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Burundi : Plus de 50 000 jeunes adolescents touchés par le programme Upshift

Dans le but d’accompagner les jeunes adolescents qui n’ont pas été sur le banc de l’école ou qui n’ont pas achevé leur cursus, l’Unicef a développé un programme visant à leur doter des compétences entrepreneuriales afin de trouver des solutions aux problèmes de leurs communautés. Ainsi, à l’heure actuelle, ce programme touche plus de 50 mille jeunes repartis dans 9 provinces.  En date du 23 novembre 2021, Bibliothèques Sans Frontières (BSF) en collaboration avec l’Unicef a organisé une compétition nationale des projets innovants conçus par ces jeunes. Trois meilleurs projets ont été identifiés et seront financés.

UPSHIFT est une méthodologie basée sur les compétences de vie et l’entrepreneuriat social. Elle a développé par l’UNICEF et est mise en œuvre dans plusieurs pays à travers le monde. Au Burundi, ce programme est mise en œuvre par Bibliothèques Sans Frontières. Dans la manière de leur travail, les jeunes identifient des problèmes qui hantent les communautés dans lesquelles ils vivent.  Grâce aux compétences qu’ils ont acquises, ces jeunes essaient de trouver des solutions aux problèmes qui hantent leurs milieux de vie.

Selon Mme Nicole  Uwimana, coordinatrice du programme au sein de BSF

Selon Mme Nicole  Uwimana, coordinatrice du programme au sein de BSF, le programme a commencé fin 2018 avec plus de 50 jeunes. Ces derniers sont victimes des inondations. Ils sont du site Mayengo de la province Rumonge. Elle indique que presque deux ans seulement, plus de 50 milles jeunes sont touchés par le programme. 

En date du 23 novembre 2021, une compétition nationale des projets innovants a été organisée. Lors de la compétition, les jeunes des 9 provinces ont démontré à suffisances qu’ils ont développés des compétences qui leur permettent de trouver des solutions aux problèmes de leurs communautés. 

Par exemple, les jeunes de la province Bujumbura, colline Kanyunya ont affirmé avoir identifié un problème d’accès à l’eau. Non pas parce qu’il y a une carence d’eau, mais parce que l’eau se trouve loin des ménages. Ces jeunes ont, à l’aide des bambous, joint et collé les uns des autres à l’aide d’argile, amené l’eau à proximité des ménages. De surcroît, plus de 200 ménages accèdent actuellement à l’eau.  

 Les jeunes de la province Cankuzo, commune Cendajuru de la colline Rukoyoyo ont identifié un problème de différentes maladies qui attaquent la population de la localité.  Éveillés donc par les vertus curatives du miel, alors que cette denrée est rare,  les jeunes ont pensé à l’apiculture moderne. Ils ont  construit des ruches qu’ils ont installées dans de petites maisonnettes. Ces maisonnettes servent à protéger les ruches contre les intempéries. Ces jeunes affirment qu’actuellement, la population de la localité s’approvisionne en miel à un prix abordable  et les maladies sont diminuées voire éradiquées.

Dans la province Cibitoke, les jeunes ont identifié un problème de manque d’eau potable qui fait que la population de la localité tombe souvent malade. Ils indiquent que selon les donnes recueillies au centre de santé de la localité, la population souffre souvent des verminoses et du choléra, des maladies dues au manque d’eau potable.  Après, les jeunes ont dû procéder à la cuisson d’eau avant son utilisation. Selon eux, puisque ce système ne pouvait pas être possible pour beaucoup de gens, nous avons enseigné la population à distiller cette eau  à l’aide d’un bidon muni d’un robinet dans lequel on met du sable, du gravier et de l’argile. Et, les microbes restent dans le bidon au moment où l’eau propre sort par le robinet.  Selon les données obtenues au centre de santé de la localité, en 2020, sur une période de deux semaines,  plus de 35 patients soufraient des verminoses au moment où deux souffraient du choléra sur la même période. Actuellement, suite à ce système de distillation de l’eau, nous n’avons eu que deux patients seulement. 

Dans la province de Ruyigi, en commune Kinyinya, les jeunes ont identifié un problème de malnutrition qui hante les enfants. Ces derniers présentent des ventres ballonnés, ils souffrent d’un marasme alimentaire. Ils font aussi face au manque de bois de chauffage qui handicape l’environnement. Ainsi, les jeunes ont dû fabriquer un braisier écologique qui utilise des cailloux, de l’argile et de  sons de riz. Et, face à la sous alimentation, les jeunes ont érigé des jardins potagers pour permettre à la population à s’approvisionner en cette denrée pour équilibrer leur alimentation. 

Dans la province de Rutana, en commune Musongati, colline Cero, les jeunes ont identifié un problème de manque de la fumure. C’est ainsi qu’ils ont procédé à la collecte des urines pour les utiliser comme de la fumure dans les champs après les avoir mélangées à l’eau à quantité égale.

Dans la province de Rumonge,  colline Mayengo, les jeunes ont dentifié un problème de la mauvaise préparation de la chikwange (la pate de manioc dit ubuswage) qu’ils jugent ne pas contenir les éléments nutritifs. Ils indiquent que ces éléments sont perdus lors de la préparation. Sur ce, ces jeunes ont dû  trouver une autre méthode de préparation basée sur la conservation du tubercule. Pour eux, il faut les conserver dans un sac pendant 3 jours avant de les éplucher. Et lors de la récolte, il faut éviter de blesser le tubercule.

Dans la province Mwaro, commune Nyabihanga, colline Butegeye, les jeunes ont identifié un problème de malnutrition lié au manque de terre. Pour pallier à ce défi, ils ont jugé bon  combiner l’agriculture et l’élevage sur des étagères en mettant les cultures en dessous des animaux d’élevage pour que les fientes  servent de fumure pour les cultures. Aussi, en plus de manger la récole issue des cultures, manger aussi la viande ou les œufs issues de la production animale. Et, cela pour pallier au problème de malnutrition  mais celui de l’exigüité des terres arables.

Dans la province de Makamba, sur la colline Bukeye de la commune Nyanza-Lac, les jeunes ont identifié un problème de manque d’emplois. Pour pallier au chômage, les jeunes ont dû monter un projet portant création de l’emploi. Il s’agit d’entreprendre dans la couture, la coiffure, la soudure et dans un proche avenir, ils comptent ouvrir un centre d’enseignement des métiers.

Dans la province de Kirundo, les jeunes ont identifié un problème de grossesse non désirées. Ils ont donc demandé à quiconque de contribuer pour que ce phénomène cesse. Et pour y arriver, les jeunes ont dû  travailler au lieu d’attendre toujours d’être servi car ils ont constaté  que la majorité des garçons ou d’hommes profitent la pauvreté qui gangrène ces jeunes filles pour les tromper.

Pour Mme Uwimana Nicole, depuis le lancement du programme, les jeunes arrivent à un niveau appréciable. Ils changent les manières de vie de leurs communautés. Elle promet qu’à voir les résultats atteints, le souhait serait d’étendre le programme à d’autres provinces.

 Après la compétition des projets innovants, le prix du meilleur projet a été décerné à l’équipe de la colline Kanyunya, province Bujumbura, le second à l’équipe de la colline Bukeye de la province Makamba et le 3eme à l’équipe de la colline Butegeye de province Mwaro.

Notons que ce programme est mis en œuvre par War Child Holland, l’Association des Guides du Burundi, la Fondation Stam, l’Association Umunyinya et l’Eglise Anglicane au Burundi. 

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