Le secteur pharmaceutique dominé par des industries étrangères

La CFCIB en collaboration avec l’industrie Pharmaceutique PONA a organisé un atelier de réflexion sur les opportunités et les défis du développement du secteur pharmaceutique au Burundi. Cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet d’appui au développement du secteur pharmaceutique burundais

« Cet atelier a été organisé dans le but  du renforcement des capacités du secteur pharmaceutique, de la gestion des déchets pharmaceutiques et d’appuyer financièrement les entreprises pharmaceutiques », précise Erickson Ndayikeza, Directeur général de l’industrie Pharmaceutique PONA. Il souligne que la qualité des médicaments conditionne l’efficacité et l’innocuité des traitements. M.Ndayikeza fait savoir que la qualité des médicaments dépend de leur fabrication et de leur conservation. Il ajoute que les médicaments contrefaits font objet d’une grande attention à l’échelle mondiale.

Erickson Ndayikeza, Directeur général de l’industrie Pharmaceutique PONA

Il reconnaît que dans les pays à faible revenu ou intermédiaire, un médicament sur 10 en circulation est soit de qualité inférieure ou soit falsifié. Ces derniers  ne permettent pas de traiter correctement les patients et conduisent à des conséquences fatales dont le décès.

Erickson trouve que le secteur industriel est très fragmenté puisqu’aucune société pharmaceutique ne détient plus de 10% du chiffre d’affaires mondial malgré les énormes fusions et acquisitions qui font la une des journaux financiers.

Au Burundi, insiste-t-il, le renforcement des capacités pour les industries pharmaceutiques et les pharmacies de distribution pourrait aider à la compétitivité des médicaments burundais sur le marché de la sous-région et à la vente/circulation des médicaments de qualité sur le marché local.

L’industrie pharmaceutique burundaise émaillée de défis

Gynette Karirekinyana, vice-présidente de la CFCIB

D’après Gynette Karirekinyana, vice-présidente de la CFCIB, chaque année, des milliers de tonnes des médicaments sont importés d’Inde, de la Chine, de l’Union Européenne, de l’EAC pour plusieurs dizaines de  millions de dollars américains. Elle regrette que les entreprises pharmaceutiques burundaises  affichent des bilans négatifs cumulés qui les ont asphyxiés et qui peuvent conduire à leur fermeture. Mme Karirekinyana révèle que ces entreprises font face à une concurrence féroce de la part de grandes multinationales qui ont pris racine depuis des décennies sur terrain. Et d’ajouter : Des produits pharmaceutiques, contrefaits, périmés, falsifiés, ne remplissant les normes de qualité sont légions avec des conséquences irréversibles  sur la santé de la population.

Dr Emmanuel Bamenyekanye, directeur adjoint du département des pharmacies, des médicaments et des laboratoires (DPML)

Dr Emmanuel Bamenyekanye, directeur adjoint du département des pharmacies, des médicaments et des laboratoires (DPML) abonde. Les  défis ne manquent pas dans le secteur pharmaceutique. Il indique que certains défis sont liés à la qualité des médicaments, aux textes règlementaires, à  la contrefaçon et la vente  illicite  des médicaments, à la coordination des acteurs impliqués dans le secteur pharmaceutique, à la faible capacité de production locale et à l’absence d’observatoire national des prix des médecins, etc.  Sur ce, une amélioration des compétences et un élargissement des connaissances sur les meilleures pratiques dans le secteur pharmaceutique, une gestion des déchets pharmaceutiques et un appui financier à l’impulsion des entreprises pharmaceutiques burundais sont plus que nécessaires.

Notons que l’industrie Pharmaceutique PONA est une industrie pharmaceutique spécialisée dans la production et commercialisation des produits pharmaceutiques au Burundi.

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About the Author: Dieudonné Bukuru

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