Campagne électorale: Le parti CNL dans le viseur du ministère de la sécurité publique

Dans une conférence de presse animée dans la capitale politique, le porte-parole du ministère de la sécurité publique et de la gestion des catastrophes s’insurge en faux contre les cas d’intolérance politique qui se sont observés dans certaines localités du pays au cours la première semaine de la campagne électorale. Face à ces bavures, le procureur général de la République rappelle que la loi n’est pas en veilleuse et que quiconque  l’enfreint doit subir sa rigueur

Pierre Nkurikiye, porte-parole du ministère de la sécurité publique et de la gestion des catastrophes reconnait que la première semaine de la campagne électorale s’est bien déroulée dans tout le pays et sous la protection de la police avec ses partenaires. Il félicite et encourage les politiques qui l’ont fait conformément à la loi. Toutefois, Pierre Nkurikiye déplore certaines violations de la loi qui se sont observées notamment la  violation du code de la route matérialisée par des excès de vitesse et du surnombre qui, d’après lui,  ont entrainé la mort de 2 personnes et de 6 blessées le jour du lancement de la campagne le 27 avril 2020.  Et, cela malgré les avertissements du ministère de la sécurité. Il déplore également les propos appelant aux violences tenues deux fois par le président du parti CNL en même temps candidat de ce parti. C’était à Muremera en province de Ngozi et à  Kayanza et des propos injurieux  et  mensongers  proférés  à l’endroit  de ses adversaires tenus par les militants de ce parti à Bugenda, à Mugongomanga et à Mubimbi. « Ce discours de haine et de violence véhiculé par le parti CNL  à l’endroit du Cndd-fdd et de ses alliés  a été entretenu  depuis longtemps avant même  le début de la campagne et est matérialisé par la saisi des armes à feu entre les mains de certains responsables et membres de ce parti dans certaines localité du pays », fait remarquer Pierre Nkurikiye. Il indique que ces actes de crimes ont été sanctionnés par l’arrestation des auteurs de ces violences qui sont actuellement entre les mains des juridictions pour qu’ils répondent de ces actes criminels.

Pierre Nkurikiye fait aussi savoir que des tentatives de fraudes électorales ont été perpétrées  par les membres du partis CNL sur les collines de Nyabisaka de la commune Mutaho dans la province Gitega le 1er mai 2020 et  sur la colline Nyakibande de la commune Isale province de Bujumbura le 3 mai 2020 ainsi qu’ à Musanga en province Makamba le 04 mai 2020. De plus, ajoute-il, des enlèvements ont aussi été perpétrés par les membres du parti CNL contre ceux parti Cndd-ffd notamment à Muremera le 27 avril 2020, à Butaganzwa et à Kirundo le 30 avril 2020, à Nyamarobe en commune kiremba de la province Ngozi en date du 1er mai 2020. Aussi, poursuit Nkurikiye, les mêmes actes ont été commis à Masanganzira de la province Ngozi le 03 mai 2020, à  Kinyonga de la commune Gahombo de la province Kayanza le 03 mai  2020. A Karambi en  commune Matongo, dit-il, c’est une exception, une militante du parti Cnl qui a été battu par un militant  du Cndd-fdd le 03 mai 2020. A Saswe en commune de Kigamba, une attaque d’une permanence du parti Cndd-fdd a été menée le 03 mai 2020. Des actes de violences se sont aussi observés a Kigangabuko commune Kinyinya province Ruyigi le 28 avril, à Buyaga commune Mbuye, à Muramvya le 30 avril 2020, à Mbogora commune Nyabihanga province Mwaro a eu lieu l’enlèvement du  chef collinaire du parti Cnl  sur la colline Ruyaga le 04 mai 2020. A Makombe, province Rumonge a eu lieu le 29 avril 2020  la mort d’un militant du parti  Cndd-fdd  et  un autre à Ndaro commune Ntega province kirundo en date du  03 mai 2020.

« Parmi ces cas de criminalité sanguines perpétrés par les militants du Cnl, deux ont retenus l’attention du ministère de la sécurité parce qu’ayant été commis  à l’aide des lances, des machettes, des gourdins et des bâtons en date du 30 mai  2020, des membres du parti Cnl se sont organisés  comme pour faire un meeting alors qu’ils se préparaient pour attaquer les membres du parti Cndd-fdd et les membres des comités mixtes de sécurité de divers coins de la commune Ntega . A la fin de leur meeting, les membres du parti Cnl ont commencé à battre une femme et les membres du parti Cndd-fdd de la colline Rukore faisant un mort dans le camp Cndd-fdd  et  9 blessées  dont  trois  membres du parti Cnl. La police a donc opéré  25 arrestations dont deux enseignants des écoles fondamentales de la localité », rapporte le porte-parole du ministère de la sécurité. 

