Gatumba: Plus de 9 000 ménages appellent au secours

Après que les eaux du lac Tanganyika et de la rivière Rusizi  ont inondé les ménages de certaines collines de la zone Gatumba. Les victimes  vivent  dans des situations déplorables. Ils sont sans abri et trouver de quoi mettre sous la dent constitue  un casse-tête. Ces derniers appellent au secours

Dans cette zone Gatumba,  depuis le pont de la rivière Rusizi jusqu’au 15è Poteau, des eaux stagnent. Les rues sont inondées et sont devenues impraticables. A moins d’utiliser de petits bateaux en bois, les traverser n’est pas chose facile. Sur ces collines, les habitations, les infrastructures publiques et privées ne cessent de s’écrouler. D’autres sont sur le point de l’être obligeant  plus de 9.000 ménages à déménager dont certains ont trouvé  asile chez leurs voisins qui ont eu la chance de n’avoir pas été  touchés. Et, ceux qui n’ont pas pu trouver refuse sont installés  au site Kigaramango de cette zone.

Godélive Niyonzima, une femme rencontrée dans sa parcelle, assied sur un tabouret, les mains sur les joues et la tête inclinée en signe de désespoir, une grande tristesse se lit sur son visage, elle est entourée des points d’eau qui n’ont pas épargné sa maison. Elle indique que les eaux qui ont inondé la colline Muyange II proviennent de la montée du niveau d’eau de la Rusizi. Elle raconte que  c’était vers minuit du 30 avril 2020  qu’elle a entendu des cris chez les voisins. Du coup, elle s’est réveillée  et trouva sa parcelle, comme celles de ses voisins, entièrement envahie  par l’eau eau.

Crainte d’attraper les maladies des mains sales

Chantal Nkurikiye habite la colline Mushasha II. Elle est  mère de quatre enfants. Rencontrée  sur les lieux, elle raconte que pas mal de maisons ont été détruites. Elle ajoute que les victimes n’ont rien sauvé. « Tout a été emporté par les inondations », dit-elle. Ce qui est alarmant sur cette colline, c’est  que cet endroit est  presque complètement  inondé. Les latrines sont inondées laissant ainsi les excrétas humains jaillir à la surface de l’eau.  Dans certains endroits, ces déchets  coulent avec les eaux. Raison pour laquelle les habitants craignent d’attraper les maladies des mains sales. La même situation s’observe sur la colline Mushasha II de la même zone. La seule différence réside dans le fait que les inondations de cette colline seraient dues à la montée des eaux  du  lac Tanganyika.

 Emmanuel Harakandi, un des élus collinaires de cette zone fait savoir que deux sur trois sous-collines  que compte la colline Mushasha II sont inondées emportant ainsi des maisons et des champs. Harakandi rappelle qu’il y a deux  mois que les eaux du lac Tanganyika ont  monté de son niveau habituel. Ces eaux se sont déversées dans un étang picole partagé par  la colline Mushasha I et II. Le dit étang a ensuite déversé ses eaux dans les ménages  causant ainsi des inondations.

Une vie de misère  au site de Kigaramango

Les victimes des inondations regroupées au site Kigaramango mènent une vie misérable. Beaucoup d’entre eux dorment à la belle étoile par terre d’autres ou  sur des tables. Les plus chanceux  dorment dans des  tentes ou des shittings. Espérance Habonimana est enceinte et est mère de 5 enfants. Elle habite actuellement le site Kigaramango. Elle indique qu’elle n’a rien pour subvenir aux besoins de sa famille.

Elle déplore que ce site ne possède  ni eau ni latrines, des éléments essentiels pour un être humain. Ce qui constitue un défi de taille au regard  de l’effectif de gens regroupées  dans ce site. Habonimana demande alors au Gouvernement et à tout  bienfaiteur de leur venir en aide. Mme Habonimana déplore néanmoins qu’une assistance déjà donnée a été distribuée sur fond d’appartenance politique, de parenté, du moins sur fond de népotisme. Elle précise  que les administratifs à la base favorisent  leurs familles plus qu’aux nécessiteuses.

« Redresser la situation n’est pas chose facile »

Contacté, Antoine Ntemako, directeur général de la police de protection civile reconnait que les inondations qui secouent  la zone Gatumba ne sont pas légères. « Redresser  la situation n’est pas chose  facile », indique-t-il. Il précise que les familles touchées par les inondations sont évaluées à  plus de 9 000 ménages à en croire les données fournies par l’administration locale.

Des maisons effondrées suite aux inondations

Pour ce faire, Antoine Ntemako fait savoir que la mesure urgente pour sauver les victimes est de les délocaliser. Sur ce, Il révèle  que le processus est déjà  entamé en témoigne  plus de 150 ménages déjà déplacés vers Maramvya de la commune Mutimbuzi. Mais Ntemako précise que le processus de délocalisation se fait systématiquement. Cet officier de police trouve que ces inondations sont le résultat d’une forte pluviométrie qui s’est abattue  dans la sous-région.

Notons qu’il y a deux semaines que ces inondations ont envahi la zone Gatumba.

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About the Author: Théogène Ndayisaba

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