La police Nationale ordonne la fermeture des sociétés de cryptomonnaies

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Dans une conférence de presse de présentation des réalisations du ministère de la sécurité publique et de la gestion des catastrophes du 1er semestre 2019-2020, le  Commissaire de Police Générale, Alain Guillaume Bunyoni a accusé les sociétés de cryptomonnaie de promouvoir l’escroquerie dans le but de rançonner les gens. Il a ordonné  ainsi la fermeture de toutes ces sociétés et appellent les gens à la prudence et à dénoncer ces sociétés

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Samedi 11 janvier 2019, la société  de cryptomonnaie Crowd 1 a lancé officiellement ses activités  en mairie de Bujumbura. Une foule immense était présente. Parmi eux, des étrangers surtout africains dont des kenyans, des tanzaniens, des congolais  et d’autres. Des chansons et des danses agrémentaient les festivités. Sous le thème : « impossible is nothing » qui se traduit en Français «  rien n’est impossible ». Les bénéficiaires de Crowd1 ont témoigné le niveau de richesse sur lequel il se trouve en un laps de temps. Cela pour éveiller la conscience des autres. Certains ont témoigné avoir acheté des maisons, des véhicules, des parcelles etc. Cependant, en date du 15 janvier 2019, plus de 300 membres de la société Crowd1 ont  été arrêtés en pleine réunion mardi  le soir dans la ville de Bujumbura.

Dans une conférence de presses de présentation des réalisations du  ministère de la sécurité publique pour le 1er trimestre de l’année 2019-20, le Commissaire de Police Générale, Alain Guillaume Bunyoni a informé que les sociétés de cryptomonnaie sont  une escroquerie qui consiste à rançonner les gens. Raison pour laquelle, il ordonne la fermeture de ces sociétés et appellent les gens à être prudents et à les dénoncer.

Godefroid Ndaritezimana, secrétaire général de la société Crowd1-Burundi rejette les accusations. «Nous sommes une société agréée par l’Agence pour la Promotion des Investissements. Elle est une société d’actionnaires qui veulent créer une microfinance. Nous ne pratiquons pas la crypto monnaie», a-t-il fait remarquer.

La BRB avait alerté

Dans une circulaire du 20 août 2019, la Banque de la République du Burundi (BRB) avait alerté de l’existence d’activité d’investissement et de commercialisation des monnaies virtuelles : Bitcoin, Ether, Litecoin, Onecoin, BTC, Fahari cash Coin et d’autres produits similaires qui sont des moyens de paiement non réglementés par aucune autorité monétaire. «Etant donné que les monnaies virtuelles ne sont ni règlementées ni émises ou garanties par aucun gouvernement ou aucune banque centrale, ces monnaies n’ont pas de cours légale sur le territoire du Burundi», lit-on dans  cette circulaire.

Histoire des cryptomonnaies

En pleine crise financière mondiale en 2009, le concept de monnaie virtuelle fait son irruption sur le marché. C’était une monnaie qui se veut très forte et qui échappe à tout contrôle. Les cryptomonnaies comme on les appelle proliférèrent au fil des années. Contrairement aux monnaies classiques qui existent sous forme de billets et de pièces, la cryptomonnaie n’a aucune forme physique. Son nom vient de la cryptographie (littéralement écriture secrète en grec). De nombreux internautes s’intéressèrent de plus en plus à ces plateformes d’épargne et de paiement qui dérogent à toute règlementation des Etats et des institutions financières internationales. Ce qui a éveillé la crainte, puis la vigilance des institutions financières et monétaires classiques du monde entier.

Bitcoin, pionnier de la monnaie virtuelle

Le bitcoin est à l’origine, un moyen de paiement sur Internet. Une monnaie virtuelle qui ne dépend d’aucun Etat, sans pièces ni billet de banque et sans autorité de régulation. Tout son fonctionnement repose sur un réseau d’utilisateurs qui stockent des séquences d’informations cryptées et sécurisent ainsi les transactions en ligne. Pour s’en servir, il suffit de créer un portefeuille de bitcoins sur Internet. Comme n’importe quelle devise, on peut changer ses fonds en Bitcoins. Chaque compte en Bitcoin est sécurisé par un mot de passe d’au moins 50 caractères.

Le fondateur du Bitcoin, monnaie virtuelle emblématique, demeure un mystère. On attribue Bitcoin à Dorian Satoshi Nakamoto (pseudonyme), un japonais naturalisé américain. Il a été le premier à utiliser pour la première fois, une monnaie virtuelle sur le forum des utilisateurs. Cette technologie séduit de plus en plus les utilisateurs du web qui espèrent un retour sur investissement important.

Monnaie virtuelle vs monnaie électronique

Les monnaies virtuelles diffèrent des monnaies électroniques. La monnaie virtuelle est créée à partir des écritures algorithmiques avant de circuler sur les plateformes numériques. Il n’y a pas d’émission de monnaie physique. Par contre, la monnaie électronique désigne l’argent en circulation sur les plateformes numériques. Il s’agit simplement du transfert électronique de l’argent, le paiement par téléphone ou autres terminaux de paiement, le mobile Banking, l’achat ou la vente des produits en ligne, etc. Les utilisateurs de ces plateformes ont la possibilité de retirer les billets ou les pièces de monnaie.

Pourquoi la réticence des autorités monétaires ?

Pour le cas du Burundi, il est prématuré de parler de monnaie virtuelle. Les utilisateurs de monnaie virtuelle ne sont en réalité que des traders, c’est-à-dire des courtiers qui créent des portefeuilles numériques. Ils les utilisent via le marketing de réseau pour attirer plus d’utilisateurs sur leurs plateformes. C’est  donc sans doute, dans le souci de protéger les banques locales et de veiller à la stabilité monétaire que les autorités monétaires du monde entier suivent à la loupe, les cryptomonnaies. La banque centrale a sorti un communiqué sur l’utilisation des monnaies virtuelles au Burundi.

Les cours des monnaies virtuelles sont très volatiles

Les monnaies virtuelles ne génèrent aucun coût de transactions au sens strict. Elles permettent de faire les transactions de façon instantanée. Elles n’ont pas de frontières et permettent de faire des placements n’importe où et les dépenser n’importe quand. Elles sont utilisées dans l’achat des voitures, des équipements électroniques, etc. Bref, elles interviennent dans le commerce international.

La monnaie virtuelle repose sur un prix plus ou moins aléatoire qui ne dépend que du marché (offre et demande) et des algorithmes. Il est très difficile voire impossible de donner une vraie valeur à cette monnaie. Le nombre d’utilisateurs qui fait des placements et/ou achète des produits en Bitcoin explique en partie la volatilité des monnaies virtuelles par rapport aux autres monnaies. En 2018, le bitcoin a frôlé la valeur de 11 000 USD, un niveau jamais atteint depuis sa création.

L’autre reproche à l’endroit des monnaies virtuelles est qu’elles sont répandues dans le commerce illicite et le blanchiment d’argent. Les économistes considèrent la monnaie virtuelle à la fois comme une monnaie alternative et un objet de spéculation. Les utilisateurs de la monnaie virtuelle rassurent que cette technologie n’asphyxie pas le secteur bancaire mais que par contre, elle va le révolutionner.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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