Covid-19 : « Et même si on se lave les mains, qu’en est-il des embrassades et des bisous?

Les habitants de la zone Muyira, commune Kanyosha, province Bujumbura indiquent qu’ils sont au courant des mesures de préventions contre le covid-19. Cependant, certaines femmes se demandent  comment elles peuvent se prévenir contre cette pandémie alors qu’elles doivent entretenir à tout prix des relations conjugales avec leurs maris, qui, nombreux d’entre eux travaillent quotidiennement dans la capitale économique. Pour elles, la distanciation physique est quasiment impossible 

Nous sommes sur la colline Muhanambogo, zone Muyira commune Kanyosha. C’est le jour du lancement de la Semaine Mère-Enfant(SSME)couplée à la semaine africaine de la vaccination (SAV). La sensibilisation contre le covid-19 est aussi au rendez-vous. A l’aide d’un mégaphone muni d’une sirène, un agent de santé  communautaire appelle la population à amener leurs enfants pour qu’ils soient administrés  d’albendazole et de la vitamine. Un autre agent de santé  communautaire, aidé  par un chef de colline aligne les enfants. Cependant, la mesure de distanciation est quasiment absente, les enfants étant turbulents quittent les lignes et revenaient jusqu’ à compliquer le travail des agents de santé communautaire. Même si la mesure de distanciation n’était pas respectée, le lavage des mains à l’eau et au savon était de rigueur. Des sceaux plein d’eau, des gobelets et des savons étaient sur les lieux. Avant de bénéficier un médicament, des enfants et des mères enceintes devraient d’abord se laver les mains à l’eau et au savon. Dans le même ordre d’idées, les agents de santé  communautaires portent des masques.

Pio Ndikumana, chef de colline  Muhanambogo indique que la lutte contre le coronavirus est de rigueur. Il ajoute que chaque ménage est doté d’un système de lavage de mains à son entrée, dans le but de se prévenir contre ce fléau. Il précise que la population est déjà au courant des mesures de prévention. Et de révéler «  si une personne tousse deux fois, trois fois deux jours et plus, il lui est demandée  d’aller se faire consulter à une structure de soin ». À propos du savon bleu qui a été  initié par l’Unicef et produit par la société  Savonor dans la cadre de la campagne « ndakira sinandura kandi sinanduza », M. Ndikumasabo indique que la disponibilité de ce savon ne cause aucun problème seulement que le problème réside sur son prix d’achat. Il précise qu’il est vendu à 200 FBu alors que son prix officiel est de 150 Fbu. Et de demander à l’administration de faire respecter le prix reconnu officiellement.

Qu’en est-il dans les ménages ?

Certaines femmes rencontrées sur la colline Kibasu indiquent qu’elles sont informées des mesures de prévention contre le covid. Cependant, elles craignent qu’elles puissent être contaminées par leurs maris. Olive Tuyisenge est l’une d’elle : «  la distanciation physique entre les membres d’un même ménage s’avère impossible. Pire encore, celle entre un mari et une femme. Et de se demander «  serait-ce possible de ne pas embrasser ton mari ou ta femme quand ils rentrent. Et si on se laver? Qu’en est-il des embrassades et des bizous? Seul Dieu pourra nous sauver », dit-elle.

Même son de cloche chez Melle Jeanne Minani: ” si vous refusez d’embrasser votre mari alors qu’il venait d’un travail à la recherche de quoi  mettre sous la dent pour la famille, cela pourrait être considéré comme un manque de respect et te retrouver renvoyer chez tes parents”. D’où pour les maries c’est difficile de se prévenir contre le covid, conclut-elle.

Les agents de santé communautaire chargés de sensibiliser la population sur la prévention contre le covid-19 indiquent qu’ils rencontrent pas mal de difficultés dans l’exercice de leurs taches. Ils font savoir que des fois, ils sont chassés des ménages fautes de badges ou d’autres documents pouvant attester qu’ils sont des agents de santé communautaires. Ils ajoutent qu’ils sont taxés même de voleurs qui sont en train d’espionner les ménages qu’ils vont piller la nuit. Sur ce, ils demandent au ministère de la santé  de leurs confectionner des badges afin qu’ils puissent exercer pleinement leur rôle.

Signalons que sur 18 provinces sanitaires  9 ont déjà reporté et confirmé des cas de covid-19.  Après deux semaines du lancement de la campagne ” Ndakira sinandura kandi sinandukiza covid-19″, Dr Thaddée Ndikumana, ministre en charge de la santé se dit satisfait des résultats de cette car, dit-il, la population a répondu massivement à cette dernière.

Selon le ministère de la santé, depuis l’apparition des premiers cas de Covid-19 jusqu’au 22 juillet 2020, sur 11332 cas testés, le Burundi enregistre 345 cas confirmés, 270 guéris, 74 sous traitement et 1 cas de décès.

Recommended For You

About the Author: Mathias Ntibarikure

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Covid-19

Mwirinde Corona

Actualités à la une