Burundi: Des recherches sur la sorcellerie et le fétichisme s’impose

Dans le but d’échanger sur le phénomène de la sorcellerie et des superstitions dans le souci de contribuer au bien-être physique et psychosocial de la population burundaise, L’Action Santé pour Tous-Magara yacu, (AST) a organisé une conférence de presse y relatif  le 30 mars 20121 à Bujumbura

Depuis longtemps, le phénomène de la sorcellerie est ancré dans les traditions africaines. C’est avec l’arrivée des pères blancs que ce phénomène a commencé à perdre sa place. Cependant, ce phénomène, quoi que bannit, elle existe toujours et se fait en clandestinité. Raison pour laquelle, un changement de comportement s’impose. Nonobstant, Lydia Mizero, directrice de l’Action Sante pour Tous-Magara yacu explique que le changement de comportement  nécessite un travail assidu et des efforts conjugués. Elle indique que les questions autour de la sorcellerie persistent et peuvent être posées aux anthropologues, aux sociologues, aux hommes des Eglises, aux psychologues et  aux guérisseurs. Lydia Mizero, patronne de cette association précise que les allégations de sorcellerie et son évocation intervient le plus souvent  lors d’événements malheureux tels que la maladie, la mort ou l’infortune. D’après elle, de tels événements conduisent à interpréter les comportements verbaux.

D’après madame Mizero, cette conférence a été motivée par les cas  qu’elle accueille dans ses cabinets qui croient avoir été emprisonnés. Mais, après un certain temps d’accompagnement, ces derniers trouvent finalement que ce n’était pas le cas. Selon Mme Mizero, parmi ces gens,  il y a ceux que nous référons dans les centres de prise en charge neuropsychiatrique. La directrice de l’AST trouve  « qu’au lieu de considérer la sorcellerie comme maléfique ou cesser d’en parler, il faut plutôt faire des recherches pour prouver sa force et son efficacité ». Elle signale que les conséquences liées à la sorcellerie sont multiples et se manifestent  sur la santé physique et mentale. En plus du retard dû à la distance à parcourir et aux moyens financiers limités. Il s’agit, d’après elle, des conséquences sur la vie sociale où les tissus sociaux sont brisés et aboutissent à des accusations mutuelles. Au niveau économique, Mme Mizero fait remarquer que le coût du diagnostic et des médicaments est énorme. Elle déplore que certains présumés sorciers sont torturés, bastonnés, mutilés, discriminés, mis à mort ou incarcérés.

Hilaire Ntahomvukiye dans son livre « Le phénomène du burozi », il ne faut pas confondre lmupfumu ou le sorcier devin avec le jeteur de mauvais sort, l’ensorceleur, le maléficier, l’ennemi, le haïssable personnage dont il faut éviter des relations (umwansi). Le premier renseigne, explique, donne des remèdes, bénit, console, le bienfaiteur, le muvyeyi.

Dans la société traditionnelle burundaise, la sorcellerie, les empoisonnements, la maladie, les crimes familiaux ou les guerres claniques ont été à l’origine de nombreux décès. Cependant, il est nécessaire de préciser que les Burundais distinguaient mal la mort par la maladie ou par la sorcellerie. Cette dernière semblait primer sur d’autres formes de cause de décès.

Pour Cosmas Haule écrivain, la sorcellerie, c’est un pouvoir mystérieux inné qui, mal employé, portera préjudice aux autres, ou même leur causera la mort. D’autre part, il existe une catégorie renfermant les malfaiteurs délibérés et conscients qui essaient de faire du tort à leurs ennemis ou à ceux de leurs clients. Ils ne reculeront devant aucun moyen pour réaliser leurs cruels desseins. La sorcellerie dans ce cas, est une technique apprise, un art, voire un métier qui peut assurer aux magiciens – Barozi une heureuse existence. Dans l’exercice de leur mort, les Barozi savent exploiter avec habileté l’ignorance et la naïveté du peuple qui leur reconnaît les forces invisibles. Tel est donc le Murozi, le magicien dont on soupçonnait l’action à chaque événement malheureux.  La puissance du Murozi ne peut se comprendre que si l’on connaît son statut social. Le climat de tension dans lequel vivait le murundi à cause des événements malheureux auxquels il était affronté à tout instant n’est pas sans effet. Pour le murundi, la force du murozi lui était donnée d’en haut ou acquise. Elle était en grande partie renforcée par des croyances que le murundi se faisait, dans son innocence scientifique, sur la complexité des phénomènes de la nature.Pour le Murundi ancien, une grande partie des malheurs, notamment la mort, étaient dûs aux barozi – envoûteurs qui étaient même responsables des victimes tuées par la maladie (étant donné que pour le murundi, une simple maladie ne pouvait pas emporter une vie humaine).

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About the Author: Dieudonné Bukuru

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