Le CACP plaide en faveur de la valorisation des professions du domaine de la santé

Sous le thème « Problématique de l’évolution de la carrière des professions paramédicales au Burundi », le Collectif des Associations des Cades Paramédicaux  (CACP) a organisé une conférence de presse pour porter à la connaissance du public les grognes des associations des professionnels paramédicaux en rapport avec les défis liés à leurs professions

« Les professions du domaine de la santé ont largement évolué, mais on constate que deux professions seulement se sont dotées des organes de leurs régulations. Il s’agit des professions des médecins et des pharmaciens », indique Mélance Hakizimana qui a parlé au nom du collectif. Il déplore néanmoins que, même si la profession de pharmacie est dotée de cet organe de régulation, il reste discriminatoire dans son organisation. Il explique que seuls sont admis à être membres de cet ordre  les pharmaciens qui ont subi une formation à l’étranger  en excluant ceux qui ont étudié au Burundi, alors que l’ordre gère la profession en général et non pas les diplômes ou les écoles fréquentées.

« Parmi toutes ces professions du domaine de la santé, celle des infirmiers forme la catégorie la plus nombreuse de personnels de santé, suivi de celle des technologistes biomédicaux, puis les techniciens d’assainissement, ensuite les pharmaciens, les nutritionnistes, etc », informe-t-il.

Naissance de la filière santé dans l’enseignement

Au Burundi, indique le syndicaliste,  les écoles de formation paramédicale ont vu le jour depuis 1940. C’était l’école des auxiliaries infirmiers qui était à Buye en province Ngozi. En 1960, elle a été créée l’école des infirmiers diplômés d’état octroyant le diplôme de niveau A2, puis l’école des techniciens médicaux de Bujumbura, qui, par après a été transférée à Gitega (actuelle EPM Gitega). D’autres EPM ont vu le jour depuis 1988, à Bururi et Ngozi. On a libéralisé par après la formation paramédicale et des écoles privées ont été ouvertes. Au niveau de l’enseignement supérieur paramédical, l’Institut National de Santé Publique « INSP » a ouvert les portes en 2000, puis d’autres instituts privés ont été créés. Il a produit dans un premier temps des lauréats de niveau A1, puis, par après, des cadres professionnels de niveau licence à l’époque et de baccalauréat actuellement suite à la reforme intervenue au niveau de l’enseignement universitaire. Il y en a d’autres cadres professionnels paramédicaux burundais qui ont été formés à l’étranger. Parmi les différents lauréats de ces instituts, certains ont accédé à la formation de master et de PhD dans les domaines variés de la santé.

Cependant, des défis persistent

Pour M.Hakizimana, malgré cette évolution exponentielle des professions paramédicales, il s’observe beaucoup de défis liés à l’organisation même de ces professions et à la reconnaissance des compétences issues de leurs formations académiques. Sur le plan organisationnel, les professions en soi n’existent pas dans la mesure où il n’y a pas d’ordres professionnels de régulation, où il n’y a pas de code de déontologie professionnelle pour pouvoir gérer la profession. Il fait savoir qu’il existe tout simplement des métiers qui se pratiquent n’importe comment. « Toutes les catégories confondues sont sous les ordres des médecins à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. Tous les cadres paramédicaux sont toujours considérés comme les auxiliaires de santé », regrette-il avant de lancer qu’ils devraient  être  des cadres de collaboration au lieu  des auxiliaires.

Sur le plan de l’autonomie, précise Hakizimana, l’exercice de la médecine au Burundi s’est structuré autour de l’activité des médecins, positionnant les autres catégories de personnel soignant comme des aides pour l’activité médicale, les compétences des autres professions étant construites comme des dérogations sous la responsabilité des médecins, plutôt que dans des rapports de collaboration ou de coopération pour prendre en charge les patients. De nombreux professionnels exerçant dans des établissements de soins sont par ailleurs placés sous la responsabilité d’une double hiérarchie, c’est à dire, une hiérarchie professionnelle administrative et une hiérarchie médicale de fonction.

 Sur le plan de la formation postuniversitaire, il déplore le blocage sérieux pour accéder à la formation universitaire. Il regrette que la faculté de médecine, dans son programme de master de l’université du Burundi accueille seulement les médecins au détriment des autres cadres professionnels de la santé. Pourtant, I’INSP inscrit dans ses programmes de masters toutes les catégories des professionnels de la santé, y compris les médecins qui d’ailleurs se taillent la part du lion. Pour l’année  académique 2019-2020, sur 25 inscrits candidats inscrits au programme de master  18 sont des médecins. En bloquant l’accès à la formation post-universitaire des cadres paramédicaux. Mélance avoue que seuls les  médecins ne peuvent pas satisfaire  tous les besoins de santé de la population.

Il ajoute que la poursuite de la formation ne concerne pas uniquement la formation postuniversitaire.  Il indique que, même au niveau secondaire, les infirmiers A3 sont bloqués malgré qu’il fût prévu une mise à niveau pour s’harmoniser avec les normes de l’EAC dont le Burundi est membre.

Sur le plan de la carrière professionnelle, les cadres professionnels paramédicaux ne peuvent pas évoluer dans leur carrière professionnelle puisqu’ils sont toujours considérés comme des simples exécutants des ordres des professionnels médicaux. La perception que les gens ont de la profession paramédicale est dépassée. Dans des conditions normales, chaque profession devrait être autonome dans son organisation et dans l’exercice des fonctions lui reconnues.

Des recommandations formulées  

Ainsi, les professionnels paramédicaux demandent la mise en place des ordres professionnels paramédicaux pour l’intérêt du public. La mise en place d’un programme de formation complémentaire des infirmiers A3 en vue d’accéder au niveau A2 et poursuivre avec l’enseignement supérieur pour s’harmoniser avec l’EAC. Ils demandent également la création  des  programmes de masters à l’INSP pour les autres filières afin d’obtenir des cadres spécialisés dans différents domaines de la santé.  Autoriser les cadres paramédicaux qui en ont le droit à accéder à la formation postuniversitaire organisée par l’université du Burundi. M.Hakizimana prône également la révision des normes sanitaires qui sont actuellement discriminatoires. Cela pour permettre à tous les cadres du domaine de la santé à  accéder aux postes de responsabilité sans oublier d’associer les différentes catégories de professionnels de la santé dans la planification et l’élaboration des politiqués de la santé publique,etc.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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