Burundi: Vers la réorganisation du marché du pétrole

L’Autorité de Régulation des secteurs de l’Eau potable et de l’Energie a, ce mercredi  9 septembre 2020, organisé un atelier sur la régulation du marché  du pétrole et des produits pétroliers. C’était dans le but de voir ensemble avec les administratifs, les forces de l’ordre et les intervenants dans le secteur comment relever les  défis et réorganiser qui hantent ce secteur.

Daniel Mpitabakana, directeur du carburant au ministère de l’Energie et Mines indique que le secteur des produits pétroliers constitue  un  des secteurs plus sensibles pour le développement du pays dans toutes ses dimensions. Raison pour laquelle il constitue une grande préoccupation pour le Gouvernement du Burundi. Il déplore cependant que ce secteur connait pas mal de défis qui nécessitent d’être relevés. Parmi ceux figure l’absence du stock stratégique. M. Mpitabakana précise que leBurundi est un pays de l’Afrique centrale qui connaît un problème sérieux d’approvisionnement en produits pétroliers dû principalement à son éloignement par rapport aux différents sites d’approvisionnement qui sont particulièrement le port de Dar-Es-Salaam en Tanzanie et d’Eldoret au Kenya.

Selon Mpitabakana, depuis un certain  temps, le pays vit une situation d’irrégularité quant à la disponibilité des produits pétroliers sur le marché local.  Il ajoute que la fluctuation de la  monnaie  burundaise par rapport au dollar influe sur les coûts applicables à la pompe. D’après lui, au regard de la position du Burundi  par rapport aux différents points d’approvisionnement et pour de multiples  raisons  dont  celles sécuritaires par exemple. « Il est temps que la question du stock stratégique soit prise avec plus de précaution », suggère-t-il. Mais, il trouve que la révision de la taxe administrative à percevoir sur l’exploitation des infrastructures pétrolières peut  constituer une source pouvant contribuer à accroître les revenus pour la constitution du stock stratégique. Et de proposer «   il faudrait que le permis annuel d’exploitation d’une station-service qui est actuellement de 5000 FBu soit revu jusqu’à 500 000 FBu  et que celui d’un entrepôt qui, jusqu’ici gratuit soit fixé à 1 500 000 FBu ». Il indique que ce  montant viendrait s’ajouter aux collectes de la rubrique « fonds stock stratégique ».

En plus d’une absence du stock strategique, Mpitabakana indique l’absence d’un système efficace de contrôle et de certification de la qualité des produits pétroliers consommés au Burundi constitue un autre défi de taille. Pour lui, la situation est telle que de simples tests peuvent être réalisés localement, mais sans permettre de certifier que le produit est effectivement susceptible d’être utilisé sans danger. Comme il l’indique,   les conséquences de cette  situation sont que des cas de produits souillés se sont manifestés et les produits ont dû être envoyés en République Unie de Tanzanie pour un test de qualité. Il fait savoir que  cela qui justifie la pertinence d’un projet de mise en place d’une unité chargée du contrôle et de la certification des produits de  ce genre.  De plus, ajoute Mpitabakana, un laboratoire d’analyse des produits pétroliers aux principaux points d’entrée des produits pétroliers (à Kobero, Gasenyi et Kanyaru Haut) devrait être installé.  En conséquence, dit-il, le Gouvernement instituerait dans la structure officielle des prix des carburants une rubrique destinée à supporter les frais liés au test de contrôle et de certification  de la qualité des carburants.

Insuffisance des infrastructures d’entreposage des produits pétroliers

Balthazar Nganikiye, Directeur General de l’AREEN indique que le Burundi dispose de cinq entrepôts agréés. Ces derniers sont implantés  dans la région Ouest où  la mairie de Bujumbura abrite a  elle seule 4 et le centre (Gitega) un entrepôt. Il regrette cependant que ces infrastructures ne suffisent pas et sont inéquitablement réparties à travers le pays. Pour lui,  le pays devrait se doter d’autres entrepôts dans les 4 coins du pays pour éviter toute surprise en cas de rupture d’approvisionnement. Le directeur général de l’AREEN fait savoir que dans cette optique, le Burundi compte implanter des entrepôts dans les provinces de Rumonge et Ngozi.  En plus de l’insuffisance des infrastructures d’entreposage des produits pétroliers, M.Nganikiye informe que le cadre légal régissant le secteur pétrolier est lacunaire. Sur ce, il estime que c’est urgent de doter ce secteur d’une loi spécifique qui sert de base pour une réglementation adaptée.

L’état de certaines infrastructures laisse à désirer

Pour Evelio Mushimantwari, cadre à l’AREEN précise que l’état des lieux de certaines stations- services laisse à désirer. Certaines stations ne disposent pas de mesures de sécurité dont d’extincteurs, de bac à sables, etc) pour assurer leur protection contre les catastrophes éventuelles dont des incendies, la sécurité des pompes. De plus, le personnel ne dispose pas de tenues de service, des cash poussières, des souliers, des casques, etc. Il déplore le fait que qu’un bon nombre de stations-services sont en état déplorables et délivrent des quantités inférieures à 1litre  entre 0,940 à 0,999ml.

Le Burundi compte des sociétés locales et étrangères importatrices du pétrole dont  Delta Petroleum Burundi avec siège à Nairobi, Mogas Burundi affiliée en Ouganda, Kobil burundi affiliée à Nairobi et les sociétés locales telles que Interpetrol Burundi, Burundi pipeline Products (BUPP), New Oil Company (NOC), Merez Petroleum, Yakeme Oil Company (YOC) et SIPPEBU.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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