La COSSESONA s’inquiète de l’ingérence des autorités dans leur organisation

En vue de s’exprimer sur les préoccupations qui hantent le secteur de l’éducation notamment le retour des enseignants redéployés, la lenteur dans la mise en œuvre de la politique salariale et l’ingérence dans le fonctionnement des syndicats, la Coalition des Syndicats des Enseignants COSSESONA a organisé une conférence de presse ce jeudi 24 septembre 2020. Pour la coalition, une solution contextuelle sur toutes ces questions s’avère urgente

« Alors que le dialogue social était suffisamment avancé dans le monde du travail burundais, les syndicats des enseignants s’étonnent des communications tenues ces derniers jours par certaines autorités tendant à ternir l’image des syndicats», indique Emmanuel Mahandari, vice-président de Cossesona. Ici, il fait référence aux propos tenus le 17 septembre 2020 par la Ministre de la fonction, lors des questions orales à l’Assemblée Nationale. D’après Mashandari, la ministre a démontré, à travers ces propos qu’elle ne reconnait pas le travail et la contribution des syndicats pour le bon déroulement du travail. Il révèle que la ministre a indiqué que les syndicats ne travaillent pas pour les bénéfices des syndiqués  mais pour leurs intérêts. Pour M.Mashandari, ces propos risquent de dresser les enseignants syndiqués contre leurs représentants ou d’inciter les non syndiqués à mettre en doute le rôle, la mission et le fonctionnement des organisations syndicales.

« Il est inconcevable qu’une autorité ayant la gestion des syndicats dans ses attributions fasse une communication qui met en cause le fonctionnement des syndicats sans qu’elle ait eu le temps d’organiser une séance d’échange avec les concernés », déplore-t-il. Selon lui, il aurait fallu passer par le dialogue social, qui est une réalité dans certaines administrations publiques burundaises pour gérer ou règlementer l’un ou l’autre point qui prête à confusion. Mashandari dit ne pas comprendre que comment les autorités veulent s’ingérer dans l’organisation des syndicats alors que ces derniers ne sont pas des associations agréées. Il rappelle que le monde du travail est suffisamment règlementé par les instruments juridiques nationaux et internationaux que le Burundi a ratifiés et intégré dans sa législation. Et de préciser que l’article 3 de la convention 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndicale dispose en son alinéa 1 que « les organisations des travailleurs et des employeurs ont le droit d’élaborer leur statut et règlement administratif, d’élire leur représentants, d’organiser leur gestion et leurs activités et de formuler leur plan d’action ». En  son alinéa 2, la même convention dispose que « les autorités publiques doivent s’abstenir de toute intervention de nature à limiter ce droit ou à en entraver l’exercice légale ».

Mashandari trouve que l’intervention de Mme la ministre n’aurait pas sa place si elle avait réuni les représentants syndicaux pour avoir la lumière au lieu de se référer sur ce qui se dit ici et là afin d’éviter des allégations gratuites et globalisantes.

Pour pallier à ce manquement, M.Mashandari demande de respecter le  prescrit de la charte nationale du dialogue social, d’éviter de tenir des communications qui risquent de déstabiliser le milieu du travail et qui incitent les syndicats à recourir aux mouvements d’arrêt du travail malgré qu’ils avaient opté pour un syndicalisme responsable et constructif. De plus, de s’abstenir des communications tendant à créer la confusion dans les relations entre les travailleurs eux-mêmes et leurs organisations syndicales.

Retour des enseignants redéployés et politique salariale

Alors que les enseignants redéployés  attendaient un retour à leur école d’origine, de nouvelles recrues ont été engagées pour occuper leur place. Ce qui a, d’après la Cossesona, amené les enseignants à constater une injustice sans précédent. Les enseignants ont été redéployés car, juge de trop au poste d’attache initial. D’où conclut la Cossesona, « il est donc inconcevable qu’un nouvel enseignant soit engagé là où il y a eu un redéployé.

Quant à la politique salariale qui devrait être concrétisée avec l’année 2018, la Cossesona s’inquiète de la lenteur qui s’observe ces derniers jours. Elle  déplore le fait que l’administration brille par le silence et se contente de donner des rendez-vous qui ne sont pas honorés. Cependant, la Cossesona espère avoir la 6ème tranche d’indemnités  pour corriger les disparités salariales.

Notons que la 5ème tranche d’indemnités  avait été réclamée par les syndicats des enseignants après avoir constaté que la politique d’harmonisation salariale ne sera effective dès le mois de janvier 2020 comme le gouvernement l’avait promis.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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