Gestion des déchets ménagers : Une équation à plusieurs inconnues

La décharge publique de Mubone reste encore fonctionnelle malgré les lamentations des habitants de cette localité. Leur santé est menacée. Ils demandent à la Mairie de Bujumbura d’aménager la nouvelle décharge de Muzinda. Ce pendant, cette décharge pourrait ne pas avoir lieu à en croire les propos de l’administration communale de Rugazi. Aussi, le projet Clean and waste-free Bujumbura qui allait libérer la ville de ses déchets reste sans trace

Le reporter du journal Ejoheza News a effectué une visite à la décharge de Mubone lundi le 27 janvier 20120  pour s’enquérir de l’état des lieux de cette décharge longtemps décriée par certains riverains. A l’entrée, on est accueilli par une odeur nauséabonde et suffocante que dégagent les déchets ménagers que différentes associations de la municipalité de Bujumbura ne cessent d’y déposer. Des épluchures, des écorchures, des déchets électroniques et électroménagers s’observent à cet endroit. A côté des déchets, on y trouve aussi un effectif non négligeable d’hommes, de femmes et des jeunes en train de ramasser les restes de nourritures et du charbon de bois. Ces derniers se servent de petits morceaux de bois pour remuer ces déchets afin de vérifier s’il n’y aurait pas de reliquats de nourritures laissés par les ménages plus nantis pour les croquer. S’ils y trouvent des habits, ils les conservent pour les revendre. S’ils trouvent des restes de médicaments, ils les conservent aussi, ce qu’on peut se demander c’est de quoi on en fait ?

Pendant la saison pluvieuse, ces amas d’immondices sont inondés par les eaux de la rivière Gasenyi renforcés par le fait que ce dépotoir se trouve dans une zone marécageuse qui rend la décharge difficilement accessible voire impraticable. Des essaims de mouches pullulent de partout. Cependant, des habitations, des écoles et des kiosques sont installés à proximité de ce dépotoir.

Les habitants tirent la sonnette d’alarme

Les camions continuent à jeter des déchets à Mubone même si ce dernier avait été déclaré saturé. Pour y arriver, ils passent par le quartier Kinama précisément à Kanga et prennent la route non macadamisée qui va vers la fameuse décharge. On l’appelle la route Mubone. C’est cette dernière qui passe par cette localité pour enfin arriver dans la zone Maramvya. D’après les riverains de cette décharge, plus de 15 camions déposent chaque jour les immondices  dans cette décharge. Ils font remarquer que leur santé est menacée. Ils indiquent que leurs enfants souffrent actuellement des maladies respiratoires et des maladies de mains sales dont la diarrhée. « Nos enfants souffrent toujours des maladies liées à l’insalubrité. Nous vivons dans des conditions déplorables suite à ces déchets», se lamentent-ils.

Dans un point de presse qu’il a animé le 1er avril 2019, sur la décharge de Mubone,  Freddy Mbonimpa, maire de la ville de Bujumbura ne nie pas la situation qui prévalait à Buterere. Il a indiqué que cette décharge était saturée et que la nappe phréatique était attaquée. Raison pour laquelle, il a précisé que la solution la plus rapide était de trouver une autre décharge organisée. «Nous avons demandé au ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage de nous octroyer un autre terrain pouvant servir de réceptacle provisoire qui pourra nous dépanner pendant les quelques mois de la période pluvieuse et pouvoir aménager solidement celui de Buterere au cours de la saison sèche. Nous devons aussi plaider qu’au moins cette décharge soit déplacée», a-t-il souligné.

L’administration de la commune Rugazi défavorable à la décharge de muzinda !

Ainsi, le ministère sollicité a exaucé la demande de la Mairie et un terrain lui a été attribué dans la zone Muzinda de la commune Rugazi depuis belle lurette. Néanmoins, l’administrateur de la commune Rugazi, Mme Nizigama, contactée  par téléphone, elle a indiqué qu’aucun travail d’aménagement du dépotoir de Muzinda n’est en train d’être fait. Elle explique  que l’administration communale de Rugazi ne pourrait pas  accepter accueillir les déchets dont elle n’est pas responsable. Et d’expliquer : «  La colline qui devrait abriter ce dépotoir surplombe la ville et le marché de Muzinda. Une fois que les déchets sont déposés et que la pluie tombe, cette dernière pourrait emporter les déchets de cette décharge vers la ville de Muzinda et ainsi provoquer des maladies de mains sales. Donc, en qualité d’administration, nous ne pourrons pas exposer la population ». S’exprimant à propos de ce dénie de l’administration communale de Rugazi,  Freddy Mbonimpa, Maire de la ville de Bujumbura explique que c’est le gouvernement qui décide car, c’est celui a attribué ce terrain.

Clean and waste-free Bujumbura, un projet mort-né

En 2013, un projet de collecte de déchets en mairie de Bujumbura. Il  a été conjointement initié par le gouvernement burundais et le programme d’appui néerlandais appelé « ORIO », Clean and Waste Free Bujumbura. Ce projet qui aurait coûté 11 800 000 euros consistait à évacuer puis à recycler les déchets de la ville. 7 ans plus tard, où en est-on? Le projet Clean and Waste Free Bujumbura visait en premier lieu l’aménagement d’un espace de décharge de déchets. Ensuite, il allait être construit un système de gestion des déchets ainsi que la conception d’une infrastructure pour la collecte, le transport et la mise en décharge des déchets. Il prévoyait aussi des mécanismes financiers de gestion des déchets après le programme « ORIO ». Cependant, le ministre de l’Eau, de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme avait adressé le 24 octobre 2013 une correspondance à la Commission Néerlandaise pour l’Évaluation de l’impact environnemental et social de ce projet. Ce projet montrait aussi que le dépotoir de Mubone allait être clôturé pour être transféré à Muzinda de la province Bubanza. Mais, depuis janvier 2015, il n’y a pas eu de suite réservée à ce projet.

La mairie tranquillise

 A ce sujet, Freddy Mbonimpa indique que les questions politiques sont  à l’origine du point mort de ce projet. Il rassure cependant que ce projet est sous analyse. « Le projet est toujours là. Les études étaient déjà terminées. Mais quand il y a eu des questions politiques, les partenaires se sont désistés. Mais, avec le mois de mars, une entreprise italienne viendra exécuter le projet. On espère que ce projet combien important sera exécuté d’ici peu pour soulager la population urbaine », tranquillise l’autorité municipale. Il indique qu’en attendant, les déchets seront acheminés vers les lieux d’extraction des mines et carrières. Cela pour boucher les fossés.

Notons que malgré plus d’une dizaine d’associations et de coopératives de déchets, des dépotoirs sauvages s’observent dans les quartiers, le long des rivières, dans les marches et dans certains endroits du centre-ville.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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