Elections 2020 : « Epargner les enfants de l’instrumentalisation »

Le processus électoral est le moment de choix, de manière démocratique, pour légitimer un dirigeant ou une équipe dirigeante. Il est souvent caractérisé par des violences à travers le monde entier et sans pour autant épargner l’enfant en général et en particulier les autres couches de la population

 « La convention internationale sur les droits de l’enfant  ratifiée  par le Burundi en 1991, tient un engagement  à protéger les enfants contre toute forme d’exploitation pouvant porter  atteinte à leur sécurité et à leur confort », a indiqué Jean de Dieu Mutabazi, dans son exposé,  lors d’un atelier de sensibilisation des leaders politiques sur la protection des enfants en période électorale organisé par la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH) en partenariat avec l’UNICEF sous le thème : « La non-discrimination, l’intérêt supérieur de l’enfant, le droit de vivre, survivre et se développer ainsi que le respect des opinions de l’enfant ».

M.Mutabazi fait savoir que le processus électoral entraine souvent des tensions politiques entre les parties antagonistes qui peuvent conduire à des violences ultérieures qui, souvent, n’épargnent pas les enfants. « Il faut que les enfants ou les mineurs soient épargnés des manipulations politiciennes au cours des échéances électorales ». Et d’ajouter : « Il ne faut pas aussi exposer les enfants à des risques d’instrumentalisation et  d’utilisation pendant la campagne électorale (véhiculer les messages à travers les  chansons, la  distribution des affiches et insignes des partis politiques ; vote frauduleuse des mineurs, etc. Tout cela est à éviter ». M.Mutabazi fait savoir que les parents doivent protéger les enfants et les éloigner des terrains de la politique dont les lieux de meetings et autres manifestations ; réunions des partis politiques, etc).

Ne pas user de la violence verbale en période électorale

M.Mutabazi reconnaît que les responsables des partis politiques ont signé une feuille de route à Kayanza. Cela dans le but de barrer la route aux violences qui peuvent surgir pendant les élections. Il fait remarquer que les responsables des partis politiques et les indépendants ont la prérogative d’interdire aux militants de ne pas user de la violence verbale en période électorale qui est caractérisée par l’expression de propos indécents des fois injurieux adressés à leurs adversaires pour les intimider ou décrédibiliser leurs adversaires ou les forces de l’ordre.

Des conseils à l’endroit des leaders politiques

D’après M.Mutabazi, les acteurs politiques doivent veiller à la non violence psychologique en période électorale qui est souvent caractérisée par l’installation de la peur chez les acteurs d’élections notamment les électeurs, les militants des partis politiques, les forces de l’ordre, responsables électoraux, etc. Cela pour éviter que les groupes des militants politiques violents peuvent proférer des menaces pendant la campagne électorale. Les leaders politiques  doivent éviter la violence électorale psychologique qui peut avoir son impact jusqu’à la proclamation des élections. « Des élections controversées peinent souvent à trouver une organisation fiable qui proclamera les résultats car la peur est déjà installée dans les cœurs des adultes ou parents des enfants. La violence électorale psychologique est la moins visible mais peut devenir celle qui cause plus de troubles », précise-t-il.

La Sojpae satisfait

Même si  les partis politiques se sont engagés à ne pas utiliser les enfants à des fins de campagne électorale et des élections, il a été remarqué  que des enfants ont été utilisés dans les danses, les chansons, les sketches en vue d’agrémenter les activités de la campagne électorale. Au niveau de la Solidarité de la Jeunesse Chrétienne pour la Paix et l’Enfance au Burundi (Sojpae), l’on apprécie que les leaders des partis politiques aient tenus leur engagement malgré quelques manquements.

David Ningaza, directeur de la Protection de l’enfant au sein de l’organisation déplore que certains  directeurs des écoles, certains enseignants ou certains parents membres des partis politiques aient utilisés  les enfants à des fins  politiciennes. M. Ninganza indique que les conséquences à long ou à court terme de la manipulation de ces derniers sont imminents. Il s’agit d’un résultat scolaire pas rejouissant, des accroches entres les enfants sur fond d’appartenance politique, ou des abandons scolaires qui peuvent conduire l’enfant à développer un esprit de méfiance envers les politiciens lorsqu’il sera majeur.

M.Ninganza demande donc aux parents d’écarter  les enfants qui n’ont pas encore l’âge de voter de la campagne électorale ou des élections. Il demande aussi au ministère de l’éducation de faire respecter l’article 7 de l’ordonnance ministérielle N˚ 610/176 du 17 juillet 2017 portant harmonisation du règlement scolaire pour les écoles fondamentales et poste fondamentales publiques et privées qui stipule que «L’école burundaise est apolitique et laïque. Elle vise la réussite scolaire et la formation de chacun indépendamment de sa croyance religieuse. Toute manifestation à caractère politique est interdite à l’école ». 

Notons que depuis le lancement de la campagne électorale le 27 avril 2020, la Sojpae ne déplore aucun enfant  blessé ou décédé suite à la campagne électorale.

Recommended For You

About the Author: Dieudonné Bukuru

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Covid-19

Mwirinde Corona

Actualités à la une