L’AFJO plaide en faveur de l’intégration genre dans la couverture médiatique des élections de 2020

Dans le souci d’accroitre la sensibilité genre dans les médias, l’Association burundaise des Femmes Journalistes (AFJO) en collaboration avec le Conseil National de la Communication(CNC) a organisé jeudi, le 26 mars 2020, une rencontre avec des responsables des médias. Cela pour échanger sur l’intégration de la dimension genre dans la couverture électorale

« Le faible accès aux postes de responsabilité qui s’observe dans les secteurs de la vie nationale n’a pas épargné le secteur des médias, et cela a une influence négative sur l’intégration genre dans les médias », indique Diane Ndonse, présidente de l’AFJO. Elle précise que la charte des médias sensible au genre est l’un des outils pouvant contribuer à l’amélioration de l’intégration genre dans les médias, et les responsables des médias doivent être progressivement sensibilisés car ils ont un grand rôle à jouer pour inverser la tendance.

Mme Ndonse fait remarquer que les femmes et les filles constituent la majeure partie de la population burundaise. Cependant, d’après le rapport du CNC de 2019, leur participation reste très faible dans les différents secteurs de la vie nationale et dans les médias. « La faible représentativité des femmes et des jeunes au niveau des médias affectent le travail de ce secteur, notamment en matière des productions médiatiques, de la collecte et du traitement de l’information. Mme Ndonse fait savoir que la représentation homme est largement supérieure à celle des femmes que ce soit au niveau des journalistes présentateurs des journaux et reporters ou au niveau des intervenants. « Au niveau des présentateurs des journaux, les femmes représentent 33,2% contre 66,8% des hommes. Les femmes reporters sont à 18% au moment où les hommes sont à 88% », souligne-t-elle.

Elle fait remarquer que les femmes interviennent, en tant que personnes ressources, dans les médias à hauteur de 15,6% contre 84,4% d’hommes. Et d’indiquer : « Dans les descentes effectuées par l’AFJO dans les médias en 2018, le constat est que même dans les appels d’offres, le taux de participation des femmes qui postulent reste faible, ce qui constitue un blocage en terme d’équilibre et d’intégration genre. Le quota minimal d’au moins 30% des femmes au sein du gouvernement et du parlement stipulé dans la constitution est loin d’être respecté au niveau des médias », déplore Mme Ndonse.

Nestor  Bankumukunzi, président du CNC, quant à lui, trouve que sur les questions d’équilibre, de genre, d’égalité des droits et des chances, de parité ou de lutte contre les discriminations, les médias ont une responsabilité dans la promotion de la femme et de la fille burundaise. M.Bankumukunzi informe que parmi les défis auxquels font face les femmes burundaises en général et les femmes journalistes en particulier, figurent le poids culturel qui pèse encore sur les femmes. De plus, explique-t-il, le fait que la femme rurale soit généralement analphabète limite son accès à l’information. D’après lui, les femmes et filles n’ont pas le temps d’intervenir dans les médias parce qu’elles sont souvent occupées par les travaux ménagers. Et de lâcher : « La majorité des entreprises de presse sont dirigées par les hommes ».

Pour lui, tous ces défis pèsent sur la femme et la fille journalistes au moment où elle a besoin des médias pour porter sa voix plus loin sur les thématiques qui hantent la société, notamment les violences basées sur le genre, les changements climatiques, la participation politique des femmes, le relèvement économique, le leadership féminin et la gouvernance locale, etc.

Mme Agathonique  Barakukuza, consultante explique que la couverture médiatique des élections est objective si elle est sensible au genre. Elle est objective si elle donne la parole aux hommes et aux femmes et filles, traite des sujets/angles diversifiés incluant ceux relatif aux questions de genre, décrit objectivement les réalités telles qu’elles se présentent sur le terrain et présente des données statistiques désagrégées en genre, insiste Mme Barakukuza. Elle note également que la couverture médiatique des élections est objective lors qu’elle utilise un langage qui ne comporte pas de  stéréotypes sexistes.

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About the Author: Dieudonné Bukuru

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