La police burundaise déterminée à éradiquer la corruption

Dans le but de sensibiliser la population sur la lutte contre la corruption sur la voie publique et la vulgarisation du numéro vert 143, la mairie de Bujumbura et l’inspection générale de la police nationale a organisée ce mardi 25 août  un atelier y relatif. A travers les échanges et les présentations, l’on constate que malgré les efforts déjà déployés, le chemin reste encore long. Raison pour laquelle, la police et l’administration sont invitées à collaborer en vue d’endiguer ce fléau qui met à genou le développement du pays.

Le Commissaire de Police, Sylvestre Manirakiza indique que depuis  2012, le gouvernement du Burundi s’est doté d’un programme Nationale de réforme de l’administration publique. Ce programme vise le renforcement des capacités institutionnelles des organisations, la mise en place d’une administration qualifiée, performante et responsable. Comme institution gouvernementale, la police Nationale du Burundi s’est inscrite dans cette logique pour l’accomplissement des objectifs du gouvernement.

Pour ce faire, dit-il, en vue d’améliorer ses relations avec la population, elle a initié un processus de changement de mentalité en passant par la police de proximité au concept de «  Igipolisi kizira igiturire »

Il ajoute que dans la même logique, l’Inspection générale de la sécurité publique et de la gestion des catastrophes a prévu dans son plan d’action 2019-2020, le renforcement des capacités institutionnelles en leadership. Ainsi, elle a organisé une formation en leadership transformationnel des hauts cadres du ministère. A la suite de cette formation, le ministère de la sécurité publique et de la gestion des catastrophes a mis en place du projet «  Police Modèle » ayant pour vision d’inculquer aux policiers les valeurs d’intégrité et de professionnalisme. Et, l’acquisition de ces valeurs conduira a l’atteinte de l’objectif de la police qui est de service sans rien demander en retour.

Cependant, un état des lieux décevant

CP Manirakiza indique qu’âpres plusieurs descentes inopinées effectuées dans les commissariats généraux et régions de polices, la police a constaté  certains manquements qui nécessitent un redressement urgent afin d’atteindre le pari. Il souligne que ces manquements sont matérialisés par la corruption et la concussion commises lors des contrôles routiers, sur les checkpoints, les ponts, lors des fouilles perquisition et dans les bureaux. Il s’agit également de la multiplication des points de contrôles routiers, le monnayage des services, le traitement des dossiers civils suivi par des détentions arbitraires. Il s’agit également de la lenteur dans la mise en exécution des instructions de la hiérarchie, la lenteur dans le constat des accidents de la circulation routière et dans la délivrance de certains documents administratifs.

Des actions menées en vue de pallier à ces manquements

Dans le but d’endiguer tous ces manquements, la police Burundaise a mené pas mal d’actions dont le sondage de la perception de la population sur l’attitude des policiers. Les résultats des sondages montrent que la police Burundi n’excelle nulle part car sur une note de 5 points, la note varie entre 2 et 35. Aussi, la police a vulgarisé le projet police modèle à l’endroit des cadres de la police nationale, des autorités municipales, des associations des transporteurs, des comités mixtes de sécurités, des administratifs à la base en mairie de Bujumbura. La police a procédé également à la réduction des ponts de control sur les tous les axes menant vers l’intérieur du pays pour éviter tous les tracasseries routières. Aussi, une sensibilisation des différentes structures de police et les autres partenaires en matière de sécurité pour l’amélioration des performances de la police nationale du Burundi a été effectuée à laquelle on ajoute la mise en place d’un numéro vert 413 pour dénoncer tout abus. De plus ajoute la police, le nombre de véhicules de permanence pour le constat d’accidents de la route a été revu à la hausse. Il est passé de deux véhicules à  quatre.

Pour lui, le but ultime recherché par la police est la rapidité dans le traitement des dossiers, la diminution sensible de la corruption sur la voie publique et dans les bureaux, le respect des délais dans la délivrance des documents administratifs, la fluidité dans la circulation sur la voie publique et une nette amélioration des relations police-population.

L’ATRABU satisfait

Au  niveau de l’Association Burundaise des Transporteurs ATRABU, l’on apprécie l’implication de la police dans la lutte contre la corruption, mais elle déplore que des fois c’est la police même qui contraint la population à corrompre. Charles Ntirampeba, secrétaire Général  de cette Association précise qu’il reste à voir si les recommandations formulées  seront mise en œuvre. Il ajoute qu’il est devenu coutume que les mesures sont prises mais que les actions ne suivent pas. Il affirme que l’ATRABU ne donnera plus de corruption. De notre part, ajoute-il,  nous allons sensibiliser les transporteurs sur les mesures prises et les conséquences qui tomberont sur ceux qui les passeront outre. Il estime qu’au niveau de la police, les mêmes messages seront donnés à la police de roulage afin d’endiguer la corruption.

M. Ntirampeba, informe que l’ATRABU reçoit des plaintes en mairie de Bujumbura ou de l’intérieur du pays faisant état de la corruption due à la défaillance des services publics qui font que certains usagers de la routes et, spécialement ceux faisant le transport rémunéré des personnes. Cela est lié à la lenteur dans l’octroi des documents dont le control technique. Il déplore le fait que le requérant peut passer plus de trois jours sans l’avoir eu. «  Prenons par exemple, une personne qui vient de Cankuzo pour chercher ce document. Il passe trois jours dans un hôtel ou il mange et dorme. Cela peut le pousser à corrompre pour que les services deviennent rapide », dit-il. C’est le même cas au niveau du ministère du transport ou avoir l’autorisation de transport est un casse-tête. Il interpelle donc ces services à octroyer les services rapides afin de barrer la route à  la corruption. Il souligne que la corruption n’existe pas seulement entre le policier et le transport, elle peut exister entre le transporteur et un autre service public ou privé.

Au niveau de la mairie l’on indique qu’un pas a été franchi même s’il y a encore à faire. Jimmy Hatungimana, maire de la ville de Bujumbura précise  que la mairie va emboiter le pas à la police étant donné qu’elles partagent un même ministère. Dans le temps, dit-il, on disait que c’est la police qui est à l’ origine de la corruption mais, ce qui est grave encore c’est que le policier et le corrupteur ne sont appréhendés au même moment. Pour lui, il faut faire en sorte que la police, l’administration et d’autres services travaillent en synergie pour que la corruption soit combattue.

Commissaire de police principal, Christophe Manirambona, directeur général adjoint de la police précise que la lutte contre la corruption est un combat de tous et de tous les jours. Et de lancer, nous venons de prendre une décision que « chaque fois que la police ou l’administration trouve dans un endroit quelque  part ou on vend ou consomme des boissons prohibées ou des stupéfiants les promoteurs, les  autorités administratives et  la police responsable du secteur seront tous traduits devant la justice »

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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