2 morts et 18 blessés 

Pierre Nkurikiye indique qu’en date du 03 mai 2020, vers 19 h, sur la colline Gisagara zone et commune Mubimbi, dans la province de Bujumbura, les militants du parti CNL venant du meeting au centre Mubimbi ont lancé, à l’aide des mégaphones, des slogans injurieux dont « ibisuma ibisuma, abanyonyezi abanyonyezi » qui se traduit en France par voleurs voleurs, détourneurs detourneurs. Il ajoute que les mêmes jeunes du parti Cnl ont ensuite conduit, avec leur renfort armé de machettes de bâtons et de gourdins,  trois jeunes imbonerakure du parti Cndd-fdd chez le chef de colline. Ils ont tenté de ligoter ce chef de colline qui a pris le large et a alerté la police pour intervenir et les militants du parti Cnl ont commencé à jeter des pierres aux policiers avant qu’ils attrapent douze d’entre eux pour enquête.

« Pour la première semaine de la campagne, ces lésions corporelles perpétrées par les membres du parti Cnl, encouragées  par leur leader candidat ont débouché sur deux morts et  18 blessés parmi  les membres du partis Cndd-fdd avec un militant enlevé et 8 blessés  parmi les membres du pari Cnl », informe Pierre Nkurikiye. Il signale aussi que la police a déjà appréhendé 64 auteurs qui sont sous enquête. Nonobstant, le ministère de la sécurité réitère son engagement à poursuivre la sécurisation du processus électoral et demande aux auteurs matériels et intellectuels de toute violation de la loi de se ressaisir sans délais pour permettre une compétition démocratique des programmes en vue des élections paisibles pour tous. Il demande à la police de redoubler sa fermeté face aux comportements violents et transgressifs de certains militants des partis politiques en la campagne électorale.

« La loi n’est pas en veilleuse pendant la campagne électorale »

Sylvestre Nyandwi, procureur général de la République, quant à lui, dans un communiqué de presse affirme qu’il s’observe des actes de violences à caractère politiques dans quelques localités du pays. Il précise que des affrontements entre certains militants des partis ont fait un mort et deux  blessés dans la commune Ntega de la province Kirundo. Sur ce, il fait remarquer qu’un  dossier relatif à ces cas a été ouvert et est en cours d’instruction au parquet de Kirundo.

Il souligne également que d’autres cas se sont observés dans la province de Bujumbura dans les communes de Kabezi et Mubimbi dont les affrontements ont fait plusieurs blessés. M. Nyandwi précise que les procédures d’enquête sont déjà entamées. Il rappelle néanmoins que la loi n’est pas en veilleuse pendant la campagne électorale. « Nous voudrions rappeler tous les citoyens burundais en général et aux militants des partis politiques en particulier que la loi n’est pas en veilleuse pendant la campagne électorale en cours et que quiconque  l’enfreint doit subir sa rigueur. Nous rappelons particulièrement aux chefs des partis politiques battant campagne qu’ils ne sont pas exempts  de poursuites durant cette période et qu’ils doivent s’abstenir de tout acte pouvant inciter leurs militants au recours à la violence ». Ainsi, il invite les responsables des partis politiques de rappeler à l’ordre leurs militants tout en se désolidarisant de ceux qui enfreignent la loi.

Aux Procureurs de la République, il leur demande de rester vigilants afin de traduire en justice ceux qui s’adonnent à la violence sans aucune tolérance. Le cas échéant, dit-il,  ils doivent  se rendre  sur terrain pour constater eux-mêmes les infractions et procéder à l’instruction dans le cadre de la procédure de flagrance.

Le parti CNL se justifie

Selon le site BBC.com-Gahuza, Térence Manirambona, porte-parole du parti CNL indique que les propos du porte-parole du ministère de la sécurité étonnent. Il indique que les forces de l’ordre, d’une manière générale doivent travailler pour l’intérêt général de toute la population et dans le respect de toutes les catégories sociales.

Il rappelle que le parti Cnl à beaucoup décrié les barbaries qui ont été longtemps portées à son égard mais que la police n’a rien dit. «Depuis le lancement de la campagne, deux de nos militants ont été enlevés. Un dans la commune Nyabihanga de la province Mwaro et un autre dans la commune Nyabiraba dans le province Bujumbura. Jusqu’à ce jour aucune trace d’eux ». M. Manirambona fait remarquer que les militants du Cnl ont été blessés lors des affrontements. C’est après que les militants du Cndd-fdd les ont tendus une embuscade lorsqu’ils venaient d’un meeting. «  Tout cela se fait au su et au vu de l’administration et de la police mais elles n’osent pas le dénoncer », déplore-t-il. Il indique que depuis le lancement de la campagne électorale, plusieurs militants du Cnl sont emprisonnés  sans être jugés.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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