Les médias appelés à participer à l’éducation électorale des citoyens

Au moment où  les burundais vont choisir leurs gouvernants à tous les niveaux,  la préparation des journalistes qui vont couvrir les élections  est indispensable. C’est ce qui ressort d’un atelier media organisé dans la province de Ngozi le 27 février 2020.

« Un bon processus électoral ne peut être conduit « sans observateurs critiques. » La présence de médias professionnels est par conséquent  nécessaire pour la crédibilité de l’actuel processus électoral », précise Jacques Bukuru, secrétaire au Conseil National de la Communication (CNC).

M. Bukuru explique : « Pour que des élections puissent être qualifiées de libres et démocratiques, non seulement elles doivent se dérouler dans des conditions politiques et administratives adéquates, mais il est fondamental que les citoyens disposent d’un accès suffisant à l’informationrelative aux partis, aux candidats et au déroulement des opérations de vote, afin de garantir que leur choix est posé en connaissance de cause. Pour que les scrutins soient qualifiés d’équitables et de transparents, toutes les parties prenantes doivent avoir la possibilité de s’exprimer et les journalistes de se déplacer et d’enquêter dans le cadre de leur travail. En bref, des élections démocratiques sont tout simplement impossibles sans la liberté de la presse ».

Selon le secrétaire du CNC, le cadre légal de l’exercice du métier de journaliste offre des garanties d’indépendance aux médias et aux journalistes. La Constitution du Burundi promulguée le 7 juin 2018 adhère aux textes internationaux ratifiés par le Burundi: « Les droits et devoirs proclamés et garantis par les textes internationaux relatifs aux droits de l’homme régulièrement ratifiés font partie intégrante de la Constitution »(art 19). Il indique que dans son article 31, la loi fondamentale ajoute que: « La liberté d’expression est garantie. L ’Etat respecte la liberté de religion, de pensée, de conscience et d’opinion». Il trouve que même d’autres textes n’entravent pas la liberté des médias et des journalistes, liberté nécessaire en période électorale pour que les médias assument correctement leur rôle.

Le rôle des journalistes est plus exigeant en période électorale

Jacques Bukuru fait savoir qu’en période électorale, les médias et les journalistes ont une mission particulièrement exigeante. « Tous les citoyens comptent sur eux pour que le processus ne conduise pas aux violences ». M. Jacques fait remarquer que les médias et les journalistes jouent un rôle important en période électorale. Il indique qu’ils participent à l’éducation électorale des citoyens, relayent la voix des électeurs et veillent au bon déroulement des scrutins. « Ils contribuent à la cohésion sociale et à la responsabilisation  des acteurs politiques…»

Adolphe Sururu,  prof à l’UB et spécialiste en communication non violente quant à lui, fait savoir que le droit du public à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste guide le journaliste dans l’exercice de sa mission. Cette responsabilité vis-à-vis du citoyen prime sur toute autre. La liberté d’expression signifie « exprimer, avec responsabilité, ce qui peut contribuer au bien-être de la communauté voire de l’humanité ». M.Sururu trouve que la  mission des médias en matière d’éducation en période électorale est de délivrer un message et une leçon de tolérance à savoir: apprendre à vivre ensemble, à régler pacifiquement les conflits, à participer au processus de décision, à agir pour les droits de l’homme, pour la démocratie, pour le dialogue, le pardon et la paix.

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About the Author: Dieudonné Bukuru

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