Le président Tanzanien, John Pombe Magufuli quitte la terre des ancêtres

Après des spéculations autour de son état de santé qui enflamme la toile depuis la semaine passée, sur l’écran de la Télévision Nationale Tanzanienne, la Vice-présidente tanzanienne, Samia Suluhu Hassan a enfin annoncé la mort du président Tanzanien dans la soirée du 17 mars 2021

Né le 29 octobre 1959, John Pombe Magufuli a fait ses études supérieures à l’Université de Dar es Salaam. Après une courte expérience dans l’enseignement, il a travaillé en tant que chimiste industriel avant de basculer en politique. Il s’était engagé avec le parti Chama Cha Mapinduzi (CCM).

Le président Tanzanien, John Pombe Magufuli

Il a été élu député en 1995 et a été nommé la même année vice-ministre de la fonction publique. Il a occupé d’autres fonctions ministérielles par la suite.  Il a accédé pour la première fois au poste de président de la République en 2015 avec 58% des suffrages à la présidentielle.

Partisan du Chama cha Mapinduzi (CCM), premier parti deTanzanie, il dirige successivement différents ministères, à savoir celui de l’Élevage et de la Pêche, les Terres, le Logement et les Travaux publics entre 2010 et 2015. Il tire de cette période son surnom de « Tingatinga » (le « bulldozer » en swahili) pour son engagement dans la construction de nouvelles routes.

Politique économique et lutte contre la corruption

À 56 ans, il est désigné candidat à la présidentielle à la suite d’une élection primaire comptant 38 candidats. Le 29 octobre 2015, il est élu cinquième président de la République, succédant ainsi à Jakaya Kikwete. Dès le lendemain de son investiture, John Magufuli entame un vaste plan de réduction des dépenses publiques, en réduisant notamment de 100 000 à 7 000 dollars les frais de la cérémonie d’inauguration du nouveau Parlement. Il est également à l’origine d’une action pour réduire le budget des événements et des déplacements officiels en limitant le nombre de membres composant les délégations, ou encore de la suppression des indemnités de séance des députés et de l’annulation de la fête nationale.Afin de montrer l’exemple, il a réduit son salaire de 15 000 à 4 000 dollars/mois, devenant de ce fait l’un des chefs d’État africains à la rémunération la moins élevée.Son mandat est caractérisé  essentiellement par une lutte acharnée contre la corruption. D’importantes sommes qui s’évaporaient auparavant dans la fraude fiscale sont désormais investies dans l’éducation et la lutte contre la pauvreté.

« Il est honteux de dépenser de l’argent pour célébrer l’indépendance quand notre peuple meurt encore du choléra. », explique John Magufuli. Après avoir annulé les festivités de commémoration de l’indépendance, le 9 décembre, au profit d’une campagne de nettoyage des espaces publics à laquelle il a participé, John Magufuli a  demandé à présent de réduire les dépenses lors des réunions publiques. « Les rafraîchissements doivent se limiter à du thé, des jus de fruit et de l’eau en excluant la viande et les collations trop lourdes pour les réunions de moins de deux heures », a ordonné le cinquième président de Tanzanie, entré en fonction le 6 novembre.

Le pays a amendé les lois régissant l’attribution des contrats d’exploitation minière, se donnant le droit de les renégocier ou de les rompre en cas de fraude avérée. La nouvelle législation supprime par ailleurs le droit des sociétés minières à recourir à un arbitrage international. Porté par l’une des plus fortes croissances économiques du continent (5,8 % en 2018 et 6 % estimés pour 2019 selon le FMI), le gouvernement tanzanien s’engage dans un vaste programme de développement des infrastructures, en particulier ferroviaires. Le petit port de pêche de Bagamoyo, auquel 10 milliards de dollars d’investissement ont été attribués, devrait devenir le plus grand port d’Afrique en 2030. La Tanzanie tend à se rapprocher de la Chine, qui promet de soutenir des projets économiques. En réaction à cette nouvelle orientation diplomatique et au manquement à la démocratie, les États-Unis suspendent leur participation au Millennium Challenge Account, un fonds de développement bilatéral.

Le secteur des médias

En 2015, le gouvernement adopte une nouvelle loi anti-cybercriminalité pour encadrer les nouvelles formes de criminalité pour le web. Néanmoins, l’application de la loi menace la liberté d’expression des citoyens, arrêtés et jugés pour “insulte au président” sur les réseaux sociaux et les applications de messagerie instantanée. Depuis 2016, le pouvoir met en place une forte régulation de l’information : six chaînes de télévision, 21 stations de radios et plusieurs journaux auraient ainsi été suspendus pour avoir critiqué la nouvelle administration.

Secteur de santé

En septembre 2018, John Magufuli déclare que ceux qui utilisent de la contraception sont trop lâches pour alimenter une grande famille. Il encourage ainsi la population à ignorer les conseils sur la contraception, estimant qu’ils viennent souvent des étrangers avec des motifs jugés malfaisants.

« Coronasceptique », John Pombe Magufuli estime que la Tanzanie est préservée de la pandémie de Covid-19. Il déclare notamment : « Le virus a été totalement éliminé par Dieu grâce aux prières des Tanzaniens ». Il demande aux forces de sécurité de tester à l’aveugle les kits de test PCR du coronavirus avec des prélèvements sur des chèvres, papayes, moutons et huile moteur ; selon lui, tous ces tests se révèlent positifs à la Covid-19.

Faire bouger les transports de la Tanzanie

Magufuli a contribué au développement de la Tanzanie ces dernières années, en investissant dans plusieurs grands projets d’infrastructure tels que la construction d’un chemin de fer pour relier le pays à ses voisins régionaux, l’expansion des grandes autoroutes et la mise en place d’un système de transport en commun rapide dans le centre de Dar es Salaam. Il a également augmenté la production d’électricité, ce qui réduit le rationnement du courant électrique.Et il a relancé la compagnie aérienne nationale, Air Tanzania, qui, en proie à des dettes et objet d’une mauvaise gestion pendant des années, était effectivement clouée au sol et n’avait qu’un seul avion dans sa flotte lorsque Magufuli a pris ses fonctions.Le président a nommé un nouveau conseil d’administration et un directeur général de la société, qui ensuite achète six nouveaux avions et remet en état d’autres qui étaient en maintenance.

Magufili meurt à l’âge de 61 ans,  laissant derrière lui deux enfants et son épouse.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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