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Burundi : Plus de 1,8 millions de personnes auront besoins d’assistance humanitaire  multisectorielle en 2022

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) indique que le Burundi reste dans une situation de besoins humanitaires pressants. Ainsi, 1,8 millions de personnes auront besoins d’assistance multisectorielle dont 1,4 million en assistance alimentaire. Cela ressort du rapport de l’OCHA sur «  l’aperçu des besoins humanitaires en 2022.  

Selon l’OCHA, l’Analyse des besoins humanitaires publiés le 28 Février 2022 (HNO) montre qu’environ, 1,8 million de personnes vulnérables auront besoin d’une assistance multisectorielle, dans sept secteurs: Abris et articles non alimentaires, Eau, hygiène et assainissement, éducation, nutrition, protection, santé et sécurité alimentaire. Les personnes vulnérables dont les besoins sont les plus aigus sont les personnes déplacées, les rapatriés, les réfugiés et les demandeurs d’asile, les victimes de catastrophes naturelles et les communautés hôtes. Ainsi, d’après cette analyse des besoins, 248 000 personnes auront besoin d’assistance en abris et en articles non alimentaires ; 490 000 en hygiène et assainissement; 181 000 en  éducation; 700 000 en  nutrition; 674 000 en protection; 789 000 en santé; et 1,4 million en sécurité alimentaire. Les analyses effectuées ont permis de révéler le caractère multisectoriel des besoins chez les groupes de populations priorisés et la nécessité d’efforts intégrés pour une réponse effective.

En 2022, informe l’OCHA,  les acteurs humanitaires prévoient une amélioration des conditions humanitaires, même si le Burundi sera encore confronté à des chocs importants qui auront des impacts significatifs sur la situation humanitaire du pays. Ainsi, il est estimé qu’environ, 1,8 million de personnes auront besoin d’une assistance humanitaire en 2022 contre 2,3 millions en 2021. Ce qui représente une diminution de 22 pour cent. Cette baisse est principalement liée à l’amélioration de la sécurité alimentaire, à une réduction des rapatriements prévus de réfugiés burundais ainsi qu’au retour et à la réintégration des personnes déplacées.

Néanmoins, poursuit l’OCHA, les populations les plus vulnérables dans le pays continueront à être particulièrement affectées par différents chocs qui surviennent dans un contexte de vulnérabilité socio-économique. Le Burundi étant l’un des pays les plus pauvres du monde où  87 pour cent des burundais vivent avec moins de 1,90 dollars par jour. Ces chocs à savoir : les catastrophes naturelles, les mouvements internes de population dus à des catastrophes, le retour des réfugiés, la présence de réfugiés au Burundi, les maladies à potentiel épidémique,  les effets socio-économiques de la pandémie de Covid-19  affectent la situation sanitaire et nutritionnelle du pays ainsi que le niveau d’insécurité alimentaire.

Les différents chocs auxquels le Burundi fait face s’ajoutent aux difficultés structurelles, telles que l’accès aux services sociaux de base, qui continuent d’aggraver les besoins humanitaires du pays et d’affecter les communautés fragiles, en particulier les personnes rapatriées, les personnes déplacées internes, les réfugiés, ainsi que d’autres personnes vulnérables comme les personnes vivant avec un handicap.

En 2021, rapporte l’OCHA, les besoins humanitaires et les vulnérabilités au Burundi ont considérablement augmenté par rapport à 2020, à la fois en sévérité et en nombre, en raison des effets combinés de la pandémie de COVID-19, des fréquentes flambées épidémiques, des catastrophes naturelles cycliques et récurrentes, ainsi que du retour important des réfugiés burundais en provenance des pays voisins qui exerce une pression sur les communautés hôtes.

Des catastrophes naturelles liées au changement climatique, telles que les inondations

La majorité des besoins humanitaires et des risques de protection au Burundi sont causés par des catastrophes naturelles, notamment celles liées au changement climatique, telles que les inondations récurrentes et les glissements de terrains. Ces désastres ont des conséquences dévastatrices sur les moyens de subsistance, particulièrement la production agricole, alors que 90 pour cent de la population dépend de l’agriculture de subsistance. Plus de 80 pour cent de tous les déplacements internes sont liés à des désastres naturels. Si le nombre de personnes déplacées a légèrement diminué en 2021 (116 000 en août 2021 contre 131 000 en août 2020, soit une baisse de 11 pour cent), les déplacements prolongés et les chocs répétés érodent la résilience et augmentent la dépendance à l’égard de l’aide humanitaire, si des solutions durables ne sont pas apportées.

Les retours volontaires de réfugiés ont augmenté en 2021, avec près de 61 000 réfugiés rapatriés entre janvier et octobre 2021, contre près de 27 000 à la même période en 2020 (soit une augmentation de 126 pour cent). Ces retours exercent une pression supplémentaire sur les communautés d’accueil, notamment en termes d’accès à la nourriture et aux services de base. L’analyse des besoins humanitaires estime que 167 000 rapatriés auront besoin d’assistance en 2022.

La sécurité alimentaire continue de représenter la majorité des besoins humanitaires au Burundi. En 2022, 1,4 million de personnes sont estimées avoir besoin d’une assistance alimentaire vitale, soit une diminution de 30 pour cent par rapport à 2021. Cette diminution est due à des récoltes relativement satisfaisantes en 2021, mais les besoins demeurent importants et les personnes dans le besoin restent particulièrement vulnérables au choc qui pourrait dégrader davantage leur sécurité alimentaire.

Les provinces les plus nécessiteuses

Damien Mama, coordinateur résident  des systèmes des Nations Unies au Burundi

Damien Mama, coordinateur résident  des systèmes des Nations Unies au Burundi informe que la majorité de ces personnes, soit 62 pour cent  vivent dans les provinces de Muyinga, Kirundo, Makamba, Ruyigi, Karusi, Bujumbura, Rutana, Cibitoke, Rumonge, Cankuzo et Bubanza, classées au niveau 3 et plus sur l’échelle de sévérité des besoins. Il précise que malgré la baisse en besoins humanitaires observée par rapport à 2020, la population burundaise continue à faire face à des risques majeurs.

Les provinces ciblées présentent un niveau élevé de sévérité des besoins en raison des impacts cumulés de plusieurs facteurs, notamment l’impact des désastres naturels et des chocs climatiques, le niveau de l’insécurité alimentaire, ainsi que les mouvements de populations et l’accueil d’un nombre important de personnes rapatriées, qui se trouvent elles-mêmes dans une situation de vulnérabilité.

Dans ces zones, poursuit-il, les besoins urgents demandent en premier une réponse d’urgence rapide pour sauver des vies et, dans un deuxième temps, la restauration des moyens de subsistance et le renforcement de la résilience.  

Au total, 182 millions de dollars américains seront nécessaires pour cette réponse humanitaire, soit 7 pour cent de moins qu’en 2021.

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