Journée Internationale de la Fille: Des défis persistent

Chaque année, le monde célèbre la Journée Internationale de la Fille. Au Burundi, cette journée arrive au moment où les filles restent confronter à des défis de taille dont des grossesses non désirées, la discrimination, des abandons scolaires,  des violences basées sur le genre, etc.

« La fille burundaise reste confronter à  pas mal des défis pendant sa croissance. Elle est toujours objet  de discrimination, des violences basées sur le genre, des mariages précoces, des grossesses non désirées. Ce qui maintient, elle,  sa famille et le pays dans la pauvreté », déplore Guyanne Akeza, présidente de l’association Women Initiative for Development (WID).  Elle ajoute que dans certaines familles, envoyer une fille à l’école reste une équation à plusieurs inconnues. Elle affirme que les filles sont moins considérées et valorisées par rapport à leurs frères.  Elle informe que ces familles s’appuient sur certains concepts comme «  les filles n’ont pas besoins d’étudier. Le mari est le premier diplôme », ce qui, d’après Mme Akeza, décourage les filles et les pousse à abandonner l’école avant qu’elles décrochent  leurs diplômes.

Pour elle, celles qui ont la chance de fréquenter l’école, rencontrent elles aussi pas mal de défis dont des viols commis par leurs enseignants en échange de points, la maltraitance de leurs camarades de classe garçons quand elles obtiennent une note supérieur par rapport à celles qu’ils ont eues. Mme Akeza, déplore que le calvaire arrive lorsqu’il s’agit d’une fille non scolarisée. Elle est maltraitée par sa famille et son entourage. Ses droits sont bafoués sans pourtant savoir à quels saints se vouer.

D’après la présidente de WID, l’effectif des filles semble élevé à l’école fondamentale mais, au fur et à mesure qu’elles avancent de classe, les effectifs s’amenuisent. Ce qui explique que le Burundi ne pourra jamais se développer s’il y a une partie de la population qui est restée  derrière à en croire le Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2008 (52 % des femmes contre 48 % des hommes). Ainsi, elle demande au Gouvernement de continuer à arrêter des stratégies visant à promouvoir la fille burundaise.  Continuer à leur prodiguer des enseignements, surtout ceux en rapport avec la santé sexuelle et reproductive afin de réduire les grossesses non désirées et le mariage précoce chez ces dernières. Aux jeunes filles, elles leur demande d’avoir toujours une vision et ne pas gâcher leur vie. Regroupez-vous dans des coopératives afin de préparer votre avenir », leur lance-t-elle.

Traduire en justice ceux qui trichent sur les jeunes filles

Angeline Ndayishimiye, Première Madame du pays a, dans son allocution, invité la population à traduire en justice quiconque abuse les filles. Aux cours et tribunaux, elle leur demande de prononcer un jugement aux auteurs des violations des droits des filles sans subterfuge. Cependant, les filles doivent jouer un rôle non négligeable. Mme Angeline leur conseille à préserver leur dignité et d’avoir toujours une vision de leur avenir. Elle leur demande également de garder leur virginité jusqu’à fonder leur foyer. De plus, dit-elle, «  Méfiez-vous de l’ivresse, la consommation des stupéfiants, des ligalas, la prostitution et les pratiques sexuelles ». Elle leur conseille également de retrousser les manches et travailler assidûment sans pour autant penser qu’elles auront des choses dont elles besoin chez leurs maris quand elles seront mariées.

« La contribution de tous et chacun est nécessaire » 

Imelde Sabushimike, ministre en charge du genre a quant elle fait savoir que des avancées sont remarquables malgré les défis qui persistent. Elle fait référence à certaines lois édictées en faveur de la promotion de la fille Burundaise. Elle cite notamment la loi no 1/ 13 du 22 septembre 2016, portant prévention, protection des victimes et répression des violences basées sur le genre.  Elle ajoute que nul n’ignore que la fille c’est la mère de demain. D’où elle mérite une attention particulière et une promotion consistante

« Nous ne pouvons pas aspirer à un développement si les droits de la fille ne sont pas respectées, cela pour un avenir meilleur d’une nation », dit-elle.  Si la fille a rencontré des difficultés pendant sa croissance, c’est un grand défi parce que cela affecte sa vie future. « Une femme forte se prépare dès son jeune âge », réaffirme Mme Sabushimike. Pour y parvenir, la contribution de tout et un chacun est nécessaire. Les medias, les associations, les gouvernements et ses partenaires ainsi que les Organisations Non  Gouvernementales locales ou étrangères.

13 millions dans le monde contraint à  se marier précocement

Neils Scott, nouveau coordinateur résident des Système des Natiins Unies indique que cette journée offre une opportunité d’écouter les voix des filles, mettre en lumière leurs besoins et s’engager sur les voies de solutions  possibles. Citant la déclaration de la directrice exécutive de Unfpa, il indique : « écoutons les filles et  défendons leurs droits. C’est le droit de chaque fille de parler et d’être entendu ». Dans sa déclaration lue par M. Scott, la directrice de Unfpa précise « trop souvent, leurs voix sont réduites au silence, dans les ménages, dans les écoles et dans la sphère publique. Pour des millions de filles dans le monde le silence est imposé par des mutilations génitales féminines, le mariage des enfants et d’autres pratiques néfastes ». Il fait remarquer que non seulement, ces pratiques violent l’intégrité corporelle et d’autonomie d’une fille, mais elles lui volent également sa confiance et sa capacité à faire des choix éclairés sur sa vie. 

Pour lui, ces pratiques se produisent même  au moment de la pandémie. M. Scott révèle qu’une étude de UNFPA et de ses partenaires montre que la pandémie pourrait entraîner 13 millions de mariage d’enfants supplémentaires et 2 millions de mutilations génitales féminines d’ici 2030. De plus, ajoute-il, les grossesses chez les adolescentes sont à la hausse. Les filles enfermées et non scolarisée sont à la hausse. « Nous devons donc nous assurer que d’ici 2030, les filles ne sont pas laissées pour compte ».

Le thème retenu internationalement cette année est : « Ma voix, l’égalité pour notre avenir ».  Après avoir été adapté au congrès burundais, elle est devenu « Portons loins nos voix pour la promotion de la jeune fille Burundaise ».

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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