Ceprodilic : La valorisation des déchets s’impose

En vue d’analyser les forces, les opportunités et les menaces dans la gestion et la valorisation des déchets, le Ceprodilic, via son projet « Action de Développement et de protection de l’Environnement, ADEPE » a organisé, jeudi le 19 novembre 2020, un atelier de consultation du document d’étude sur la gestion et la valorisation des déchets organiques et inorganiques. Au ministère de l’Environnement, l’on promet un soutien indéfectible à toute personne qui intervient dans la valorisation des déchets

« Nul n’ignore que l’une des conséquences directes de la croissance démographique est l’accroissement du volume des déchets à cause du changement de mode de consommation tant dans les villes que dans les milieux ruraux. Bref, plus  la population augmente, plus les déchets augmentent », indique Emmanuel Irumva, Directeur Général de Ceprodilicdans une conférence de presse. Il précise que dans la ville de Bujumbura, beaucoup de déchets sont déversées dans les différents lieux de décharges et de dépotoirs sauvages sans une aucune mesure pour protéger l’environnement et la population.

La logistique en ce qui concerne la collecte des déchets et le transfert à la décharge n’est pas bien organisée et contrôlée. En outre, explique-t-il,  l’odeur et les fumées provenant des déchets frais de ces déchargent augmentent et menacent la santé des populations avoisinantes et surtout les enfants qui ne voient pas leur danger.

D’après lui, selon une étude réalisée en 2015, la ville de Bujumbura atteint une force croissance de la population. Il informe que selon les estimations, la population passera de 623 153 habitants en 2014 à 1 173 266 habitants en 2025. Et, cela s’accompagnera de l’augmentation de la production annuelle de déchets qui passera de 128 648 tonnes en 2014 à 242 455 tonnes en 2025, soit une augmentation de 88,46 %. Aussi, les espaces vides vont progressivement disparaître. Ce qui signifie que si rien n’est fait dans l’immédiat, le lac Tanganyika, les cours d’eau, les ravins et les caniveaux seront les grands dépotoirs de la ville. Et cela augmentera les risques d’inondations, la pollution de l’eau et les risques de contamination des maladies par la population suite à la mauvaise qualité de l’eau consommée. C’est pourquoi, explique Irumva, la question de la gestion et la valorisation des déchets est alarmante pour toute la population en général et pour les habitants des villes en particulier. Ainsi, dit-il, grâce à ces recherches, le Ceprodilic a apporté sa contribution par le recyclage des déchets en plastique. Et, comme il l’indique, cela a permis la création d’emplois des jeunes à travers les coopératives en matière de transformation de ces derniers. Cependant, indique M. Irumva, le chemin est encore long.

La valorisation des déchets, une solution adéquate  

Le Directeur Général de l’environnement et ressources en eau au ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’élevage indique que la gestion anarchique des décharges solides s’accompagne des rejets liquides et gaz chargés de substances bactériologiques, organiques et chimiques à fort potentiel de pollution et de menace pour la santé de la population. Le méthane par exemple, principal gaz dégagé dans les décharges, possède quant à lui, un potentiel de réchauffement de global de 25 fois plus puissants que le CO2. D’après lui, ils s’en suivent des problèmes d’insalubrité, de nuisance olfactive, de santé publique, de pollution des sols et des nappes phréatiques, ainsi que des émissions de gaz à effets de serre qui réchauffent dangereusement l’atmosphère. Pourtant, indique-il, les déchets ne devraient pas un problème, mais une source de l’économie nationale. Et de lancer : «  La valorisation des déchets s’impose pourtant comme une solution miracle de la transition énergique et du développement durable au vu de l’énorme pouvoir calorifique contenu dans les déchets ».  M. Nkinahatemba précise que c’est d’ailleurs le but recherché par l’objectif de développement durable no 7 qui vise à «  garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes à un coup abordables d’ici 2030 ».  Il ajoute que celui-ci passe par la maîtrise de l’énergie et la gestion rationnelle des déchets mais aussi une source des engrais organiques que le Burundi a besoin à la place des engrais chimiques qui couchent les yeux de la tête au regard du prix qu’il coûte au  pays pour leurs importation.

Sur ce, Nkinahatemba informe que le ministère de l’environnement s’engage à soutenir toutes les initiatives des organisations et des associations dans toutes les activités et projets de protection de l’environnement.

La gestion des déchets s’avère urgente

David, commissaire de la brigade salubrité à la mairie précise qu’une gestion rationnelle et professionnelle des déchets s’avère non seulement nécessaire mais aussi urgente pour sauvegarder la santé de la population, de leur environnement et dégager des bénéfices économiques. Selon lui, compte tenu de la croissance rapide de la ville et de sa population, les déchets organiques et inorganiques augmentent du jour le  jour et saturent les dépotoirs que disposent la ville, cause des catastrophes aux communautés environnantes de ces dépotoirs.  Pour lui, la gestion rationnelle et la valorisation des déchets organiques et inorganiques constitueraient l’assurance de la propreté dans la ville de Bujumbura, la protection de l’environnement, la création de l’emploi pour les jeunes chômeurs et la disponibilité de la matière première pourtant très cher quand il s’agit de l’importer.

Clean and waste-free Bujumbura, un projet mort-né

En 2013, un projet de collecte de déchets en mairie de Bujumbura a été conjointement initié par le gouvernement burundais et le programme d’appui néerlandais appelé « ORIO ». Ce projet qui aurait coûté 11 800 000 euros consistait à évacuer puis à recycler les déchets de la ville. 7 ans plus tard, où en est-on? Le projet Clean and Waste Free Bujumbura visait en premier lieu l’aménagement d’un espace de décharge de déchets. Ensuite, il allait être construit un système de gestion des déchets ainsi que la conception d’une infrastructure pour la collecte, le transport et la mise en décharge des déchets. Il prévoyait aussi des mécanismes financiers de gestion des déchets après le programme « ORIO ». Cependant, le ministre de l’Eau, de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme d’alors avait adressé le 24 octobre 2013 une correspondance à la Commission Néerlandaise pour l’Évaluation de l’impact environnemental et social de ce projet. Ce projet montrait aussi que le dépotoir de Mubone allait être clôturé pour être transféré à Muzinda de la province Bubanza. Mais, depuis janvier 2015, il n’y a pas eu de suite réservée à ce projet. Face à cela, le Directeur Général de l’environnement au ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage tranquillise que d’ici peu le décharge pourra  être fonctionnelle. Il indique que le retard dans l’opérationnalisation de ce dépotoir résulte de l’incompréhension de l’administration locale qui avait refusé que cette décharge soit implantée dans cette commune.

Recommended For You

About the Author: Mathias Ntibarikure

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Covid-19

Mwirinde Corona

Actualités à la une