CDE : Lenteur dans la certification des produits locaux, une entrave au développement des entreprises locales

Les entrepreneurs Burundais et étrangers rencontrent pas mal de contraintes juridiques lors de la certification de leurs produits. Or, cette dernière présente d’innombrables avantages dans le développement économique d’un pays comme le Burundi. Sur ce, des tarifs raisonnables de certification, par catégories de produits s’imposent pour éviter que le BBN et le CNTA ne soient un frein à la certification

« Le Bureau Burundais de Normalisation et contrôle de qualité(BBN)  et le Centre National pour la Transformation Agroalimentaire(CNTA) accusent un manque  de moyens financiers suffisants, du personnel qualifié, bien payés et stables. Ce qui constitue un handicap majeur pour leur fonctionnement », indique le consultant Emery Nukuri. Ce docteur en droit  fait savoir que les économies  des pays riches sont basées sur les entreprises qui produisent les biens et services nécessaires, non pas  seulement pour le marché national mais aussi pour le marché international.« Les grandes inventions, les conceptions des produits ont été pour l’essentiel l’initiative des individus. Plus les individus sont capables de créer des entreprises, plus ils ont des revenus. Ils utilisent leurs revenus pour satisfaire leurs besoins et ne dépendent pas de l’aide étatique. Plus, ils se prennent en charge, plus ils sont libres et font vivre le pays qui leur assure la protection et la liberté », dit-il.  Il fait remarquer que la liberté d’entreprise constitue une source de développement.

Dr Nukuri rappelle que dans sa conception traditionnelle, l’Etat doit assumer ses trois fonctions régaliennes. Il s’agit notamment celle d’assurer la sécurité, rendre la justice et lever l’impôt. Et d’indiquer « L’État dépasse ses trois fonctions régaliennes pour intervenir dans le domaine de l’économie avec pour objectifs: le plein emploi, la stabilité des prix, l’équilibre des échanges extérieurs et le maintien de la croissance économique »

L’Etat, un régulateur de l’économie                             

Selon Dr Nukuri, l’Etat doit jouer un rôle plutôt incitateur de l’économie. Si  par ses règles juridiques, il introduit des contraintes, des obstacles juridiques à la libre entreprise, il sape son développement. Il est plutôt de son devoir de créer un climat favorable à la libre entreprise. Cela en vue de booster son économie. De plus, ajoute Dr Nukuri, l’Etat doit améliorer le climat des affaires, faciliter la création des entreprises et l’octroi des certificats de qualité pour son développement efficace.

Avantages  de la Certification

Dr Nukuri souligne que la certification présente des avantages indéniables dans le développement économique d’un pays comme le Burundi. Ces avantages profitent aux fabricants, aux consommateurs mais aussi à l’économie d’un pays. Pour les entrepreneurs, la certification permet de garantir la qualité des produits, l’accès aux marchés dans des zones où leur réputation est inconnue ou à besoin d’être renforcée. De plus, elle permet de concurrencer les autres producteurs  en fournissant la vérification de leur supériorité au moyen d’une vérification indépendante par un organe de contrôle agréé et fiable.

Pour les consommateurs, Dr Nukuri indique que  la certification revêt plusieurs avantages. Elle intervient dans la protection de la santé des consommateurs, elle donne aux consommateurs l’information sur le rapport qualité-prix. Enfin, elle contribue au développement du pays en permettant l’accroissement des exportations et la réputation des entreprises nationales. Elle contribue à l’amélioration de la réputation des produits burundais et la rentrée des devises nécessaires à l’investissement et au développement.

Quand la lenteur dans la certification pose problèmes

Dr Nukuri trouve que les coûts élevés, le manque d’équipement et du personnel qualifié ralentissent la certification nationale. Ce qui contraint les entrepreneurs à travailler dans l’informel. « Les demandeurs de certificats se lamentaient d’avoir attendu des  mois compris entre 4 et 6 mois et la réponse n’est que estimative soit dans une semaine, dans deux voire un mois. Ce qui retarde les investissements et occasionne des pertes énormes », déplore-t-il.

Le rôle de l’entrepreneur dans le développement de l’économie

D’après ce docteur en Droit, le Burundi doit, pour se développer, encourager la libre entreprise, la recherche, l’artisanat, l’innovation et l’entrepreneuriat pour que les individus puissent se développer eux-mêmes et  développer le pays. Se dit confiant que les efforts et les sacrifices actuelles  que fait le Burundi seront récompensés plus tard par: une augmentation de la production, des exportations et l’économie de devises, des recettes fiscales ainsi qu’une société qui, au lieu de tendre la main pour l’aide étatique vont contribuer à faire vivre l’Etat.

Des remèdes

Dr Nukuri souhaite que l’Etat mette à jour le cadre réglementaire des intervenants dans la certification (laboratoires de contrôle de qualité) pour éviter les doublons, la concurrence et mutualiser les moyens disponibles. Il doit prévoir des tarifs raisonnables de certification, par catégories de produits pour éviter que le BBN et le CNTA ne soient un frein à la certification. Il recommande à l’Etat de faciliter la certification des produits agricoles et doter le BBN et le CNTA des moyens humains et techniques suffisants pour lutter contre les produits non certifiés sinon les entrepreneurs découragés vont travailler dans l’informel et mettre en danger la vie de la population. Aussi, les producteurs artisanaux innovants doivent être encouragés. Des exonérations fiscales doivent aussi être  accordées  mais aussi les avantages du Code des investissements. Enfin, conclut Dr Nukuri, l’Etat doit encourager la Recherche, le développement et l’innovation. Cela par l’organisation des concours des projets innovants au niveau communal, provincial, national, qui doivent être appuyés après avoir été sélectionnés.

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About the Author: Dieudonné Bukuru

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