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Le Gouvernement appelé à engager les personnes handicapées dans les programmes de développement

Au Burundi, les personnes handicapées sont victimes de plusieurs types de discriminations, de marginalisation, de stigmatisation ou de croyances occultes et vivent dans des conditions très précaires. C’est ce qu’indique Pr Siméon Barumwete, membre de l’Union des Personnes vivant avec Handicaps du Burundi (UPHB). C’était lors d’une réunion d’échange avec les journalistes sur l’implication de ces derniers dans la promotion de l’inclusion et de la participation des personnes handicapées dans les projets et programmes de développement

« L’ampleur du phénomène du handicap au Burundi reste méconnue faute de statistiques fiables et recherches sérieuses y relatives, par conséquent on ne se contente que des estimations, mais qui restent encore alarmantes », indique Pr Barumwete. Il rappelle que dans le monde, les statistiques des personnes handicapées sont estimées à 15%. Aussi, il est également stipulé que 80% des personnes handicapées vivent dans les pays en voie de développement. Au Burundi, les statistiques des personnes handicapées restent insuffisamment documentées. En effet, le  Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-2008) au Burundi fait état de 4,5% de personnes vivant avec handicap majeur. En considérant la donnée de la Banque Mondiale (BM) et de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la population burundaise vivant avec un handicap serait estimée à 1 275 000 individus, soit 15% de 8,5 million).

 D’après Pr Barumwete, les personnes handicapées au Burundi rencontrent beaucoup de problèmes liés à la nature spécifique du handicap. La variété de ces problèmes touche aux représentations sociales dévalorisantes de la personne handicapée, à l’accessibilité globale, à leur représentativité politique et à la législation globale qui n’intègre pas la spécificité du handicap.

Problèmes de représentation

Pour Siméon Barumwete, l’élaboration des politiques publiques tient compte des problèmes sociaux portés à la fois par l’opinion publique et les groupes d’intérêts influents. Or, les questions des personnes handicapées ne constituent pas d’enjeux sociétaux prioritaires du fait de cette image qui entoure la personne handicapée au Burundi. Par rapport au problème d’accessibilité, les personnes handicapées au Burundi connaissent des problèmes d’accessibilité de manière globale (accès à l’éducation, à la santé, à l’information, à la communication, au culte, accessibilité physique aux infrastructures publiques et privées à usage collectif, au logement, au transport, etc). Ce problème constitue un obstacle à la participation sociale, politique et économique de la personne handicapée.

  Problème de représentativité politique 

 Les personnes handicapées connaissent un problème crucial de représentativité politique au Burundi, souligne Barumwete. En effet, selon ce professeur d’universités, elles ne sont pas représentées dans les institutions politiques du pays (Parlement, Sénat, Gouvernement, Conseils nationaux, etc.). Pourtant, insiste-t-il, c’est au sein de ces institutions que se joue l’avenir du pays et des hommes. La représentativité d’un groupe au sein de ces institutions lui permet d’influencer la prise des décisions. Il fait savoir que par rapport aux pays membres de la Communauté Est Africaine, le Burundi est le dernier pays en matière de représentativité politique des personnes handicapées.

Siméon Barumwete salue les efforts du gouvernement pour avoir initié un programme d’enseignements pour tous incluant les personnes vivants avec un handicap. Cependant, il déplore qu’au terme de leurs cursus, les élèves vivant avec handicap lauréats des universités et de l’enseignement fondamental ne sont embauchés nul part que ce soit dans le secteur public ni dans le secteur privé. Il invite de ce fait le gouvernement du Burundi à repenser à l’avenir de ces enfants de la nation.

 Que disent les textes légaux ?

Léonard Nkunzumuhari, directeur exécutif au sein de l’UPHB précise que les choses sont ainsi au moment où les textes nationaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme reconnaissent les personnes vivant avec un handicap comme une personne à part entière comme toute personne valide. La Constitution de la République du Burundi du 07 juin 2018  stipule en son article 22 que « tous les citoyens sont égaux devant la loi qui leur assure une protection égale. Nul ne peut être l’objet de discrimination du fait notamment de son origine, de sa race, de son ethnie, de son sexe, de sa couleur, de sa langue, de sa situation de ses convictions religieuses, philosophiques ou politiques ou du fait d’un handicap physique ou mental ou du fait d’être porteur du VIH/SIDA ou toute autre maladie incurable »

De plus, la loi de 2018 sur la promotion et la protection des droits de personnes handicapées au Burundi stipule en son article 5 que « toute personne handicapée bénéficie de tous les droits contenus dans la constitution et dans d’autres instruments nationaux et internationaux dûment ratifiés par la République du Burundi. Dans le même prolongement, l’article 6 de la loi indique que « l’État ou les autres personnes morales publiques ou privées tiennent compte des droits des personnes handicapées dans les actions qu’ils sont appelés à mettre en œuvre.

Pour une meilleure sensibilisation de l’opinion à la condition de la personne handicapée, Adélaïde Nyigina, présidente et représentante  légale de l’UPHB demande aux médias d’assurer une couverture médiatique régulière portant sur les sujets en rapport avec le handicap.

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