Elle finit en prison

Deux ans de servitude pénale, une amende de 25 000 FBu et un dédommagement d’1 million est le réquisitoire prononcé contre Mme Evelyne Niyonisunga accusée de maltraitance aiguë à l’ endroit d’un enfant  mineur. Certains défenseurs des droits de l’homme trouvent  que la peine  n’est pas suffisante au regard de la faute qu’elle a commise. Ces derniers demandent au ministère public d’interjeter l’appel

Tout commence avec une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux dès mercredi le 04 octobre 2020. Dans cette vidéo d’environ 3 minutes, une maman frappe sans pitié un enfant d’à peine 6 ans. Une main tient un béton et une autre sur ses hanches comme signe de dédain, elle batte l’enfant qui n’a personne pour le secourir.  Des coups de bâtons ponctués des paroles blessant sont infligés au badaud. Ce gamin à moitié habillé crie pardon mais la marâtre n’obtempère pas. Elle l’invite plutôt à  regarder en haut comme pour appeler le seigneur, lui seul qui peut le sauver. Et,  l’enfant  regarda dans les yeux la marâtre et cette dernière lui lance des mots comme «  Ne me regarder pas. Même ton père ne me regarde pas dans les yeux. Regarder en haut, il y a quoi » ? Et l’enfant de répondre « il y a Dieu » et la marâtre de continuer «  c’est ce Dieu qui va te sauver aujourd’hui ». Un coup de bâton sur la derrière de l’enfant.  «  Je ne suis ni ta mère ni ta tante, ni ton oncle. Je vais te montrer qui suis-je ». A côté de la place ou se déroule cette ignoble s’entendaient des voix douces qui demandaient à la maman de pardonner l’enfant mais en vain.

L’histoire des faits

Dans l’avant midi de mercredi le 04 novembre 2020, la police s’est rendue sur les lieux, au quartier Winterekwa de la zone Gihosha en mairie de Bujumbura et la femme fut mise aux arrêts. Elle a été ensuite acheminée dans les enceintes du Commissariat de la police Judiciaire. Là, le porte-parole du ministère de l’intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique Nationale, Pierre Nkurikiye y a animé  une conférence de presse pour expliquer ce qui s’est passé. « Aujourd’hui, à travers les réseaux sociaux, nous avons vu  des images horribles, de maltraitance aiguë faite par une femme à l’endroit d’un enfant. Comme pour tous les cas similaires, la police a fait des enquêtes et est parvenue à appréhendée la criminel », raconte le porte-parole. Comme il l’indique, la femme s’appelle Evelyne Niyonisunga, elle est la trentaine. Elle habite le quartier Winterekwa, zone Gihosha dans la commune Ntahangwa en mairie de Bujumbura.

Après des enquêtes approfondies, la police à découvert  que la femme est l’épouse du caporal-chef, Calixte Ndibungura, un militaire en activité, informe OPC1 Nkurikiye. D’après, les mêmes enquêtes, la police informe qu’avant d’être mariée au caporal-chef, la femme avait déjà eu trois  enfants de pères différents. Et, le militaire lui aussi avait un enfant qu’il a eu avec une autre fille. Après, explique la police, la fille s’est mariée à un autre homme et elle décida de remettre l’enfant à son père. Vivant à Muyinga, la femme à embarquer l’enfant dans un bus faisant le transport Muyinga-Bujumbura Mairie. Et, c’est la fautive qui l’a accueilli. Depuis son arrivée, poursuit Nkuirikiye,  l’enfant n’a cessé de subir toutes sortes de tortures de la part de sa marâtre. « Une maltraitance sans nom qui caractérise une femme sans cœur », conclut-il. De surcroît, il demande à quiconque à  dénoncer  toute personne qui maltraite un enfant car, dit-il, «  Umwana si uwumwe » qui se traduit en français par  l’enfant est une richesse commune. Raison pour laquelle, il doit être protégé en tout temps et en tous lieux.

Le ministère de la solidarité déplore

Au niveau du ministère de la solidarité, l’on déplore la maltraitance qu’a subie l’enfant.  Ignace, Ntawembarira, directeur du département enfant et famille au ministère de la solidarité  indique que le droit de l’enfant doit être préservé. Pour lui, bien éduquer un enfant, ce n’est pas le battre comme si on frappe un serpent ou un tambour, plutôt il faut assurer de son bien être en lui donnant ce dont il a besoin pour grandir. Il déplore le fait que certains parents aillent au-delà de ce qu’ils devraient faire pour éduquer leurs enfants. Ainsi, il rappelle aux parents à toujours veiller au bien être de l’enfant afin de préparer son avenir.

La SOJEPAE indignée

Au niveau de la Solidarité de la Jeunesse Chrétienne pour la Paix et l’Enfance (SOJEPAE) l’on déplore qu’il  y ait  des parents ou des éducateurs qui se comportent de la sorte. « C’est vraiment dommage. Cette dame s’est comportée  comme un criminel », précise David Ninganza, directeur du centre de protection de l’enfant et chef du programme protection, prévention et plaidoyer à la SOJPAE. Pour lui, tout enfant nécessite de la protection de tout le monde contre toutes formes de violence, y compris les violences de la part de leurs parents. Il indique qu’il y a des parents qui pensent qu’un enfant leur appartient et le traitent comme ils veulent toute en oublient que l’enfant n’appartient à personne mais à  la communauté. David Ninganza reconnait d’autres bavures qui se font dans la communauté dont l’expulsion des enfants par leurs parents, des enfants délaissées, la spoliation de leurs biens etc.

M. Ninganza salue le travail abattu par  la police pour avoir arrêté la femme. Cependant, il trouve que l’arrestation seule ne suffit pas. Il faut aussi des sanctions sociales sévères  qui peuvent constituer de d’exemples pour que de  telles bavures ne se reproduisent plus. Raison pour laquelle, il appelle quiconque qui serait au courant d’un enfant maltraité par ses parents, un  enseignant ou un  directeur ou ses proches d’alerter qui de droit. Il demande également à l’administration de base d’intégrer dans leurs séances de sensibilisation le volet sécurité et  droit de l’homme.

Le ministère public  invité à interjeter appel

Au niveau de l’Association pour la Consolidation de la Paix au Burundi (ACOPA-Burundi) l’on dit ne pas être satisfait par le procès prononcé contre la dame qui a maltraité le jeune Patrick Igiraneza.

Pour Isaac Bakanibona, représentant Légal de l’ACOPA-Burundi), la peine qu’elle a écopée est de loin inférieure à l’infraction. De surcroît, il invite le ministère public à interjeter appel afin que cette femme soit punie conformément à la loi et cette punition serve de modèle à quiconque traitera l’enfant de la sorte.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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