Le commerce transfrontalier :Des réformes pour l’élimination des Barrières non tarifaires

Le Centre pour le Développement des Entreprises, Greats Lakes, (CDE) en partenariat avec le Comité National de Suivi sur l’élimination des Barrières non tarifaires au Burundi a organisé un atelier de réflexion sur les barrières non tarifaires (BNTs) que rencontrent les femmes exerçant le commerce transfrontalierC’était dans le but d’échanger sur les réformes qui peuvent être envisagées pour le réglementer

Les femmes exerçant le commerce transfrontalier rencontrent beaucoup de problèmes dont la surtaxe sur les denrées alimentaires, le manque de cadre légal en cas de saisie des marchandises, le harcèlement sexuel et physique, les taxes communales imposées sur les marchandises importées et exportées. C’est ce qu’indique Gaston Sindayigaya, membre du CDE. Il ajoute la perquisition des marchandises, la non-standardisation des factures de l’Office Burundais des Recettes (OBR), le manque d’harmonisation des heures de travail, les services lents et procédures longues, le coût élevé des passports et cartes jaunes, etc.

M. Sindayigaya révèle des conséquences énormes liées aux barrières non tarifaires enregistrées. Il s’agit de la corruption, l’augmentation de la fraude, la prostitution pour les femmes, le prix élevé pour le consommateur final, etc.

Emile Ndigiriye, président du Comité National de Suivi des Mécanismes d’élimination des Barrières Non Tarifaires informe que le petit commerce transfrontalier joue un rôle non négligeable dans la réduction de la pauvreté et à l’amélioration de la sécurité alimentaire au Burundi. Il fait savoir que plus de 80% des femmes exerçant le commerce transfrontalier travaillent dans l’informel. Il reconnaît que ces femmes subissent des différentes tracasseries liées en grande partie au manque de documents de voyage, à la tentative de corruption, au contournement des lois régissant le commerce transfrontalier surtout par à la fraude et au incivisme fiscal.

« Malgré les efforts mis en place par le Comité National pour éliminer les BNTs sur tout le territoire national, les BNTs continuent à exister et à limiter les échanges sur les Postes Frontières et ceci prive les hommes d’affaires burundais la possibilité de profiter pleinement les avantages du Protocole de l’Union Douanière et celui du Marché Commun », explique le président du Comité National. Selon lui, le Burundi étant membre de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est  depuis le 1er Juillet 2009 et ayant déjà ratifié le protocole sur l’Union douanière et celui du marché commun, devrait bénéficier de la libre circulation de ses marchandises dans les pays partenaires. Mais dit-il, le constat amer est que les BNTs imposées par ces derniers restent un grand défi pour les échanges commerciaux dans la région. Emile Ndigiriye rassure que les commerçants transfrontaliers bénéficient d’un suivi régulier de la part du Comité National.

Selon Emile Ndigiriye, sur un effectif de 43 Barrières Non Tarifaires qui se trouvent dans la Matrice Nationale et qui sont en cours d’élimination, plus de 90 % des Barrières affectant les femmes commerçantes transfrontalières sont déjà supprimées. Il cite notamment le problème des documents de voyage « Ujilanimuema » qui, actuellement se donnent facilement et gratuitement sur tous les postes frontières, les frais équivalent à 5000 Fbu et exigés au Poste Frontière de Gatumba pour tout nouveau document de Voyage, la réduction des postes de contrôle policier sur la route Gatumba- Chanic etc.

Des réformes à entreprendre 

Parmi les réformes à entreprendre,  Léonidas Ndayizeye, professeur à l’Université du Burundi dans la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion propose une réduction du nombre d’agences présentes sur les frontières, une précision claire du genre de paiement et le lieu  qui, d’après lui doit être unique. De plus, ajoute-t-il, des mesures allant dans le sens d’une amélioration des infrastructures aux postes-frontières doivent être prises. Il prône également une professionnalisation accrue des agents et une plus forte sensibilisation aux problématiques de genre qui doit être matérialisée par une  hausse du nombre de femmes au sein de l’administration. Il renchérit que la coopération et la coordination transfrontalière doivent être renforcées sans oublier le renforcement des capacités et  le soutien des commerçants à travers leurs  associations.

Notons que cet atelier de réflexion entre dans le cadre de la campagne « FUNGUA NJIA »

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About the Author: Dieudonné Bukuru

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