Le torchon brûle au sein de l’AMOTABU

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Des querelles et des chicaneries s’entendent au sein de l’Association des Moto Taximan du Burundi (AMOTABU), sur fond de la représentation légale de cette association. Arthemon Ndayegamiye se réclame représentant légal au moment où Jadot Nzitunga affirme être reconnu par le ministère de l’intérieur. Cependant, dans sa correspondance du 16 juillet 2019, le procureur près de la cour d’appel de Bujumbura-mairie demande une précision sur la personne du représentant légal de l’AMOTABU entre Nzitunga et Ndayegamiye 

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Agréée par l’ordonnance ministérielle no530/147 du 07 février 2005, l’AMOTABU est une association sans but lucratif œuvrant Burundi. Comme l’indique Arthemon Ndayegamiye, Représentant légal de cette association, cette dernière  a, depuis 2009, rencontrée beaucoup de problèmes car, au cours de son évolution, certaines personnes se réclament représentants alors qu’ils ne figurent nullepart parmi les membres fondateurs. Raison pour laquelle, explique M.Ndayegamiye en 2013, les membres fondateurs de cette association ont saisi les instances judicaires pour qu’elles puissent trancher le différend. En 2015, la justice a tranché et en 2016 jusqu’en 2017, la justice a reconnu Arthemon Ndayegamiye comme représentation légal de l’AMOTABU.

Arthemon Ndayegamiye, Représentant légal

Selon Ndayegamiye, un certain Jadot Nzitunga, ancien conducteur de taxi moto dans la province de Gitega a envahi la scène et se déclara représentant légal alors qu’il n’est pas reconnu au sein de l’Association. Face à cela, nous avons  encore saisi la justice et l’affaire a été tranchée en date du 12 juin 2018. Après cela, Nzitunga a quitté la scène pendant 6 mois mais actuellement, il réapparaît et le 27 janvier 2019, il a tenu des propos faisant état des membres de l’association qui escroquent et pillent les gens. Face à cela, parce que la justice avait déjà tranchée et transmis le dossier au ministère de l’intérieur pour l’exécution du jugement, nous avons encore saisi le ministère de l’intérieur  mais qui ne s’est jamais prononcée  sur la situation.

Des correspondances pour exécution de jugement

Dans correspondance du 06 aout 2018, Nadine Nsabimana, président du tribunal de grande instance de Mukaza a demandé au ministre de l’intérieur de la mise en application du jugement RCA 7163, RC 18771 tel que demandée par le président de la cour d’appel de Bujumbura. Aussi, en date du 16 juillet 2019, le procureur près de la cour d’appel de Bujumbura-mairie,  M. Jean Claude Habimana a adressé une correspondance au ministre de l’intérieur lui demandant de préciser la personne qui est reconnue légalement d’être le président de l’amotabu. Il cite : «  Monsieur le ministre, nous faisons face à deux prises d’actes dont les représentants Nzitunga Jadot et Ndayegmiye Arthemon, chacun se réclame toujours être représentant légal reconnu par le ministère de l’intérieur. Excellence Monsieur le ministre, de par les accusations des uns et des autres entre ces deux représentants, nous vous demandons, excellence monsieur le ministre de bien vouloir nous préciser qui est le représentant légal de cette association reconnu actuellement par le ministère dont la responsabilité vous est confiée ». 

Jadot Nzitunga

Jadot Nzitunga dément toutes les accusations proférées à son encontre. Il indique qu’il est reconnu par le ministère de l’intérieur. « Après avoir constaté que les taxis motards connaissaient des difficultés liées à la représentation qui n’est pas efficace, nous avons jugé bon d’organiser une assemblée générale pour élire le nouveau représentant et la confiance a été placée en moi, d’où je suis actuellement, le représentant légal de l’Association », fait-il savoir. Cependant, dans une correspondance qu’il a adressé à Monsieur Jadot Nzitunga, le ministre  affirme avoir reçu la correspondance de Nzitunga par laquelle il lui transmettait les statuts amendés et lui demandant la prise d’acte des décisions issues de l’Assemblée Générale tenue le 14 novembre 2017. Cependant, dans sa correspondance du 06 aout 2018, Pascal Barandagiye, ministre de l’intérieur indique : « Après analyse de la requête, force est de constater que le quorum requis pour la tenue de cette assemblée n’a pas été atteint et il y a ceux qui ont participé dans cette dernière alors qu’ils n’avaient pas encore adhéré à l’association pour avoir la qualité de membre. Par ailleurs, les statuts amendés nécessitent une reformulation notamment les articles 5 et 10 pour  les rendre conformes à la loi no 1/27 janvier 2017 portant cadre organique des associations sans but lucratif ».

« Tous sont des voleurs »

Certains motards trouvent que ni Jadot ni Arthénon, aucun d’eux ne mérite la présidence de cette association car, disent-ils, tous sont des voleurs. Ils trouvent que vaudrait mieux que cette association soit gérée par l’Etat pour que leurs contributions participent dans l’économie nationale au lieu qu’elles soient volées  par les particuliers. « Peut-être, s’il s’agit du gouvernement il peut construire un hôpital et nous y faire soigner, une route ou une école etc. », estiment-ils.

Un des motos taximan lance : «  Je suis motard, il y a de cela 15 ans.  Depuis, je n’ai pas cessé de contribuer chaque jour pour l’association. Cependant, durant ces 15 ans, je loue toujours une maison et j’utilise une moto d’autrui alors que ces « voleurs » qui se réclament représentants ont déjà construit leurs maisons dans leurs parcelles  et ont acheté leurs propres motos voire des voitures. Nous n’avons pas d’assurance. Un jour, j’ai demandé une contribution, ma mère était morte, j’ai écrit une lettre mais pas de feedback jusqu’à ce jour. Ils sont simplement des voleurs ».

Un autre motard indique : « Vaudrait mieux que cette association soit dirigé par un visionnaire qui peut développer cette association quitte à ce que les taxis motos men puissent se construire un centre de santé ou une microfinance ». Le problème que nous avons c’est que tous sont des illettrés, conclut-il.

Contacté par téléphone à plusieurs reprises, Tharcisse Niyangabo, assistant et porte-parole du ministère de l’intérieur indique que ce ministère met en place une commission qui va pencher sur la question.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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