Le Burundi classé 14ème parmi les pays menacés par les changements climatiques

Sous le  thème : « Agissons ensemble pour gagner la justice sociale et environnementale pour tous », l’association ATD QUART MONDE a organisé le 17 octobre 2020 une conférence-débat à Bujumbura. C’était dans le cadre de la célébration de la journée internationale du refus de la misère. Sur 181 pays menacés par le changement climatique et les catastrophes naturelles, le Burundi occupe la 14ème place et la 17ème place parmi ceux les moins prêts à faire face aux catastrophes naturelles

« L’inclusion des populations pauvres dans la recherche des solutions aux changements climatiques, est l’un des piliers de la justice sociale et environnementale », précise Pr  Jean Marie Sabushimike, environnementaliste.  Il  indique que 9 sur 10 des catastrophes naturelles survenues dans le monde sont dues aux changements climatiques. Et ces dernières sont le principal facteur d’accroissement de la misère et de la famine dans un pays. Selon lui,  le Burundi est vulnérable aux catastrophes naturelles car, sur 181 pays menacés par le changement climatique et les catastrophes naturelles, il occupe la 14ème place et la 17ème place parmi ceux les moins prêts à faire face aux catastrophes naturelles.

D’après Sabushimike, la vulnérabilité au choc climatique est inégalement répartie car les pauvres sont les plus exposés à des événements météorologiques pour leur vie, leurs biens et dans leur environnement direct. Aussi, ajoute-t-il, les chocs climatiques dégradent également leurs opportunités en matière de développement humain, affaiblissant ainsi  la productivité et les capacités humaines. Les désastres climatiques sont plus meurtriers dans les communautés de base comme ça a déjà été observé en  mairie de Bujumbura et ailleurs dans les provinces.

Malgré certains esprits climato-septiques burundais, Pr Sabushimike explique que la problématique des changements climatiques devient de plus en plus une préoccupation majeure pour le Burundi au regard de la fréquence et de l’intensité des catastrophes naturelles qui relèvent des évolutions récentes du climat. Selon lui, c’est une question cruciale qui interpelle tous les acteurs burundais, notamment les décideurs politiques, les administratifs provinciaux et communaux, la société civile, les médias, les citoyens, etc.

Sabushimike trouve que la capacité d’expertise nationale est  limitée suite au manque d’équipements appropriés pour le suivi et l’évaluation des risques de catastrophes climatiques en vue d’une mise en place d’un système d’alerte précoce en cas d’événements météorologiques extrêmes. Il fait remarquer que cette capacité reste également marquée par des insuffisances dans la formation et la recherche professionnelle pour mener une planification sectorielle à moyen et long terme. Il  reconnaît également l’absence  d’une base de données sur les catastrophes climatiques influençant largement la capacité d’adaptation du pays face à la vulnérabilité grandissante.

D’après Donald Lee, président international de  d’ATD Quart Monde, le thème « Agir ensemble pour une justice sociale et environnementale pour tous » rappelle de façon urgente que la justice sociale ne peut être véritablement accomplie quand on agit pas ensemble pour surmonter les graves injustices environnementales dont sont victimes les personnes vivant dans la pauvreté.  Pour lui, les impacts du changement climatique et de la destruction de l’environnement au niveau mondial sont graves et affectent de manière disproportionnée les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la santé des personnes vivant dans la pauvreté. Ces impacts ne feront qu’empirer pour eux si nous n’agissons pas ensemble de toute urgence.

« Nous constatons déjà ces impacts pour nous-mêmes dans la dégradation de la qualité de l’air et de l’eau là où nous vivons, travaillons et jouons. Nous voyons autour de nous les effets des déchets toxiques de plastique qui étouffent nos océans, nos rivières et nos quartiers. L’abus de pesticides, de métaux lourds et d’autres substances qui empoisonnent notre alimentation nous nuit. Nous faisons l’expérience directe du changement des conditions météorologiques qui entraîne des tempêtes et des inondations plus fortes et plus destructrices, ou des sécheresses plus longues et plus sévères », fait-il remarquer.

Cependant, déplore-t-il,  nous avons toujours su que les personnes vivant dans l’extrême pauvreté sont, souvent par pure nécessité et par ingéniosité, les premières à agir de manière décisive au sein de leur communauté pour faire face à la pauvreté, au changement climatique et aux défis environnementaux.

Leurs efforts, leur savoir et leur expérience inestimables doivent être reconnus car ils sont de véritables moteurs de changement. Leur voix doit être entendue, en particulier dans les organismes internationaux.

Nous devons veiller à ce que les gouvernements agissent de manière décisive — en partenariat et en solidarité avec les personnes en situation de pauvreté — pour créer une croissance économique et un changement social qui favorisent activement la durabilité environnementale et la justice sociale pour tous.  

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