L’autonomisation de la femme, une source au développement?

Sous le thème : « Femme, liberté et prospérité », le CDE Greats Lakes en partenariat avec l’API a organisé le 15 octobre 2020 à Bujumbura un forum national des femmes leaders pour échanger sur leur autonomisation. Alors que les femmes représentent 50.8% de la population Burundaise en général (RGP 2008-2009); elles représentent 18-19% des créateurs de sociétés unipersonnelles selon les statistiques de SU enregistrées à l’API en 2018 et 2019

« Les femmes représentent 29 % de commerçants immatriculés au Registre de Commerce au cours du 1er Trimestre 2020.Elles représentent 18-19% des créateurs de sociétés unipersonnelles selon les statistiques de SU enregistrées à l’API en 2018 et 2019. Ce qui montre que le taux de participation de la femme dans le business est encore faible », fait remarquer Désiré Musharitse, Directeur de l’API. Il explique que la qualité des investissements des femmes reste à désirer. «  La plupart des commerçantes transfrontalières par exemple font du commerce de poules, des œufs, d’un peu de fruits, des glaçons, des vêtements,…».  « Ce petit commerce qu’elles font c’est pour nourrir la famille, subvenir à leurs besoins fondamentaux, etc », a-t-il ajouté. Pour Musharitse, la femme est le vecteur de changement socio-économique d’un pays quand on investit en elle et qu’elle contribue au développement des ménages et du pays en général.

Des  défis à relever pour inciter la femme à se lancer dans les affaires

Parmi les problèmes que rencontrent les femmes à se lancer dans les affaires commerciales figurent le non accès au financement bancaire ; le non accès à la terre et l’ignorance, fait remarquer Musharitse.  Et d’ajouter : « D’autres défis qui peuvent bloquer la femme à investir dans le business sont liés à la culture, l’analphabétisme ».

Pourtant, Musharitse trouve qu’investir dans la femme est: « Améliorer la santé de la famille et la qualité de l’éducation des enfants, lutter contre la pauvreté, créer l’emploi et développer la communauté».  C’est transformer la structure de l’économie nationale, insiste le directeur de l’API.

L’autonomisation des femmes, une préoccupation de l’api

En vue de soutenir et inciter les filles et femmes à faire le business, l’agence de promotion des investissements donne des formations aux jeunes filles dans les universités sur  l’entrepreneuriat et à l’élaboration des plans d’affaires bancables, dit Musharitse. L’API organise aussi des sessions de formation et de coaching des femmes entrepreneures dans l’élaboration de plans d’affaires bancables. « L’api plaide pour une suppression de l’exigence d’un capital minimum pour ouvrir une société pour que les entrepreneurs qui ont de petit capital puissent créer des entreprises », précision de Musharitse.

Anabelle Kwizera qui travaille au tribunal de commerce fait savoir que les femmes qui font le commerce rencontrent beaucoup de défis. Pour elle, la culture est le grand défi qui bloque les femmes à s’épanouir car dit-elle, la plupart des hommes pensent que les femmes ne devraient pas sortir de leurs maisons pour faire le commerce. « Il s’agit des défis liés aux croyances, aux mœurs et à l’ignorance. L’autre défi auquel les femmes font face est l’accès au financement », explique Mme Kwizera. Elle demande que le code des personnes et de la famille devrait être révisé pour que les femmes puissent accéder à la terre. Elle trouve que les femmes sont au cœur de l’économie et c’est pourquoi elle souhaite qu’on puisse se battre contre les stéréotypes et former les femmes qui veulent entreprendre.

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About the Author: Dieudonné Bukuru

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