Le MSPLS et SWAAA-Burundi engagés dans la promotion de la Santé des pêcheurs et des mareyeuses

Le ministère de la santé publique en collaboration avec la SWAA-Burundi procède, à travers un atelier national, au lancement du projet de renforcement de l’accessibilité des pêcheurs et des mareyeuses aux services de prévention et de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive, le VIH et les IST, les hépatites, le paludisme et la tuberculose

« Les pêcheurs font partie des groupes de population n’ayant pas encore bénéficié d’interventions structurées et ciblées de la part des politiques publiques en matière de prévention du VIH/Sida et d’autres maladies (IST,Tuberculose, Paludisme) », précise Onésphore Nzigirabarya, assistant du ministre de la santé publique. Il indique qu’une enquête effectuée en 2013 sur les ports de Karonda, Rumonge et Kizuka faisait  état d’un taux de prévalence de 7.3 % dont 9,5 % pour les femmes et 4,2 % pour les hommes. Pour lui, cela démontre à suffisance la vulnérabilité des communautés en particulier les femmes travaillant à proximité des ports et plages de pêche.

Dr Nzigirabarya fait savoir que pendant la journée, les plages de pêche deviennent des endroits de transactions sociales importantes. Il souligne qu’autour des activités de déchargement, de chargement et de transport de poisson, il existe d’autres activités connexes. Il révèle que ces activités sont plus importantes lorsque le poisson est disponible occasionnant ainsi le flux important de la population.

« Bien que la population des pêcheurs ait un revenu journalier tiré de la vente des poissons, elle ne l’utilise pas rationnellement pour accéder aux soins ». Il déplore que dans la plupart des plages de pêche, les pêcheurs malades recourent tardivement aux soins. Cela est, d’après eux, justifié par la distance à parcourir pour arriver aux structures de soins et la durée d’attente dans ces structures de soins jugées trop longs par les pêcheurs qui donnent la priorité à leurs activités professionnelles.

Mme Rumina, représentante légale de SWAA-Burundi

« Pour remédier à ces problèmes, il nous est apparu important dès 2013 de mettre en place un programme adapté au rythme de vie des pêcheurs et à leur habitude », informe Mme Rumina, représentante légale de SWAA-Burundi. Il précise que ce programme est exécuté via la conception d’un programme basé sur la paire-éducation à travers les séances de sensibilisation sur les questions de santé. Et cette sensibilisation s’effectue sur leurs lieux de travail. Sur ce, explique-t-elle, des posts de soins ont été ouverts sur les ports de Rumonge, Karonda et Mvugo. Et cela à des heures qui avantagent les pêcheurs et les mareyeuses.

Mme Mwamvua Ntiyamumpaye est une mareyeuse. Elle salue l’initiative du ministère de la santé et du Swaa-Burundi. Elle indique que le projet vient à point nommé. Pour elle, la population des pêcheurs connait un grand problème par rapport à l’accessibilité aux structures de soins et au service de prévention et de sensibilisation. Elle fait remarquer que les pêcheurs et les mareyeuses utilisent le temps d’une manière différente de celle des autres catégories de la population. Elle dit se réjouir par ce projet qui vient sauver la vie des pêcheurs et des mareyeuses. Elle rappelle cependant que  les pêcheurs faisaient, dans le temps, sourde-oreille aux conseils donnés par ses pairs ou certaines associations œuvrant dans le secteur sanitaire arguant qu’ils ne vivront pas plus 100 ans, donc qu’ils doivent s’adonner au sexe et à d’autres activités sans souci. Par rapport à la protection contre le Sida par l’utilisation du préservatif pendant les rapports sexuels, les pêcheurs disent que personne ne peut manger du sucre avec un sachet et sentir sa saveur.  Mme Mwamvua se félicite actuellement que l’association des pêcheurs soit pleinement impliquée et que l’approche utilisée rassure, celle de la paire éducation.

Jean Bosco Baragunaguza, président de l’association des pêcheurs et coordinateur du projet

Même son de cloche chez l’association des pêcheurs. Jean Bosco Baragunaguza, président de l’association des pêcheurs et coordinateur du projet indique que le projet doit nécessairement réussir, car les bénéficiaires ont été impliqués dans la conception de ce projet. Ce qui présage une bonne collaboration. M. Baragunaguza  informe qu’avec la volonté, tout doit aller de l’avant. Il rappelle que les anciens projets échouaient car les promoteurs ne tenaient pas compte des bénéficiaires directs. Il reprend d’ailleurs ce jargon français d’Edouard HANNE qui disait que « tout ce que vous faites pour moi sans moi est contre moi ».

Notons que ce projet couvre une période de 3 ans allant de 2019 à 2022.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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