Le ministère de l’environnement engagé à décourager les usines locales qui continuent à fabriquer les sachets en plastique

Ce mardi 25 août 2020, le ministre de l’environnement, de l’agriculture et l’élevage, Dr Déo Guide Rurema a animé à Bujumbura un point de presse sur l’évaluation de la mise en œuvre du décret n°100/099 portant interdiction de l’importation, de la fabrication, de la commercialisation et de l’utilisation des sachets et d’autres emballages en plastique. Les importations des sachets et sacs en plastique ont sensiblement diminué de 99,9%. Mais, sur le marché, ces objets non biodégradables s’observent toujours

« Actuellement, se référant aux statistiques recueillies dans les services de l’OBR, les données montrent qu’il y a une grande diminution de l’importation des sacs, sachets en plastiques ainsi que de la matière première », indique Dr Déo Guide Rurema. Il précise qu’en comparant les résultats de la première évaluation (11 mois après la mise en place du décret : période de la première évaluation) et ceux de juillet 2019 à nos jours (juillet 2020), on constate que les importations des sachets et sacs en plastique ont sensiblement diminué passant de 179.967.500 Kg pour la période d’août 2018 au juillet 2019 après la mise en place du décret à 82.282 Kg du juillet 2019 au juillet 2020, soit une diminution de 99,9 %.

 Pour la matière première, d’après le ministre, les quantités importées ont sensiblement diminué, passant de 2.443.891 Kg pour la période d’août 2018 au juillet 2019 après la mise en place du décret à 884.484 Kg du juillet 2019 au juillet 2020, soit une diminution de 63,8%. Pour les bouteilles en plastique, la quantité importée a diminué, passant de 1.644.057 Kg pour la période d’août 2018 au juillet 2019 après la mise en place du décret à 1.015.173 Kg du juillet 2019 au juillet 2020, soit une diminution de 38,25 %.

Cette situation se justifie selon le ministre, par la montée des prix des sachets et sacs en plastique aujourd’hui sur le marché passant du simple presque au triple.

Dr Rurema se réjouit de la présence en grande quantité au marché des produits de substitution. Aux différents marchés et magasins, on trouve que les produits de substitution sont encore vendus et utilisés. Bref, des produits de substitution sont disponibles et sont utilisés par la population. Il indique que des initiatives de mettre sur le marché les produits de substitution sont en cours de développement par les sociétés locales et les promoteurs sont à encourager. Et de préciser qu’une ordonnance ministérielle conjointe a été élaborée et va être bientôt mise en place pour définir les modalités d’encouragement. Dr Rurema regrette cependant qu’on trouve encore sur le marché, des sacs et sachets en plastique alors que le délai de grâce prévu par le décret a été expiré. Il fait savoir que des fraudes en provenance des pays voisins sont constatées et des stocks clandestins dans les usines de fabrication existent encore.

Pour parier à cette situation, le ministre de l’environnement  précise qu’il faut décourager la fraude et toutes les usines qui, clandestinement continuent à fabriquer ces sachets. « Des mesures contraignantes vont être prises dans les meilleurs délais. La population est interpelée à recourir aux pratiques traditionnelles en utilisant, des paniers et corbeilles dont l’usage ne dégrade l’environnement », informe Dr Rurema.

Des conséquences des matières plastiques

D’après le ministre, les matières plastiques sont fabriquées à base de polyéthylène et sont parmi les produits synthétiques les plus utiles. Toutefois, du fait de leur longue durée de vie, leur impact négatif sur l’environnement est énorme. Les sacs et sachets en plastiques sont pour la plupart à usage unique et jetés n’importe où. Leur présence dans un milieu donné provoque la pollution de ce milieu (le sol, les eaux et l’air) et la dégradation et/ou la disparition progressive de la biodiversité animale et végétale du milieu. Entre autres, ils obstruent les canalisations, provoquent les inondations et polluent sensiblement les rivières et les lacs. Lorsque ces déchets plastiques sont brulés, ils libèrent des émissions de gaz toxiques dans l’atmosphère dont les dioxines qui sont des polluants organiques persistants, pouvant provoquer des maladies diverses dont les maladies cancérigènes et pulmonaires. Il rappelle qu’il suffit d’une seconde pour fabriquer un sac plastique qui sera utilisé en moyenne pendant 20 minutes ; mais qui mettra entre 100 et 400 ans à se dégrader biologiquement. Ce qui constitue une menace sérieuse pour la santé et l’environnement.

Rappelons que dans le but de la préservation de la santé humaine et la protection de l’environnement, le Gouvernement du Burundi a mis en place le décret Nº100/099 portant interdiction de l’importation, de la fabrication, de la commercialisation et de l’utilisation des sachets et d’autres emballages en plastique signé par le Président de la République du Burundi le 8 Août 2018. Pour faciliter la mise en application dudit décret, l’article 9, stipule qu’un délai de grâce de 18 mois est accordé pour écouler les stocks et les commandes passées pour les produits qui ne figurent pas sur la liste de l’article 4 alinéa 2 dudit décret. Ce Décret a été vulgarisé à grande échelle à travers des réunions, des ateliers et des points de presse.

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About the Author: Dieudonné Bukuru

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