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Burundi: Des états généraux de l’éducation pour booster la qualité de l’enseignement

En vue de rassembler différentes contributions pour trouver des solutions aux défis qui gangrènent le secteur de l’éducation, le ministère de l’éducation nationale et de la recherche scientifique a organisé un atelier régional de deux jours à l’endroit des intervenants et des experts dans le secteur. Tous s’accordent à dire que la qualité a fortement baisse. Les causes sont multiples. Il s’agit notamment des effectifs pléthoriques, du manque de supports pédagogiques et de bancs pupitres, de l’absence d’encadrement des enseignants par leur directeur, des programmes non adaptés, des sections ou filières non appropriées,  de l’insuffisance des enseignants qualifiés et  la démotivation des enseignants auxquels on ajoute la vétusté des infrastructures et des équipements.

Pour trouver des solutions aux problèmes qui hantent un secteur de la vie nationale, l’on a tendance à organiser des états généraux. Cependant, l’on constate amèrement que les défis sont relevés, les solutions proposées et les recommandations émises. Dans ce secteur, les recommandations des états généraux de novembre 2014 n’ont pas été appliquées. Ce qui laisse entendre que les défis qui hantent le secteur de l’éducation sont connus depuis 2014. Il s’agit notamment des  effectifs pléthoriques, le manque de supports pédagogiques et de bancs pupitres, l’absence d’encadrement des enseignants par leur directeur, les programmes non adaptés, les sections ou filières non appropriées, l’insuffisance d’enseignants qualifiés et la démotivation des enseignants auxquels on ajoute la vétusté des infrastructures et des équipements.

« Depuis 2010, le gouvernement du Burundi a entrepris un vaste chantier de réforme éducative en passant du fondamental au système BMD. Cependant, cette réforme n’a presque rien produit », déplore Pr Joseph Ndayisaba et expert en éducation. Un autre professeur lance: «  Toute réforme de l’éducation sans impliquer les enseignants est une initiative qui risque de terminer sa course dans un cimetière des bonnes intentions ».  

Le manque des équipements et infrastructures adaptées  laisse à désirer  

 Selon Mme Jeanine Ihorihoze, directrice chargée des écoles fondamentales au ministère de l’éducation lance une sonnette d’alarme. Elle précise que plusieurs des écoles fondamentales sont sans laboratoires, dans eau ni électricité. Pire encore ne disposent pas de laboratoires.   Une enquête effectuée sur une période de 2018-2019 note  que 99 % des établissements scolaires  sont sans ateliers pour effectuer les travaux pratiques. 96,4 % sont sans laboratoire. 93,5 sont sans électricité, 93,4 % sans électricité, 90,3 sans clôture, 74,8 % établissements avec groupes pédagogiques sont sans salles de classes, 60,9 % des établissements sont sans eau, 31, 6 % sont sans latrines,  31,4 % des établissements sont sans latrines en bonne état  pour filles, etc. Nonobstant, 91 % des établissements appartiennent au réseau scolaire.

Cette situation s’observe  aussi au niveau des institutions d’enseignement supérieur. Les immeubles de tous les campus de l’Université du Burundi sont en mauvais état et d’autres en état vétustes sauf les nouveaux campus de Buhumuza et Nyamugerera. Ces infrastructures méritent une réhabilitation générale ou une reconstruction. Au campus Rohero, deux amphithéâtres ont été réhabilités mais leurs toitures ne sont pas adaptées au climat, même constat aux deux nouveaux amphithéâtres du campus Rohero.  Une bonne nouvelle est qu’une étude est en cours pour la réhabilitation générale du Campus Kiriri. De plus, ajoute Mme Ihorihoze, l’état des locaux de restauration est en mauvais état. Les seuls 52 tables et 26 bancs sont en mauvais état et méritent une réhabilitation.

Même son de cloche a l’école Normale Supérieur. Le campus de Kigobe est en mauvais état et demande une réhabilitation de sa toiture et la majorité des locaux suintent. Mais pour faire face à ce défi, cette institution d’enseignement supérieur est en train de valoriser ses infrastructures par une  réhabilitation et une construction d’une grande salle de réunion et de 16 salles de cours. 

Ratio élève/ salles de classe

Mme Jeanine Ihorihoze, directrice chargée des écoles fondamentales au ministère de l’éducation

Selon Mme Ihorihoze, un autre défi majeur concerne la pléthore des élèves dans les salles de classe. Au moment où le ratio standard est de 30 élèves par classe dans le préscolaire et 50 élèves par classe pour d’autres sous- secteur, une enquête effectuée montre qu’en 2020, le nombre de classes disponibles pour le préscolaire est de  1 581 pour 83 061 élèves soit   53 élèves par classe. Ainsi, 1 188 classes sont en besoin. Pour le fondamental 35 745 salles de classes sont disponibles pour 2 598 774 élèves soit 73 élèves par classe. Ce qui explique que 16 230 salles de classes sont en besoin.

Pour l’enseignement post fondamental Général  et pédagogique, l’enseignement post-fondamental technique et l’enseignement des métiers et la formation professionnelle, le ratio est respectivement de 31, 41 et 11 élèves par classe.

Ratio élève/classe par province

L’effectif des élèves dans les classes continuent d’années en années. Au moment où le ratio  pour le préscolaire est de 30 élèves par classe et 50 élèves pour d’autres sous-secteur, ce ratio arrive même a plus de 100 élèves par classe dans certaines provinces. C’est notamment la mairie qui a respectivement 140 élèves par classes pour l’année scolaire 2017-2018, 15 élevés/ classe pour   (A/S 2018-2019), 156 élèves / classe pour l’année scolaire 2019-2020. En deuxième lieu vient la province kirundo avec respectivement 130 élèves (2017-2018), 133 élèves (2018-2019) et 138 élèves / classe (2019-2020). La province Muyinga vient en 3 eme position avec un effectif variant entre 133, 140 et 136. Ensuite viennent   la province Ngozi, Cibitoke, Muramvya et  Kayanza.

Même si la situation se présente de cette manière, certaines provinces parviennent à maitrise cet afflux massif des élèves dans leurs établissements. L’exemple typique est de la province de Bururi qui, l’année scolaire 2017-2018 enregistrait en moyenne  un effectif de 52 élèves par classe. Cette effective évolue en dents de  scie au fur des années parce que l’année scolaire 2018-2019, cette effectif se situe  à  49 tandis que pour l’A/S 2019-2020 il est à 47 élèves par classe. Ensuite viennent les provinces Mwaro, Rutana et Karusi.  

 Les préalables pour la réussite de ce pari, c’est dans nos éditions ultérieures.

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