Le ministre de la santé engagé à en découdre avec les « voleurs »

En vue d’éradiquer le vol basé  sur la déclaration des données erronées et des fausses factures dans les centres de santé et hôpitaux assurant la gratuité pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans , le ministre de la santé, Dr Thaddée Ndikumana a organisé une réunion avec les médecins provinciaux et les comités provinciaux de vérification et de validation des données (CPVV)

Le ministre de  la Santé Publique a indiqué aux médecins provinciaux qu’ils doivent tenir à leur tour, des réunions de restitution avec les titulaires des centres de santé et les directeurs des hôpitaux afin de leur communiquer les retombées de la réunion. Il leur recommande de fournir des factures correctes afin de ne pas voler les frais des contribuables. Il leur indique qu’en cette matière de gratuité, la tolérance est zéro aux « tricheurs ». Il estime que si réellement les prestations sont données correctement sans tricheries, les frais que le gouvernement débloque pourront chuter jusqu’à 50 %. Et de lancer : «  Ces « tricheries » doivent cesser avec l’année 2019 ». Pour lui, les centres de santé et les hôpitaux qui trichent constituent une menace pour la politique de gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans el les femmes enceintes. De surcroit, dit-il, pour que cette politique soit pérenne, tout le monde est appelé à  s’y mettre.

Dr Ndikumana se dit quand même heureux de constater que dans la mise en œuvre de la politique du gouvernement, plus de 82 % des centres de centres et hôpitaux travaillent bien. Il précise que suivant le classement établi par les équipes de vérification, les centres de santé, les hôpitaux publics et privés et ceux confessionnels qui participent dans la  mise en œuvre de la gratuité des soins travaillent bien. Mais, il déplore qu’il y a des centres de santé  publics, privés et confessionnels qui accusent des dérapages par rapport à la déclaration des données de prestations et partant de la facturation erronées.  « Nous devons donc travailler pour corriger ces dérapages quitte à ce que l’Etat puisse payer uniquement les factures  qui concordent avec les  prestations fournies ».

Traquer les fausses factures

Dr Ndikumana informe que les dérapages sont souvent liés à l’incompréhension de la grille et la mise en place de la politique : « C’est  à dire qu’on trouve dans certains centres de santé  où on déclare avoir accueilli 5 enfants mais avec notre système de vérification, que ce soit au niveau provincial ou au niveau central, il y a un système de contre vérification mais aussi l’enquête communautaire ». Il souligne que quand toutes ses approches sont mise en place, la tricherie est maitrisée. Il est de fois où un centre de santé déclare avoir accueilli 10 enfants de moins de cinq ans alors qu’en réalité, ils sont au nombre de 8. Ce qui contraint  l’Etat à payer les prestations de deux enfants alors qu’ils n’ont pas été accueillis dans ce centre de santé. De plus, ajoute-t-il, il arrive que les centres de santé et les hôpitaux déclarent qu’ils ont facilité l’accouchement à travers des interventions alors qu’en réalité, on trouve que l’accouchement n’a pas couté autant à l’hôpital ou au centre de santé. Et de se rassurer : « Notre système de vérification nous permet de faire la triangulation des données quitte à ce que on puisse dégager des dérapages qui devrait coûter à l’Etat un montant indu ». Dr Ndikumana révèle néanmoins que l’argent « volé» n’entre pas dans la poche du titulaire du centre de santé ou du directeur de l’hôpital mais, cet argent est utilisé dans l’investissement soit par l’achet des lits, des matelas, la construction des clôtures et autres. « Mais  nous voulons qu’ils investissent sur des factures réelles parce que c’est l’argent du gouvernement et du contribuable », signale le ministre.

A la question de savoir ce qu’encourent les centres de santé  et les hôpitaux qui déclarent des données erronées et de fausses factures, le ministre indique que ces factures ne sont pas payées. Aussi, enchaîne le ministre, le responsable est pénalisé parce qu’il travaille avec eux. « Actuellement, nous voudrions également que les sanctions administratives puissent avoir lieu parce que si on supprime la facture, il y a risque que la population qui se faisaient soigner dans ce centre de santé ou hôpital est sanctionnée  injustement », lance-t-il. En cas de récidive, si c’est le titulaire du centre de santé qui est en cause, il est remplacé, martelé le Ministre. Il reconnaît néanmoins qu’il y a de nouveaux prestataires qui  ne savent pas les grilles qu’ils utilisent. Il y a aussi d’autres qui déclarent de fausses données non pas par méchanceté mais par mégarde ou par incompétence, d’où des formations à leur endroit seront organisées.

Ingérence de l’administration

Même si le ministre nie qu’il n’ya pas de lourdeur administrative qui fait que les centres de santé et les hôpitaux produisent des données erronées, un agent vérificateur qui a requis l’anonymat a indiqué au journal Ejoheza news qu’il a été emprisonné toute la journée pour avoir traqué  les « tricheurs ». Il précise que l’administration locale en collaboration avec le gouverneur et les forces de l’ordre l’ont contraint de ne pas rapporter ce qu’il a vu sur terrain. Celui-ci affirme avoir refusé et s’est vu emprisonné afin de le contraindre à se rétracter. Il raconte : «Lorsque j’ai produit mon rapport que le titulaire ne voulait qu’il soit connu, il a informé l’administrateur communal et ce dernier à son tour informer le gouverneur. Ils expliquaient que je voulais entacher  l’image de la province et de l’administration  mais aussi que je voulais faire perdre à la prochaine ce privilège de bénéficier la gratuité maternelle et infantile. C’est de cette manière que j’ai été emprisonné ».

Un autre vérificateur interrogé a indiqué qu’il n’y a pas de lourdeur administrative. Il indique qu’il suffit de collaborer avec l’administration. Ce qui, d’après d’autres vérificateurs, pousse à produire des  données erronées.  Et le ministre de préciser : « L’administration sanitaire et l’administration provinciale et communale, toutes doivent collaborer afin d’assurer la pérennité de la politique de la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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