La représentativité des femmes, une préoccupation de l’AFRABU

Malgré les efforts multiples et variés qui ont été entrepris par les différents acteurs, la femme reste sous représentée avec une moyenne globale de 18%. C’est le résultat d’une enquête qui a été menée par l’Association des Femmes Rapatriées du Burundi (AFRABU) à travers une étude portant sur l’ « Etat des lieux sur la participation de la femme dans les instances de prise de décision et son inclusivité dans les processus de paix et de sécurité ». C’est ce qui a été dit lors d’un café de presse du 3 Août 2020

Aux rangs les plus élevés des structures décisionnelles nationales, la représentation féminine n’a pas connu d’évolution majeure depuis quelques années. Dans les différents organes, les femmes sont toujours minoritaires, leur représentation est estimée à 18 % au niveau national, c’est au moment où l’électorat de la plupart des burundais est majoritairement féminin.

Godelieve Manirakiza, présidente de l’AFRABU indique que l’objectif de cette étude est de vulgariser les résultats de la représentativité de la femme et de susciter leur appropriation. Elle fait savoir que lorsqu’on examine la vie des femmes, du contexte social, économique et politique, l’égalité de participation aux organes de prise de décisions n’était pas seulement une simple question de justice et de démocratie. C’est une condition nécessaire pour que les intérêts des femmes soient pris en considération. Pour elle, sans une participation active des femmes et la prise en compte de leurs points de vue à tous les niveaux de la prise de décisions, les objectifs d’égalité, de développement et de paix sont impossibles à réaliser.

De l’accès égal

Selon Mme Manirakiza, les femmes ont le même droit que les hommes de participer à la gestion des affaires publiques et peuvent contribuer à redéfinir les priorités politiques et à inscrire dans les programmes politiques de nouvelles questions. L’égalité d’accès et la pleine participation aux structures du pouvoir et de la prise de décisions permettront aux femmes d’exercer des responsabilités et de renforcement de leurs capacités.

Zénon Manirakiza, consultant trouve que la culture burundaise est l’un des défis qui empêchent les femmes à s’épanouir. Il reconnaît que les femmes, une fois élues ont le pouvoir de changer les choses car, dit-il,  elles ont montré qu’elles sont capables quand on leur a placé dans les instances de prise de décisions. Il affirme que les femmes sont moins corrompues qu’aux hommes. Zénon Manirakiza donne également l’exemple des communes qui ont été dirigées par les femmes. Selon lui, elles ont connu une progression remarquable. Le consultant Manirakiza appelle les femmes nouvellement élues à promouvoir les femmes rurales et demande à l’Etat de les soutenir pour relever leurs status.

Diane Ndonse, présidente de l’association des femmes journalistes fait savoir que les femmes sont moins représentées mêmes dans les médias. Mme Ndonse trouve que les journalistes peuvent être des voix des sans voix pour qu’enfin, la représentation des femmes soit une réalité dans les différentes institutions.

Quant à Fidélité Ishatse, journaliste indépendante, elle explique qu’il y a des femmes capables qui peuvent représenter les autres. Elle souhaite que s’il y ait le choix de la représentation des femmes, qu’il faut choisir les femmes capables, ce qui pourrait contribuer au développement de la femme en général et de la femme rurale en particulier.

Appolonie Dusabe, journaliste à la Radio Isanganiro déplore le fait que les femmes rurales aient peur de s’exprimer sur les médias. Elle demande à l’AFRABU de sensibiliser les femmes nouvellement élues pour qu’elles puissent s’exprimer aux médias et sortir leurs idées.

Bien que le droit fondamental des femmes et des hommes à participer à la vie politique soit reconnu de longue date aux niveaux international et national ; dans la pratique, il existe toujours un fossé entre l’égalité dans l’exercice du pouvoir et la prise de décisions. Les intérêts et préoccupations des femmes ne sont, de ce fait, pas pris en considération lors de la prise de décisions, et celles-ci ne peuvent pas influer sur les décisions clés qui sont prises dans les domaines social, économique et politique et touchent la société tout entière. Les initiatives visant à renforcer la participation des femmes dans les structures de prise de décisions ont été retardées par de nombreux facteurs dont le manque de moyens humains et financiers destinés à la formation aux carrières politiques et à la sensibilisation et le manque d’engagement des responsables politiques en faveur de la promotion de l’égalité entre les sexes et de la participation des femmes à la vie politique.

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About the Author: Dieudonné Bukuru

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