Le conseil de l’ordre des avocats du Burundi se dit indigné par la barbarie qu’a subie Me Yvette Niyokindi

Le conseil de l’ordre des avocats du Burundi se dit indigné par l’enlèvement, la torture physique et morale qu’a subie Me Yvette Niyokindi.  D’après maitre Jean  de Dieu Muhuzenge,  Me Yvette Niyokindi a été victime de la barbarie et de l’ignorance. Il l’a précisé lors d’une conférence de presse de ce mercredi 08 juillet 2020

Victime d’un montant restant sur le procès qu’elle a suivi en qualité d’une avocate, Me Yvette Niyokindi a été enlevée vers midi du 30 juin 2020 en face de l’hôpital Clinique Prince Louis Rwagasore pour enfin être retrouvée ayant perdu connaissance dans la matinée du 1 juillet 2020 à Rubirizi commune Mutimbuzi. Pour  Me Muhuzenge, la barbarie qu’a subie Me Niyokindi, c’est l’ordre des avocats, c’est la profession d’avocat qui en a été  victime. Et d’ajouter : « C’est la loi, les droits et la justice qui ont été mise à rudes épreuves ». D’après Muhuzenge, Me Niyokindi a circulé  pendant des heures sans savoir où elle va, sans connaitre les personnes avec qui elle était, car elle était avec des inconnus. Il précise que ceux n’étaient pas des inconnus comme les autres mais des criminels qui le conduisaient vers une destination inconnue et pour un objectif inhumain.

« Elle a beaucoup souffert »

« Elle a passé plusieurs heures d’angoisse, de douleurs, de questionnement, de souffrance, de solitude ainsi qu’une nuit dans la brousse, dans le froid, ce qui l’a plongée dans un état d’inscience. Elle a vécu une expérience traumatisante de sa vie. Sûrement qu’elle ne retrouvera jamais ce qu’elle a perdu car, elle a beaucoup souffert et rien ne pansera jamais les plaies d’une telle violence», s’indigne  Me Muhuzenge. Il fait savoir qu’en rédigeant le communiqué, il a senti  la lourdeur et la peine dans son cœur et, dit-il, cette douleur est sentie par tout être humain excepté  le commanditaire du crime. Pour preuves, poursuit-il, mêmes les exécutants de ce crime ont hésité. Ils ont posé des questions à la victime. Ils ont échangé aussi sur l’opportunité ou pas d’assassiner l’Avocate Yvette, et au final, ils ne l’ont pas tué.

« Que pareils actes ne se reproduisent plus au Burundi ! »

C’est par la grâce de Dieu et le concours de tous ceux qui sont intervenus pour qu’elle soit libérée, soignée et protégée. Il s’agit de différentes autorités judiciaires, administratives policières ainsi que la Commission Indépendante des Droits de l’homme (CNIDH), informe Me Muhuzenge.   A tous ceux qui se sont intervenus, Me Muhuzenge leur demande d’« utiliser les mêmes hommes, les mêmes moyens, la même collaboration et la même spontanéité pour non seulement mettre la main sur les auteurs et complices de ce crime mais aussi pour éduquer et prévenir afin que pareils actes ne se reproduisent plus au Burundi ». Il déplore que malgré les différents textes matinaux, ceux ratifiés  par le Burundi, l’arsenal juridique existant ainsi que la politique gouvernementale, on n’est pas parvenu  à arrêter cette barbarie mortifère.

Face à cette situation, le conseil de l’ordre des avocats du Burundi exprime son ferme soutien et sa solidarité à Me Yvette Niyokindi. Il demande avec instance au gouvernement de faire cesser ce qu’il appelle une pratique honteuse, humiliante et illégale qui ne fait que ternir l’image du Burundi. Et, d’insister sur l’impérieuse nécessité d’assurer la protection de maître Yvette Niyokindi et de sa famille.

Me Muhuzenge invite les Avocats à rester sereins et courageux

Reconnaissant que le cas de Me Niyokindi ne soit pas un cas isolé, Me Muhuzenge condamne fermement tout acte d’enlèvement. De ce fait, il demande aux autorités ayant la sécurité publique et la justice dans leurs attributions, de tout mettre en œuvre pour traquer les auteurs et complices de cet acte ignoble, de les poursuivre et de les sanctionner exemplairement et conformément à  la loi. Me Muhuzenge invite tous les Avocats à rester sereins, courageux, à exercer leur profession en toute dignité, humanité et professionnalisme  et à manifester un geste de solidarité vis-à-vis de Me Niyokindi. De plus, il précise que tout Avocat a le droit et le devoir de dénoncer les violations des droits humains qu’il constate. Me Muhuzenge fait remarquer que tout acte destinée à empêcher un Avocat d’exercer sa profession est contraire aux règles internationales relatives à l’exercice de la profession d’Avocat ainsi qu’à la liberté d’expression dont jouit toute personne, et à fortiori, tout Avocat. Et de souligner : «  L’indépendance de l’Avocat est fondamentale dans un Etat de droit et dans une réelle démocratie »

Notons que d’après Me Muhuzenge, la sécurité de Me Niyokindi et de sa famille est assurée, sa santé  s’améliore du jour le jour. Notons également que certains des exécutants sont déjà attrapés à l’exception du commanditaire dont la police est toujours à sa poursuite.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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