EALA : Identifier les gains et les défis de l’intégration dans l’EAC

Depuis 2007, le Burundi a intégré la communauté Est Africaine. Depuis son adhésion, le Burundi a largement gagné sur tous les plans. Cependant des défis persistent. C’est pourquoi, les députés burundais siégeant au sein de L’Assemblée Législative de la Communauté de l’Afrique de L’Est (EALA) entament une campagne de sensibilisation depuis le 1er au 7 mars 2020. Cette campagne de sensibilisation de la population a été effectuée dans le but d’évaluer les gains lies à l’intégration dans l’EAC, mais aussi évaluer les défis relatifs aux différents protocoles signés dans le cadre de l’intégration

S’exprimant à propos des gains, le Burundi a déjà tiré de cette intégration, Jean Marie Muhirwa, un député de l’EALA indique que le pays a largement gagné  sur tous les plans. Il indique qu’au point de vue économique, des institutions financières des pays membres de la Communauté Est Africaine ont implanté leurs filiales à Bujumbura. Il s’agit de CRD Bank, KCB, DT Bank. En plus de l’implantation des institutions financières, M.Muhirwa parle aussi des institutions d’assurances qui sont implantées au Burundi en provenance des pays membres de l’EAC dont l’assurance Jubilée.

Jean Marie Muhirwa, un député de l’EALA

Dans le domaine des infrastructures, Hon. Muhirwa fait savoir que plusieurs infrastructures ont été construites et d’autres ont été réhabilitées. Il cite notamment la construction des routes régionales dont la route Ruhwa-Nyamitanga-Bujumbura-Nyanza lac jusqu’à Mabanda à laquelle on ajoute Kobero-Muyinga-Gitega ainsi que la route Nyakararo-Mwaro- Kibumbu- Gitega.

Pour Jean Marie Muhirwa, sur la même liste des avancées ou des gains tirés de la communauté Est Africaine, il y a l’implantation au Burundi des filiales des industries et usines de cette communauté. Il s’agit également de l’usine de fabrication de la farine Azam et Azania. Hon.Muhirwa parle aussi des réformes économiques opérées. Il informe qu’avant l’adhésion, pour passer d’un port à un autre, les marchandises passées entre 21 et 12 jours. Et de se réjouir qu’actuellement, la durée est de 3 jours seulement. Aussi, des infrastructures et des agents de l’OBR et d’autres services ont été installées sur les postes frontières de faciliter les procédures. De plus; ajoute-t-il, la création de l’OBR et de l’API ont été des retombées de l’intégration du Burundi à l’EAC.

En ce qui est de la mobilité de l’emploi, le député de l’EALA fait savoir que tout projet de développement doit nécessairement générer l’emploi. Sur ce, explique-t-il, avec l’implantation des filiales des banques, des assurances et la construction de différentes routes et de différentes usines et industries, plusieurs emplois ont été créés. Et, poursuit Hon Muhirwa, ces institutions bancaires, ces entreprises et la construction des infrastructures de communications routières génèrent des revenus, d’impôts et des taxes pouvant renflouer les caisses de l’Etat.

Malgré toutes ces avancées, l’intégration effective de l’EAC rencontre pas mal de défis dont les plus importants sont, selon Hon.Muhirwa, une corruption endémique qui gangrène les pays membres de l’EAC, la lenteur dans la mise en œuvre des protocoles, la pandémie de la covid-19 qui freine la mobilité des gens ainsi qu’une mauvaise cohabitation de certains pays membres de cette communauté.    

Le Burundi profit-il pleinement de son intégration dans l’EAC ?

Le rapport de l’Observatoire de l’action Gouvernementale de 2009 sur l’impact de l’adhésion du Burundi  à l’EAC, le Burundi était considéré comme un pays qui entre dans une communauté avec une économie qui accuse beaucoup de faiblesses en comparaison avec celles d’autres pays de l’EAC. Le Burundi semble être le maillot le plus faible du groupe. L’économie burundaise est basée sur une agriculture de subsistance. Les exportations d’origine agricole se limitent au café, au thé et dans une moindre mesure, au sucre. Le secteur privé burundais est peu développé avec beaucoup de difficultés à décrocher des financements propices à son développement. Le Burundi applique toujours un système de taxation très contraignant. L’imposition est élevée et les droits de douanes sont encore élevés. Les matières premières et les équipements, détaxés dans le reste de la communauté, sont encore taxés au taux de 5 et 10% respectivement. Les infrastructures de soutien à la production et à la commercialisation sont encore peu développées. Beaucoup de barrières non tarifaires handicapent le développement des affaires. Il s’agit des pratiques de corruption, du développement des activités informelles, etc. De plus, ajoute le rapport, le Burundi a une forte croissance démographique, ce qui cause une forte pression sur les ressources disponibles, un grand chômage à la fois en milieu rural et urbain, un fort taux d’analphabétisme, une faible culture de mobilité, etc.

Qu’en est-il de l’attrait des investisseurs

Aussi, les conditions minimales pour concourir dans l’accueil de l’investissement direct étranger restent déficitaires. En considérant les indicateurs publiés par la Banque Mondiale/SFI  dans « Doing Business  2019 », le Burundi se classe 168ème sur 190 pays considérés pour le climat offert aux investisseurs.  Et, il est de loin le plus mal classé parmi ses partenaires de la CAE. Le Rwanda, pays voisin est 29ème, le Kenya 61ème,  l’Ouganda 127ème et la Tanzanie 144ème et le Soudan du Sud 185ème. Le Burundi doit surmonter d’autres défis significatifs pour concourir dans l’attrait des investissements.

Il est donc urgent que des réformes importantes soient entreprises dans divers domaines pour se donner une chance de tirer parti de la  participation  du Burundi à la CAE. Ces réformes ont été mises en exergue dans quelques études : il s’agit notamment des réformes institutionnelles pour mettre en œuvre, coordonner et communiquer sur les multiples politiques de la CAE; des réformes économiques structurelles et des réformes économiques destinées à lancer l’investissement et la croissance; des réformes des infrastructures soutenant les échanges et la croissance. Le secteur privé doit enfin se réveiller et faire face à la compétition. Il doit se mettre à penser régional car le marché du Burundi n’est plus un marché captif. Sans ces réformes, il est illusoire de croire que le Burundi pourra pleinement participer à la vie de la CAE ou en tirer bénéfice.

Notons que la CAE est vieille de 22 ans.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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