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Intégration  dans les blocs économiques : Le Burundi constitue un marché d’écoulement

Alors que l’intégration d’un pays dans une communauté économique suppose  l’ouverture d’un vaste espace commercial et la libéralisation des échanges commerciaux, le Burundi constitue un marché d’écoulement pour les pays membres des communautés car il n’a presque rien à offrir sur le marché international. Les quelques peu de produits à exporter accuse un défaut de normes. Pour pouvoir intégrer donc une communauté économique, il ne faut pas se précipiter, mais plutôt, il faut avant tout préparer l’offre.

Jean Claude Ntibaneneje du service promotion des investissements à l’ADB

« L’intégration économique régionale est un pilier incontesté de la croissance économique car elle permet l’ouverture d’un vaste espace commercial, toutefois, elle peut aussi s’avérer dangereuse sur le plan économique, si on y adhère sans s’y être préparé », indique Jean Claude Ntibaneneje du service promotion des investissements à l’Agence de Développement du Burundi (ADB). Il conseille qu’avant d’intégrer un bloc économique, il ne faut pas se précipiter, mais plutôt, il faut préparer l’offre. Par l’offre, il faut comprendre les produits à mettre sur le marché. Des produits de qualité et diversifiés. De plus, informe-t-il, il faut un avantage comparatif, c’est-à-dire analyser que les avantages sont équitables dans une communauté. Si on remarque qu’il n’y a pas de profit, vaudrait mieux n’est pas adhérer. Comme il l’indique, le Burundi à l’instar d’autre pays, doit se spécialiser et avoir une ligne de production. Cela supposer le développement d’un secteur quitte à concurrencer d’autres pays sur le marché international comme le cas du Cacao en Côte d’Ivoire ou du pétrole au Soudan. M.Ntibaneneje trouve qu’il faut aussi développer une économie d’échelle. C’est-à-dire qu’’une augmentation des volumes des produits conduit à une baisse de son coût de production unitaire.

Pour pallier à cette situation, M.Ntibaneneje recommande l’organisation de l’économie burundaise qu’il juge non organisée. Il indique que l’économie du pays doit être organisée  comme l’économie de la famille.  Il ajoute qu’il faut mettre en place des structures qui servent de pivot pour améliorer la production, mais aussi développer le secteur industriel. Pour lui, le secteur industriel est encore au stade embryonnaire.

Une balance commerciale déficitaire

Le Burundi enregistre une balance commerciale déficitaire. C’est-à-dire que la  valeur des exportations est inférieure à celle des importations.  A l’inverse, la balance est dite excédentaire. Selon les données de la BRB, depuis 2005, la balance commerciale va en dent de scie. A cette période, Jean Claude Cibogoye, la valeur des exportations était estimée  à -250 milliards de FBu. En 2019, elle était  estimée à -1 5000 000,0 FBu. Selon les mêmes données, la balance commerciale a été excédentaire en 1964 et 1977.

Le Bulletin de l’OBR de 2020 indique que les exportations du Burundi ont diminué de 68,9% au second trimestre 2020. Au second trimestre 2020, les exportations ont diminué de 68,9% par rapport à la même période de 2019, passant de 99 114,2 millions BIF à 30 827,7 millions BIF. C’est au moment où les importations ont augmenté de 13,1% au second trimestre 2020. Les importations du pays ont augmenté de 13,1% au cours de cette  période passant de 368 495,4 millions BIF en 2019 à 416 746,6 millions BIF en 2020.

Les exportations ayant diminué alors que les importations ont augmenté, les termes de la balance commerciale restent déficitaires. En effet, la balance commerciale au second trimestre 2020 accuse un déficit de 385 918,9 millions BIF. Par rapport à la même période de 2019, elle s’est détériorée de 43,3%.  Les échanges commerciaux ont diminué de 4,3% par rapport à la même période de 2019. Le taux de couverture des importations par les exportations a perdu 19,5 points au second trimestre 2020, passant de 26,9% en 2019 à 7,4% en 2020.

« Les chantiers qui nous attendent sont nombreux »

Didace Ngendakumana, Directeur Général de l’ADB

« Au vu de la performance commerciale actuelle dans les Communautés Economiques Régionaux, il va sans dire que les chantiers qui nous attendent sont nombreux. La mission qui est la nôtre consiste à relever les défis et les contraintes notamment le manque ou la déficience du savoir-faire des entreprises face à la concurrence d’autres pays, la dépendance sur les produits de base qui est un handicap majeur face à la performance commerciale », fait savoir Didace Ngendakumana, le Directeur Général de l’ADB. De surcroit, explique-t-il, les quantités exportées sont largement moindre  pour compenser les besoins en termes de produits de consommation et d’investissement importés, d’où le déséquilibre entre les importations et les exportations. En plus, les institutions d’appui à l’investissement et au commerce manquent des ressources et moyens pour s’acquitter de leurs devoirs.  Pour lui, la synergie de tous les  intervenants et une meilleure coordination des actions d’appui et d’accompagnement des entreprises pourront apporter une plus-value afin d’améliorer progressivement la situation de la balance commerciale du pays.

Quand en est-il avec les pays de l’EAC ?

La ligne rouge représente la valeur des exportations en provenance de l’Ouganda vers le Burundi. La ligne bleu représente la valeur des exportations en provenance du Burundi vers l’Ouganda

Même les pays avec qui il partage la communauté, le Burundi n’est qu’un grand acheteur. La balance est déficitaire. L’inverse s’observe avec la RDC où en 2019, la valeur des exportations représentait plus de 31 milliards de FBu. De 2001 à 2020,  le Burundi exportait dans la communauté moins que l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya. Nonobstant, avant l’intégration du Burundi dans l’EAC, en 2007, la valeur des importations était égale à la valeur des exportations (2006).  « L’adhésion du Burundi dans la CAE qui date de 2007 a été plus favorable aux partenaires qui ont vu leurs exportations vers le Burundi s’améliorer au détriment des exportations du Burundi », constate Cibogoye.

Comment inverser la tendance ?

Cibogoye invite les burundais à consommer les produits locaux et privilégier le « Buy  Burundians »

Pour inverser la tendance, Cibogoye invite les burundais à consommer les produits locaux et privilégier le « Buy  Burundians ». De plus, il conseille l’exploitation d’autres secteurs d’activités comme l’a indiqué, l’étude de Trade Mark East Africa  à travers la diversification des exportations (Café de spécialité,  thé de spécialité, huiles essentielles, la pêche, l’artisanat et le tourisme) auxquels on ajoute l’exploitation des matériaux de construction, des produits agro-alimentaires, les ustensiles  (promouvoir la poterie et la vannerie), les meubles, etc.

Pour Didace Ngendakumana, DG  de l’Agence de Développement du Burundi (ADG), cette agence continuera à offrir des avantages liés au code des investissements afin d’inciter les investisseurs burundais et étrangers à venir investir au Burundi. De plus, elle continuera à organiser des fora avec les autres pays de la communauté ou de la région afin de partager les expériences, mais aussi les opportunités de marchés.

Notons qu’actuellement, les communautés économiques régionales se comptent à plus de 250 dont 30 en Afrique. Le Burundi appartient à l’East African Community- EAC (7 Etats membres),  à la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs- CEPGL (3 Etats membres), à la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Central- CEEAC (11 Etats membres), au Common Market for Eastern and Southern Africa –COMESA  (21 Etats membres), à la Zone de Libre Echange Continentale Africain-ZLECAF (54 Etats membres).

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