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CVR : Les archives parlent plus que les fosses communes

La CVR a procédé mardi le 7 septembre à la clôture provisoire de la campagne des enquêtes et auditions sur les massacres de 1972 en mairie de Bujumbura et ses environs ainsi que les enquêtes et exhumations des fosses communes datant de la même époque. D’après Pierre Claver Ndayicariye président de la CVR, en mairie de Bujumbura, les archives parlent plus que les fosses communes.  

«  En mairie de Bujumbura, 154 témoins ont été auditionnés avec la commune  Ntahangwa en tête qui compte à elle seule 68 témoins, Muha avec 31 et Mukaza avec 35 », informe Amb.Ndayicariye. La CVR précise qu’elle a auditionné 17 personnes qui ont témoigné sur le calvaire qu’ils ont subi dans les écoles qu’ils fréquentaient dont l’Ecole Nationale d’Administration, l’Athénée Royal, l’ENE Ngagara, au Collège du Saint Esprit, à l’ETS Kamenge, au petit séminaire Kanyosha, au Lycee Gisenyi, au Grand Séminaire de Bujumbura et à la prison Centrale de Mpimba, mais aussi à l’Université Officielle du Bujumbura ( Actuelle UB), à l’Ecole Normale Supérieure où un nombre important d’étudiants sont portés disparus.

Le président de la CVR fait savoir que la commission a auditionné également les survivants qui étaient membres du gouvernement de l’époque, la sureté nationale (actuel service national des renseignements), les jeunes affiliés au parti Uprona qui était au pouvoir. D’après lui, nous avons aussi menées des enquêtes à l’ endroit des personnes qui vivent dans les communes frontalières avec la mairie car il y a des personnes issues de ces communes qui ont été massacrées à Bujumbura.

Pour le président de la CVR, en mairie de Bujumbura même si toutes les zones ont témoigné, c’est la zone Buterere qui vient en tête suivie de la zone Kinama, Musaga, kamenge, cibitoke. La zone Rohero vient en dernière position. Il regrette cependant que la CVR n’a pas pu atteindre tous les témoins. Certaines personnes n’ont pas voulu témoigner. D’autres, malgré qu’ils étaient susceptibles de témoigner ont éteint leurs téléphones.

Qui sont les auteurs ?

Le président de la CVR, sur base des témoignages indique que les auteurs des crimes commis en 1972 figurent l’administration d’alors, les autorités du pays, les autorités militaires, la sureté nationale, les parquets, la direction du parti UPRONA et la jeunesse qui lui est affiliée. Ces derniers étaient à la tête des arrestations perpétrées surtout à l’endroit des hutus. Ils les arrêtaient, les ligotaient et les tuaient.

Après les massacres, les veuves n’étaient permis de pleurer les leurs ni d’organiser des cérémonies funéraires. Les orphelins, les veuves étaient discriminés. Ils étaient accusés que leurs maris étaient des bamenja. Les jeunes hutus n’étaient plus autorisés à enrôler dans l’armée. Certains parents hutus n’ont pas fait scolariser leurs enfants craignant que leurs enfants aillent subir le sort de leurs parents et frères. Certaines femmes se sont vu violer par les bourreaux  tandis que d’autres ont été sommés de coucher avec les exécutants espérant gagner la libération de leurs époux.

La CVR a-t-elle identifié des fosses communes en Mairie ?

Des restes des êtres humains

 Selon le président de la CVR, on a excavé peu de fosses communes en mairie de Bujumbura. Il fait savoir que les fosses communes ont été identifiées dans zone Buterere sur le site dit Bumwe aussi appelé Badorité.  Cependant la fosse commune a été identifiée dans les enceintes du site Don Bosco où est érigé l’orphelinat. D’après Ndayicariye, c’était difficile voire impossible de démolir une bâtisse  abritant l’orphelinat.

Des fosses communes ont été identifiées aussi dans la zone Buyenzi près de la paroisse Saint Augustin. L’endroit abrite une boulangerie, des toilettes et un atelier de couture. En zone Musaga, l’endroit qui était identifié comme abritant une fosse commune, les informateurs de la CVR ont indiqué à la CVR que les restes d’êtres humains ont été emportés par les eaux de ruissellement.

Les archives parlent

Un des archives relatant les massacres de 1972

D’après le président de la CVR, les archives nous parlent de ce que nous n’avons pas eu dans les fosses communes sur lesquelles sont érigées des infrastructures publiques et privées et  des industries. A travers les archives, nous avons eu beaucoup de gens qui ont été tuées en 1972. Nous avons des plaques des véhicules saisies, des titres de propriétés des parcelles des personnes tuées. Nous avons aussi trouvé des comptes bancaires des personnes tuées mais aussi des personnes qui ont été condamnées par le conseil de guerre. Aussi, des archives du ministère de la justice, de l’éducation, des parquets, des archives de la presse publique sont parvenues à la CVR et contiennent d’informations diverses.

Notons que la CVR, après la mairie de Bujumbura poursuit ses activités dans les provinces de Mwaro et Muramvya.

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