est le désir de stimuler ses capacités physiques ou psychiques. Les individus pensent alors à tort que la drogue peut leur permettre d’être plus performant dans leur vie professionnelle.

Enfin, ajoute-t- elle, la dépression et le stress font partie des troubles psychologiques qui peuvent amener certaines personnes à une dépendance à la drogue. Face à un état de profonde tristesse, d’absence de motivation et de désillusion, la drogue peut être vue comme une bouée apportant des sensations de plaisir que la personne ne ressent plus du fait de sa maladie psychologique ou de son état de déprime.

La boisson « Karibu », un danger pour les jeunes

Amb. Albert  Mbonerane représentant légal de l’ALUMA-Burundi fait  savoir que la santé humaine concerne tout le monde. Il indique que les consommateurs de la drogue ne sont pas à rejeter. Pour  lui, il faut que les parents comprennent leurs enfants et prennent des mesures qui ne les discriminent pas, mais qui les socialisent. Ce qui pourrait donc contribuer à leur intégration sociale qui, selon lui, le but ultime de son centre de désintoxication et d’accompagnement psychosocial.

L’ambassadeur Mbonerane regrette que certaines industries locales fabriquent des boissons très alcoolisées dont la composition est nocive à la santé humaine. « Nous observons actuellement sur le marché un produit appelé « Karibu ». Cette boisson est en train de provoquer des conséquences graves chez  les jeunes qui la consomment. Il doute de la qualité de cette boisson. Il estime que si ce produit remplirait les normes, il pourrait être servi dans les grandes fêtes ou les cérémonies officielles. « Je n’ai jamais vu des autorités consommer cette boisson». Et d’ajouter: « Avec la consommation de cette boisson, les jeunes se perdent. Comme il est vendu à un prix abordable, les jeunes, au lieu d’acheter un gramme de cocaïne ou d’héroïne, ils préfèrent acheter le booster dont le prix est abordable ». Amb.Mbonerane déplore le fait qu’il existe encore des industries qui produisent du tabac alors que le tabac présente des effets nocifs sur la santé dont le cancer et les maladies pulmonaires.

La santé mentale reléguée au second plan

Amb. Albert  Mbonerane indique que la santé mentale a toujours été reléguée au second plan et n’est pas encore intégrée totalement dans le système national  de santé. L’accès à des soins de santé mentale efficace et efficient demeure difficile avec comme conséquence les coûts à la fois économiques et humains pour l’individu, la  famille et la société. Il trouve que les crises sociopolitiques répétitives que traverse le Burundi, les catastrophes naturelles, la pauvreté, la consommation des substances psycho actives, etc déstabilisent l’état de santé mentale des  populations. Pour lui, les problèmes  psychiques ont augmenté alors que le pays n’était pas préparé à y faire face. Il fait remarquer que le pays fait face à d’énormes défis dans ses efforts visant à promouvoir la santé de la population.

 « Dans la société burundaise, les malades mentaux deviennent une problématique du fait que la société ne parvient pas à  gérer  leurs comportements agressifs, délirants, leur instabilité psychomotrice et l’inadaptation, etc. Les  maladies mentales sont aussi considérées comme des maladies surnaturelles, l’action des  forces occultes, etc », déplore l’Ambassadeur Mbonerane.

Rappelons que la drogue est une substance psychotrope naturelle ou synthétique, généralement nuisible pour la santé, susceptible de provoquer une toxicomanie, et consommée en dehors d’une prescription médicale.

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About the Author: Dieudonné Bukuru

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