L’enseignement des métiers au Burundi : Une réorganisation s’impose

L’enseignement des métiers au Burundi est confronté à pas mal de défis. Manque d’enseignants  qualifiés, manque  d’équipements, manque de moyens financiers etc. Des experts en éducation proposent une réorganisation de ce secteur

« Les Centres d’enseignements des Métiers (CEM) et les Centres de Formation Professionnelle (CFP) sont confrontés à plusieurs défis pour pouvoir offrir aux apprenants une formation de qualité et garantissant une bonne insertion professionnelle », déplore Prof André Nduwimana, Doyen de l’Institut de la Pédagogie Appliquée (IPA). Pour lui, la gestion des centres d’enseignement des métiers doit être renforcée sur les aspects administratifs, financièrs mais également pédagogiques afin de proposer des formations de qualité aux jeunes et permettre à ces centres d’acquérir une autonomie nécessaire à leur bon fonctionnement.

Comme il l’indique, la question du profil des enseignants laisse à désirer. Il fait remarquer que l’organisation des enseignements en domaines, en lieu et place de l’enseignement par disciplines n’a pas été accompagnée par des formations de mise à niveau suffisantes. Il ajoute que ni les instituteurs du primaire promus enseignants au cycle 4 (7eme-9eme), ni les professeurs des disciplines des anciens collèges, devenus professeurs d’au moins deux disciplines regroupées dans un domaine, n’ont été réellement pas  préparés à ce changement.

M. Nduwimana déplore le fait  qu’au Burundi il n’y a pas de centres de formation des formateurs pour l’enseignement des métiers et la formation professionnelle. Il fait savoir que les encadreurs sont actuellement issus des filières de formation technique post-fondamentale. Il ajoute que plusieurs centres de formation professionnelle sont tenus par des enseignants de niveau A2. Et de se demander « comment un enseignant de niveau A2 puisse produire un lauréat de même niveau que lui ? ». Et d’ajouter: « un œuf ne peut pas pondre un œuf » ! Il souligne que le manque d’enseignants qualifiés est plus pressant à l’intérieur du pays que dans les centres urbains ou semi-urbains. M. Nduwamina regrette que certains centres d’enseignements soient transformés en bar et restaurants du fait du manque d’enseignants de matériels. D’où, dit-il, une réorganisation s’impose.

Un secteur caractérisé  par le tâtonnement

David Ningaza, un des défenseurs des droits de l’enfant et membre de la Solidarité de la jeunesse chrétienne pour la paix et l’enfance au Burundi (SOJEPAE) déplore que depuis la reforme de l’enseignement au Burundi, l’enseignement des métiers n’a jamais été stable. Il indique qu’avec l’instauration de ce système, les recalés  n’ont jamais subi le même traitement ni bénéficier les mêmes avantages alors qu’ils sont d’un même ministère, un même régime et une même autorité. « Pour la première promotion, les élèves ont été refusés  de continuer l’école parce qu’ils avaient réussi en classe et échoué  au concours national, pour la 2ème promotion les élèves qui avaient échoué et en classe et au concours ont eu la chance de reprendre l’année, pour la 3ème promotion, les élèves ont été refusés  de reprendre l’année  mais de refaire le concours national via l’autodidactie , pour la 4ème promotion, les élèves ont été refusés  de refaire le concours national à la dernière minute. Pour la 5ème promotion, ils sont autorisés  à reprendre l’année », justifie-t-il.

M. Ninganza ajoute l’enseignement des métiers n’a jamais été stable car il a changé  d’années en années le ministère dont il relève. «  Au départ, il était logé  au ministère de la fonction Publique, après au ministère de la jeunesse et Sport, puis au Ministère de l’emploi et actuellement,  il est logé  au ministère de l’Education ». D’où, conclut-il, il est difficile de tracer une politique claire qui garantit une formation de qualité pour les enfants.

Face à tous ces manquements, le ministère en charge de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique tranquillise, Liboire Bigirimana, porte-parole de ce ministère indique  que même si les défis sont multiples, ces écoles fonctionnent. Il indique plutôt qu’au Burundi, le métier est moins considéré. Il invite donc les gens à attacher plus d’importances aux métiers afin de se développer et développer le pays au lieu de considérer ceux qui font l’enseignement des métiers sont ceux qui ont manqué  de quoi faire. Et de révéler « l’objectif du ministère est qu’en 2025, l’enseignement des métiers produit des compétences recherchées dont le pays a besoin ».

Selon M. Bigirimana, le Burundi compte actuellement 104 écoles techniques, 216 centres d’enseignement des métiers, 14 Centre de Formation Professionnelle, 3 Centre de Formation Professionnelle et Perfectionnement (CFPP)  et 3 Centres de Formation Artisanale (CFA).

Recommended For You

About the Author: Mathias Ntibarikure

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Covid-19

Mwirinde Corona

Actualités à la une