La CVR accuse un manque de moyens financiers suffisants

La Commission Vérité et Réconciliation (CVR) a, mardi 14 janvier 2020, présenté devant le parlement réuni en congrès son rapport-étape, exercice 2019. Les sénateurs et parlementaires ont demandé à la CVR d’enquêter aussi sur le rôle des puissances coloniales dans les massacres qu’a connu le Burundi. Ils ont demandé également qu’une lumière soit donnée  sur l’assassinat des Chefs d’États élus démocratiquement  mais qui ont été tués sauvagement. Cependant, la CVR affirme qu’elle fait face au manque de moyens pour exercer pleinement sa mission

« La commission vérité et réconciliation dispose d’un effectif  provisoire de 142 505 personnes tuées ou portées disparues au cours des différentes clivages politiques et ethniques qu’a connu le Burundi », indique l’Amb.Pierre Claver Ndayicariye, président de la CVR dans le rapport-étape,  exercice 2019. Ce rapport note  qu’il y a des hutu et des tutsi qui se sont donnés corps et âme pour protéger les personnes dont ils ne partageaient pas l’ethnie. Ce rapport montre aussi des centaines de fosses communes éparpillées ici et là sur le territoire burundais dont certains sont identifiés aux moments où d’autres restent méconnues. Cependant, la CVR reconnaît que le chemin reste encore long au regard de l’agenda assigné à la CVR et les moyens financiers qui ne suivent pas.

Les résultats de l’enquête

L’Amb. Ndayicriye qui a présenté le rapport indique que les massacres du 3  mai 1996 perpétrée dans la province Bubanza précisément à Kivyuka a fait 400 morts. D’après  Ndyicariye, l’enquête sur ces massacres arrive à un stade satisfaisant. Il précise que les fosses communes ont été connues suite aux travaux de développement qui étaient en train d’être exécutés dans cette province. Il cite la construction de la route asphaltée Bubanza-Ndora. Pour mener ces enquêtes, la CVR indique qu’elle a travaillé étroitement avec les administratifs à la base, les corps de défense et de sécurité, les rescapés, les différentes associations dont l’Association pour la Dignité et la Solidarité de Bubanza (ADS/Bubanza).

De plus, ajoute Claver Ndayicariye, la CVR a enquêté aussi sur les fosses communes qui ont été  découvertes dans la province Mwaro. Dans cette province, 181 fosses ont été identifiées. Amb. Ndayicariye fait savoir qu’une enquête sur les massacres qui ont eu lieu dans la nuit du 11 au 12 juin 1995 à l’université du Burundi a été lancée.

Les fosses communes identifiées dans toutes les provinces

En mairie de Bujumbura, 74 fosses communes ont été identifiées. A Ngozi, 337 fosses communes; à Karusi, 91 fosses communes; 181 en province Mwaro; 315 à Muramvya; 133 à Ruyigi; 396 à Rumonge; 88 à Bururi; 207 à makamba; 345 à Cibitoke; 240 à Bubanza; 322 à Kayanza ; 200 à Kirundo, 119 à Rutana, 640 à Gitega, 184 à Muyinga, 41 à Cankuzo et 250 à Bujumbura.

D’après Ndayicariye, la province de Makamba a été la plus touchée surtout dans la commune Mpanda. Dans cette province,  la CVR a recensé trois fosses communes contenant plus de 75 personnes.

 En mairie de Bujumbura, la CVR a recensé le 16 juillet 2019, une fosse commune dans la parcelle de l’entreprise METALUSA. A Ngozi, dans la vallée de Ndurumu commune Marangara la CVR y a travaillé le 5 novembre 2019 et 6 fosses communes ont été retrouvées lors de la construction d’un barrage hydroagricole.

En mairie de Bujumbura, des fosses communes sont identifiés à l’ex marché de Kamenge. Ces derniers contenaient les restes d’hommes, les habits ou les chaussures qu’ils portaient, les cartes d’identité ou badges ainsi que les armes blanches dont de serpes, des machettes, des pioches ainsi des pelles.

Les défis auxquels font face

Comme l’indique Pierre Claver Ndayicariye, la CVR fait face à un certain nombre de défis dont le manque de renforcement des capacités de ses  membres à l’étranger, l’insuffisance des moyens financiers et humains, l’exiguïté du bâtiment abritant les bureaux de la CVR et le manque d’un bâtiment pour la conservation des restes d’hommes. De surcroit, le président de la CVR demande au gouvernement de couvrir tous les besoins ci-haut énumérés pour permettre à la CVR de mener à bon port les missions qui lui sontassigné.

Les députés et sénateurs promettent.

Face à tous ces défis, les députés et sénateurs promettent de plaider auprès du gouvernement pour que l’état dote la CVR tous les moyens dont elle a besoin. Cependant, ils demandent à cette commission de fractionner les moyens dont elle besoin afin de  permettre au gouvernement de donner les moyens périodiquement car, trouver la totalité de ces moyens financiers en unseul coup  constituerait un fardeau pour le gouvernement. Les députés réunis en congrès demandent  à la CVR de pencher aussi sur certaines questions qu’ils jugent épineuse. Reverien Ndikuriyo, président du Senat trouve que la recherche de la vérité ne doit pas concerner seulement la recherche des personnes tuées ou portées disparues ou sur les fosses communes mais, elle doit aussi concerner les puissances coloniales, surtout laBelgique  qui ont initiée les divisions ethniques.

Hon. Agathon Rwasa, 1er Vice-Président de l’Assemblée Nationale

Agathon Rwasa, le premier vice-président  de l’assemblée nationale quant à lui trouve que les administratifs doivent changer de mentalités et comprendre que la cohabitation pacifique constituela clé pour la paix et la sécurité. Il invite plutôt ces derniers à barrer la route aux problèmes qui ont endeuillé le Burundi pour que ce dernier ne retombe pas dans les démons du passé. Il dit ne pas comprendre qu’après 60 ans depuis l’indépendance, il y a des gens qui ont toujours les mêmes mentalités.

Notons que la CRV a le mandat d’éclairer la communauté nationale et internationale sur les problèmes qui ont endeuille le Burundi depuis les 1885 jusqu’en 2008. 

Recommended For You

About the Author: Mathias Ntibarikure

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Covid-19

Mwirinde Corona

Actualités à la une