Cancer du col de l’utérus : Une menace réelle pour les femmes

Dans une interview qu’il a accordée au Journal Ejoheza News, Dr Stanislas Nyabenda, coordinateur du projet national «  Santé sexuelle intégrée pour la  femme exécuté par l’Association Burundaise pour le Bien-être Familial (ABUBEF), indique que le cancer du col de l’utérus constitue une menace réelle pour les femmes. De surcroît, il leur demande  de faire un dépistage précoce afin de se prévenir contre cette pathologie. L’intégralité de l’interview dans les lignes qui suivent. 

Ejoheza News : Qu’est-ce que le cancer du col de l’utérus ?

Dr Stanyslas Nyabenda : Le cancer du col de l’utérus est un cancer qui attaque l’entrée de l’utérus.

EN : Comment se tramet la maladie?

Le cancer du col de l’utérus  est sexuellement transmissible. Il est transmis par le virus appelé  papilloma humain qui attaque les cellules du col de l’utérus et qui entraine une cancérisation de ces cellules. Le virus du papillome  humain se transmet par contact de la peau et des muqueuses, le plus souvent lors de rapports sexuels. L’infection par ce virus est très courante et guérit de façon spontanée.

EN : Y a-t-il des signes évocateurs de ce cancer ?

Lorsqu’on arrive au stade de cancer, des signes existent notamment des douleurs, des saignements (métrologies) qui viennent en dehors des règles ou les règles peuvent être trop abondants. On assistera aussi à des saignements pendant les rapports sexuels.

EN : Avant le stade de cancer, y a-t-il d’autres manifestations qui conduisent vers le stade de cancer

Avant le stade des signes visibles, il y a des signes précurseurs appelés les lésions précancéreuses. Ces lésions ne sont pas visibles comme le col est à l’intérieur de l’appareil reproducteur féminin. Ces dernières sont visualisées lors du dépistage. Ces lésions sont traitables et guérissent.

EN : En quoi consiste le dépistage ?               

Le dépistage consiste à visualiser à l’aide des appareils et des produits achetés dans les pharmacies pour voir l’aspect du col de l’utérus. Lequel aspect va montrer s’il y a des lésions précancéreuses ou pas.

EN : Quels sont les signes ou symptômes du cancer  du col de l’utérus ?

Dr Nyabenda : Lorsque le cancer est plus avancé, les symptômes suivants peuvent se manifester. Il s’agit des  saignements vaginaux après les relations sexuelles, entre les menstruations ou après la ménopause. Des  menstruations plus abondantes ou plus longues, des écoulements vaginaux nauséabonds, douleurs durant les relations sexuelles mais aussi des  douleurs au bassin ou au bas du dos.

EN : y a-t-il une certaine considération d’âge par rapport à la vaccination de cette pathologie ?

Dr Nyabenda : La prévention c’est la vaccination. Il y a la vaccination contre le papillomavirus. Je ne suis pas du programme de vaccination, mais en 2018,  il avait été introduit un vaccin contre le cancer du col de l’utérus dans les districts sanitaires de Rumonge et Ngozi. C’était pour voir la répétabilité du vaccin chez la population. Cette  dernière était destinée aux jeunes filles de moins de 12 ans. Et, il faut qu’elle n’ait jamais eu de rapports sexuels. Si elle en a déjà eu, elle n’est pas éligible au vaccin. Nous faisons le dépistage chez les femmes de 25 à 50 ans car, l’infection au papillomavirus évolue très lentement.  Nous estimons donc que si elle a eu des rapports sexuels à 20 ans, les signes peuvent déjà se manifester. 

EN : Quelles sont les conséquences de cette pathologie sur la sexualité et la reproduction ?

Dr Nyabenda : Si elle est déjà atteinte du cancer du col de l’utérus, nous avons déjà dit qu’elle a des douleurs pendant les rapports sexuels. Nous avons dit qu’elle a des saignements même en dehors des règles. Donc en matière de la sexualité, s’il y a des saignements, ce n’est pas un terrain propice pour les rapports sexuels. Quant à la reproduction, le col de l’utérus constitue l’entrée et la sortie des enfants alors si cette partie connait des problèmes, cela affecte la reproduction. Si une femme présente un cancer avéré, on enlève l’utérus et le col pour éliminer les lésions cancéreuses. Ce cancer fait aussi des métastases, qui sont des localisations extra-utérines pour attaquer d’autres organes. Et la personne va développer une pathologie généralisée.

EN : comment se fait la prise en charge

La prise en charge va dépendre au stade évolutif de la maladie. Lors que la maladie a déjà fait des métastases. On vous dira qu’il ne faut même pas toucher car vous risquez de l’étendre à d’autres organes. Raison par laquelle, la prise en charge s’effectue par des gynécologues, et pour la plupart des fois, on enlève l’utérus qui est déjà porteur de ces lésions cancéreuses. S’il n’y pas de métastases, on élève l’utérus et on associe la radiothérapie et la chimiothérapie pour détruire les cellules cancéreuses.

EN : Y a-t-il des chances de guérison de cette pathologie ?

Dr Nyabenda : Quand on a fait le traitement précocement et que la personne a eu la chance d’avoir la radiothérapie et la chimiothérapie, on peut guérir la maladie mais quand elle a été traitée précocement. Raison pour laquelle nous insistons pour la prévention par un dépistage précoce

EN : D’aucuns disent que trop de naissances constituent un facteur favorisant le cancer du col de l’utérus. Est-ce vrai ?

Dr Nyabenda : Pendant l’accouchement, le col de l’utérus est traumatisé. Ces micros traumatismes vont favoriser à ce que les virus attaquent beaucoup plus de cellules autour du col.

EN : Certains maris arrêtent de faire l’amour avec leurs épouses infectées de peur d’attraper le virus. Qu’en dites-vous ?

Dr Nyabenda : C’est ce que nous conseillons toujours. Il ne faut pas que l’homme abandonne sa femme. L’homme ne peut pas attraper le cancer du col de l’utérus d’autant plus qu’ils n’ont pas d’utérus.  Plutôt, c’est l’homme qui transmet le virus. Donc, qu’ils soient tranquilles.

EN : Quel est le message que vous lancez à l’endroit des familles, des jeunes filles et au gouvernement par rapport à cette pathologie ?

C’est le soutien. La femme n’a rien fait pour attraper ce cancer. Il faut qu’elle soit soutenue au lieu d’être abandonnée. En plus du soutien moral, la femme bénéficie aussi du soutien financier lorsqu’il s’agit de se faire soigner soit pour les soins curatifs ou palliatifs. Les familles sont interpellées dans la prévention. Les femmes en âge avancées, sont interpellées à faire le dépistage précoce.

Aux jeunes filles, je leur demande d’éviter les rapports sexuels prématurés  et  non protégés parce que le virus du papilloma humain est sexuellement transmissible.

Au Gouvernement, je leur demande d’investir dans les centres de traitement. Aussi, le gouvernement doit investir dans la formation du personnel soignant et surtout les médecins pour que le gouvernement soit doté, en qualité et en quantité des médecins capables de traiter la maladie sur place au lieu que les gens soient transférés à l’étranger pour des  soins qui auraient pu être donnés  sur place d’autant plus que ces soins sont budgétivores.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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