L’AFJO-CoCaFem/GL plaide en faveur de l’augmentation du budget alloué à la prise charge des victimes des VSBG

L’Association des femmes journalistes (AFJO) et la Concertation des Collectifs des Associations Féminines de la Région des Grands-Lacs (COCAFEM/GL) ont  tenu lundi  23 novembre 2020 un café  de presse  sur la présentation de «  L’Etat des lieux de l’affectation budgétaire dans la prise en charge médicale, judiciaire ou juridique et dans la prise en charge psychosociale des victimes et survivants des violences sexuelles et basées sur le genre ( VSBG) ». D’après cette étude, l’affectation budgétaire en matière de la prise en charge des VSBG est presque insignifiante. D’où ces deux associations plaident en faveur de l’augmentation du budget à allouer à la prise en charge des nécessiteux

D’après Onesphore Nduwayo, un consultant qui a fait cette étude, les VSBG sont une réalité au Burundi. Il indique que  la situation est préoccupante à en croire les chiffres.  « 8982 cas en 2018 dont 1337 hommes et 6395 femmes (71,19% des cas) ont été rapporté ». Cependant, dit-il, au niveau communautaire, les VSBG sont occultées, méconnues et faiblement déclarées, et la  prise en charge est  lacunaire. Pour lui, très peu de VSBG sont dépistées au niveau des formations sanitaires. En conséquence, elles sont rarement diagnostiquées. De plus,  ajoute-t-il, les  agresseurs sont impunis.

D’après le consultant Nduwayo, la femme burundaise occupe une place de choix à tous les niveaux de la vie nationale : au niveau de la famille, de la communauté, de l’économie et même de la vie politique. De plus, la femme est la principale actrice dans le secteur agricole qui emploie plus de 90% de la population. 

Même si les choses sont ainsi, M. Nduwayo trouve que le financement en faveur de la lutte contre les VSBG dans le budget public reste insuffisant au regard des besoins en la matière. Sur un budget général de l’Etat exercice  2017, le financement en faveur des VSBG représentait 1. 507 988 589 FBu, soit 0. 131 % du budget; pour l’exercice  2018-2019, il représentait 8 761 561 389, soit 0,709 % tandis que pour  l’exercice 2019-2020, le financement est de 8 805 561 389 FBu, soit 0,664 % du budget général. En moyenne, sur les 3 exercices, c’est-à-dire sur un budget total de 3 716 977 904 221 FBu, le financementent en faveur des VSBG est de 17 671 268 FBu, soit 0,475 %.

Selon M. Nduwayo, l’analyse de la structure budgétaire montre que le budget général de l’Etat ne fait pas de spécifications par rapport aux différentes formes de prise en charge. La prise en charge intégrée est uniquement assurée à travers le « Projet d’urgence de lutte contre les VSBG et santé des femmes (fonds du tirage sur dons de développement » financé par la Banque Mondiale et enregistré dans la rubrique des Financement du tirage sur dons de développement pour un montant annuel de 8 659 416 000   FBU. Cependant, ce projet, a pris fin en décembre 2019. Et,  la pérennisation des acquis devra être assurée.

Au niveau du budget général de l’Etat, indique M. Nduwayo, la prise en charge judiciaire et juridique se retrouve dans la rubrique budgétaire « Fonds d’aide légale » pour un montant de 4.600.000 FBU par an depuis 2017. Ce montant est très insignifiant par rapport aux besoins.  Aussi, ajoute Nduwayo, le Budget général de l’Etat ne prévoit pas une rubrique budgétaire spécifique à la prise en charge médicale des VSBG. La prise en charge médicale est assurée à travers les centres intégrés de prise en charge qui étaient appuyés par le Projet d’urgence de lutte contre les VSBG et santé des femmes (fonds du tirage sur dons de développement) » financé par la Banque Mondiale (Centres de Cibitoke, Muyinga et Makamba), mais aussi au Centre HUMURA de Gitega. De même, poursuit le consultant, le budget général de l’Etat ne prévoit pas une rubrique budgétaire spécifique à la prise en charge psychologique des victimes des VSBG.

Défis pour la gratuité de la prise en charge intégrée des VSBG au Burundi

M.Nduwyo trouve que la reconnaissance par l’ensemble des décideurs de l’impact négatif des VSBG sur les victimes, sur la famille et sur la communauté constitue un défi. Pour lui, si l’unanimité des décideurs est acquise sur l’impact négatif des VSBG (tant économique que social) et l’urgence d’y faire face, il sera possible de les convaincre en vue de l’affectation de ressources conséquentes pour éradiquer ce fléau.  De plus, ajoute-t-il, le changement effectif de mentalité en vue d’une disparition progressive du blocage culturel chez certains décideurs peu sensibles à l’approche genre constitue aussi un défi. Le manque de Centres de prise en charge intégrée dans tous les hôpitaux inhibent la prise en charge des victimes et survivants des VSBG. Il suggère que la protection de ces personnes contre les agressions éventuelles est indispensable pour stimuler les dénonciations et les témoignages sur les cas de VSBG, un accroissement de la dotation budgétaire pour couvrir les besoins en prise en charge intégrée des VSBG ainsi qu’un accroissement de la dotation budgétaire en faveur de la prise en charge intégrée des VSBG.

Recommandations pour le renforcement du système budgétaire

Pour parvenir à la lutte, à la réduction voire  l’éradication des Violences Sexuelles et Basées sur le Genre, le Consultant Nduwayo émet certaines recommandations dont le renforcement de la capacité nationale d’autofinancement, recourir à une partie des fonds récupérés dans le cadre de la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion de la chose publique et les affecter à la prise en charge  intégrée des VSBG, affecter un pourcentage des recettes pouvant provenir notamment de l’exploitation minière, du carburant, du sucre, des boissons alcoolisées, des bières et limonades. Il trouve également qu’il faut revoir les budgets affectés à l’accès à la justice, à l’aide légale et à la réparation pour rendre visible la prise en charge intégrée des victimes des VSBG : Exiger qu’un petit pourcentage des subventions pour le développement de la commune soit affecté à la prise en charge intégrée des VSBG , créer une taxe spéciale sur les produits qui influent directement ou indirectement sur l’expansion du fléau (alcool, revenus minéraux…) ainsi qu’exiger un petit pourcentage sur les taxes ou impôts sur  véhicules.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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