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Filière café : Lancement de la campagne de taille et de paillage

Le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage a, à travers l’office du développement du café (ODECA), lancé la campagne de taille et de paillage du café le vendredi 13 août 2021. Les travaux de lancement ont eu lieu sur la colline Kigwandi de la commune Butanganza de la province Kayanza. Il était couplé au 2ème payement des caféiculteurs

Sur la colline Kigwandi, en commune Butaganzwa province Kayanza, les caféiculteurs se sont réveillées  de bonnes heures. Ils attendaient les cadres du ministère de l’agriculture pour lancer officiellement la campagne de taille et  de paillage du café.

Selemni Nitunga, agronome de la commune Butaganzwa indique que la taille et le paillage constituent des éléments essentiels pour la multiplication de la récolte du café. Il indique qu’il existe différents types de taille à savoir : La taille d’entretien, la taille de production et la taille de régénération. D’après lui, la taille d’entretien a pour but de conserver à l’arbre sa forme. Il explique que si l’on ne taille pas un caféier, il fabrique du bois et non des fruits.  

Taille d’entretien                                                    

Selon lui, la taille d’entretien empêche le caféier de produire trop de bois, pour qu’il puisse produire beaucoup de café. Pour ce là, il suffit d’enlever régulièrement les gourmands qui apparaissent à la base des caféiers et sur les troncs : C’est l’égourmandage (un soin à apporter régulièrement aux plants de tomates est donc l’égourmandage. Le but est de fortifier le plant en supprimant les gourmands qui pompent de l’énergie à la plante et par conséquent aux fruits donnés). Ce dernier doit se faire tous les deux mois (6 passages par an). Si on passe régulièrement tous les 2 mois, ce travail est très vite fait car les gourmands sont encore jeunes et on peut les arracher facilement à la main.  Mais si on tarde trop, les gourmands seront gros et le travail sera long et pénible. Il faut employer le sécateur pour les gourmands situés à la base des troncs. Ceux situés plus haut peuvent être arrachés à la main s’ils sont verts, sinon au sécateur s’ils sont aoûtés. (L’aoûtement ou aoutement, appelé aussi endurcissement au froid, est un processus de lignification des jeunes rameaux des plantes ligneuses des essences dicotylédones. C’est un critère important pour la sélection des bois à conserver dans la taille de certains arbres fruitiers)

La taille de régénération

Selon M.Nitunga, après quelques années de récolte, la production du caféier diminue. Les étages de branches fructifères s’élèvent d’année en année. La cueillette devient de plus en plus difficile et le rendement baisse. Lorsque les troncs deviennent trop hauts, l’alimentation en sève des branches fructifères se fait mal et il n’y a plus assez de bois jeune. Il rappelle que le caféier fleurit sur du bois jeune (bois de l’année). Plus le caféier produira de bois jeune, plus il portera de fleurs, et ensuite de fruits. On va donc remplacer les tiges charpentières épuisées par des tiges jeunes qui fourniront de nouveau de bonnes récoltes. Les tiges charpentières sont recépées et un nouveau cycle de production commence avec quatre des rejets apparus après le recépage. C’est le recépage périodique” ou” régénération”

  Après la taille, les cadres du ministère et la population ont ensuite entamé le paillage. Celui-ci consiste en la mise des herbes sèches dans le champ de café. Selon Nitunga, le paillage revêt une importance capitale. Il permet de lutter contre l’érosion, de protéger le sol contre un échauffement excessif qui provoque une dégradation rapide de la matière organique du sol, de diminuer l’évaporation au niveau du sol, donc de rendre les caféiers moins sensibles à la sécheresse, d’empêcher le développement des mauvaises herbes par étouffement, donc de limiter les travaux d’entretien, d’apporter de la matière organique, donc d’assurer une meilleure nutrition des caféiers ( parce que les herbes apportées par le paillage se décomposent ).

Cependant, les caféiculteurs grognent

Les caféiculteurs de la colline Kiryama province Kayanza grognent. Ils indiquent que la rémunération sur le  prix  du café par kilo est inversement proportionnelle aux efforts fournis. « C’est fort déplorable qu’un kg de café soit acheté à un prix inférieur à celui du haricot vendu localement alors que le café est exporte est vendu en devises », disent-ils. Ils demandent au gouvernement de revoir à la hausse jusqu’ à 1000 FBu le kilo.

Emmanuel Ndorimana Secrétaire Permanent au ministère de l’agriculture demande aux caféiculteurs de se donner corps et âme afin d’entretenir les caféiers et ainsi avoir une récolte suffisante et de qualité. « Si vous augmentez la récolte et la qualité, le prix sera revu à la hausse. Tout dépendra de vous », a-t-il fait savoir.

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