Lac Tanganyika : Un projet d’exploitation des hydrocarbures qui inquiète

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Dans son livre “conseil du lac Tanganyika”, Albert Mbonerane, son auteur,  s’inquiète des dangers du projet d’exploration et d’exploitation du pétrole  dans le lac Tanganyika, une fois le projet mis en œuvre. L’exploitation du pétrole aura  des effets néfastes sur la santé, l’eau, l’agriculture et l’élevage, la qualité du sol, de l’eau, de l’air et des nappes phréatiques dans les zones pétrolières environnantes

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Comme on le lit dans son livre, les premiers travaux de recherche d’hydrocarbures au Burundi ont commencé dans les 1959-1960 par une prospection gravimétrique. En 1968, une reconnaissance géophysique par la méthode sismique de réflexion a été effectuée dans le bassin de la Rusizi par la fondation Lerici dans le cadre d’un projet Fonds Européen de Développement-FED.

En 1982, un levé magnétique aérien a été effectué dans la plaine de la Rusizi et dans la partie nord du lac Tanganyika sur financement du PNUD par Kenting Eart Ltd sous la supervision de Paterson Grant et Watson Ltd (canada). En 1983 et 1984, Duke University a effectué une prospection sismique dans le lac Tanganyika dans le cadre du projet probe sur financement de la société pétrolière AMO-CO.

En 1985, AMO-CO a également mené une campagne de prospection sismique gravimétrique, magnétique et d’autres travaux géologiques de surface dans la Rusizi. De 1982 à 1989, AMOCO Production Company a entamé une série de travaux de recherche sur le lac Tanganyika. En 1987, AMOCO a exécuté une campagne de forages d’exploitation dans la plaine de la Rusizi sans résultats. En collectant les données et en les interprétant, la société Sure Stream Petroleum Ltd, a conclu que le modèle du bassin du lac Tanganyika est similaire à celui du lac Albert, d’où des fortes chances de trouver des hydrocarbures exploitables dans le bassin tout en recommandant d’autres travaux de prospection sismique complémentaires.

Hormis la signature de contrats intervenue dans les années 1980 avec la compagnie AMOCO, d’autres demandes de permis n’ont été introduites qu’en 2006, lesquelles demandes ont abouti à la signature des premières conventions en 2008. Le bassin burundais du lac Tanganyika a été ainsi subdivisé  en quatre blocs A, B, C et D. les blocs B et  D  situés  dans le lac Tanganyika ont été attribués à Surestream en 2008. Les blocs A et C ont été attribués respectivement aux sociétés A-Z Petroleum Poducts Limited et à Minergy R.E limited le 30 juin 2011, trois ans après sans que l’on sache les motivations qui seraient derrière.

L’exploitation du pétrole, un danger imminent

Amb. Albert Mbonerane, l’auteur du livre: “L’exploitation du pétrole est source de pollution sans précédent”

D’après amb. Albert Mbonerane, l’auteur du livre, l’exploitation du pétrole est source de pollution sans précédent du fait que les agents chimiques se propagent même loin du lieu de leur production. Il indique que l’expérience a montré que l’exploitation du pétrole a des effets néfastes sur la santé, l’agriculture, l’élevage, la pêche, la qualité de l’air, de l’eau, du sol et des nappes phréatiques dans les zones pétrolières et celles environnantes.

Effets sur la santé

Pour M.Mbonerane, il existe une corrélation entre la contamination de l’eau par le pétrole et une incidence élevée de cancer de l’eosophage. L’inhalation des vapeurs peut provoquer des altérations des systèmes nerveux et respiratoire ainsi que des troubles chroniques des poumons. Chez les femmes exposées au pétrole, on enregistre des troubles de la reproduction dont un taux élevé d’avortement ainsi que des problèmes au niveau du développement embryonnaire.

Effets sur l’agriculture et la pêche

Le livre note que comme à l’étape d’exploration, l’exploitation du pétrole a des impacts négatifs sur la pêche. Au regard des gaz dégagés, une des conséquences est la pollution potentielle de l’atmosphère. Or, toutes les substances qui contaminent le milieu naturel peuvent être incorporées par les êtres vivants  grâce aux multiples processus métaboliques. Et, de la sorte,  ces substances vont pénétrer  dans les réseaux trophiques des écosystèmes, s’intègrent au cycle de la matière dans les biocénoses et exercent une action néfaste sur d’innombrables espècesvégétales et animales.

Effets sur la faune et la qualité des eaux

Dans les zones d’exploitation pétrolière, l’expérience a montré que  toutes les étapes d’extraction pétrolière ont un impact négatif sur la flore. Partant de l’exploration au transport par route ou par oléoduc, toutes les étapes nécessitent une déforestation temporaire ou permanente. Mais aussi, la plupart de ces étapes ont des conséquences négatives sur la faune et la qualité des eaux. Pour le cas des espèces, le parc de la Rusizi qui est une réserve naturelle protégée serait détruite au lieu d’être inscrite au patrimoine de l’humanité comme pas mal d’activistes environnementalistes le demandent. L’expérience a montré que toutes les étapes d’extraction pétrolière ont un impact négatif sur la flore.

Dans ses propos repris par l’amb. Albert Mbonerane, le lac Tanganyika indique: « Nous parlons, mais j’ai l’impression que nos voix n’arrivent pas loin. C’est vrai que le monde a besoin des hydrocarbures, mais il faut mettre ces produits sur la balance avec l’eau. Avec les technologies actuelles et à venir, on peut trouver des produits qui peuvent substituer au pétrole comme Jatrofa (bio fuel), des véhicules à gaz et des véhicules électriques. Par contre, il n’y a aucune technique qui permet de fabriquer l’eau ».

Pourtant le lac Tanganyika reconnaît avoir bénéficié des droits mais qui restent bafoués. Les détails dans nos éditions ultérieures.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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