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Les syndicats des enseignants menacent de lancer un mouvement de grève

La Coalition des Syndicats des Enseignants pour la Solidarité Nationale (COSESONA) menace de lancer un mouvement de grève si le ministère de l’enseignement National et de la recherche scientifique n’abandonne pas l’organisation d’un test de niveau organisé à l’ endroit des enseignants. Selon la COSESONA, organiser pareil test revient à remettre en cause l’institution qui a délivré le diplôme, la réussite au test de recrutement, les cotations attestant le niveau de performance annuelle reçue, mais aussi l’expérience professionnelle acquise par l’enseignant.  Au niveau du ministère, l’on reste camper sur la décision à en croire les propos de Liboire Bigirimana, porte-parole du ministère : « Le test doit avoir lieu ».

« Curieusement, cet unique test dans l’histoire de la fonction publique burundaise et qui commence chez les enseignants qui ne cessent d’éduquer et de former pour le compte de la nation et du monde entier, témoigne d’un manque de confiance en cette catégorie de fonctionnaires combien utile au regard des hauts cadres, cadres et agents qui sont leurs outputs et de surcroit, leur devraient une grande reconnaissance », indique Emmanuel Mashandari, vice-président de la Cosesona. Selon lui, organiser  un test pareil revient à remettre en cause l’institution qui a délivré le diplôme, la réussite au test de recrutement, les cotations attestant le niveau de performance annuelle reçue, mais aussi l’expérience professionnelle acquise par l’enseignant.

M.Mashandari reconnait que depuis quelques années, l’opinion publique se lamente de la détérioration de la qualité des apprentissages. Et, ajoute-t-il, des tentatives de solutions sont envisagées sans pour autant trouver la vraie solution du fait de la non implication de toutes parties prenantes. Il déplore néanmoins qu’au lieu de s’attaquer aux vrais problèmes, le ministère jette le tort à l’enseignant : « au lieu de s’attaquer aux causes réelles des défis qui hantent le secteur éducatif, le Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique jette le tort à l’enseignant debout comme si tous les problèmes qui gangrènent ce secteur seraient l’œuvre de l’enseignant ».

Certaines dispositions transgressées

Selon les syndicalistes du secteur de l’enseignement, ce test est organisé en violation de certaines dispositions de la loi. De plus, ils dénoncent les imperfections liées aux modalités d’organisation du perfectionnement professionnel qui, par ailleurs, expliquent-ils, l’organisation de ce test  ne rentre pas dans les missions directes du ministère ayant l’éducation dans ses attributions comme le stipule l’article 73 du statut général des fonctionnaires. « Le plan à court, moyen et long terme de perfectionnement des fonctionnaires est établi par une commission interministérielle de perfectionnement nommée par le Ministre ayant la Fonction Publique dans ses attributions. La commission interministérielle est présidée par le Directeur général de la Fonction Publique et est composée du Directeur de la Gestion des carrières qui en assure le secrétariat, ainsi que des responsables de la gestion du personnel de chaque ministère ».

En outre, renchérissent-ils, la même loi en ses articles 75 et 76 prévoit des documents qui doivent sanctionner le perfectionnement professionnel et qui sont mis dans le dossier administratif des fonctionnaires en vue des bonifications qui seront tenues en compte lors de l’évolution de leur carrière. Ces enseignants déplorent qu’au lieu que ce principe soit respecté, le ministère de l’Education n’hésite pas contraire de ce que prévoient les normes nationales et internationales du travail.  

Malheureusement, regrettent les syndicalistes tout en adhérant aux problèmes soulevés par les partenaires sociaux , le ministre n’a pas voulu reconnaitre la violation de la loi en matière du perfectionnement sans qu’il ait évoqué une moindre disposition légale ou réglementaire qui requiert la passation d’un test pour accéder à un perfectionnement professionnel ; qui par ailleurs , constitue un droit inaliénable à tout fonctionnaire sans aucune autre forme de conditionnalité comme l’indique le point 6 et 8 du statut général des fonctionnaires sur les droits du fonctionnaire.

Un mouvement de grève envisagé  

Les syndicats des enseignants affiliés à la COSESONA précisent qu’après avoir constaté que le ministère reste camper sur sa position d’exiger un test de dénigrement et de culpabilisation des enseignants, demandent le ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique de Suspendre sans condition toutes les procédures liées à l’organisation de ce test jugé inopportun et illégal et programmer dans les meilleurs délais un dialogue franc , non évasif en vue de trouver des solutions efficaces et durables . Au cas contraire, les syndicalistes avertissent qu’ils seront dans l’obligation de déclencher un mouvement de grève générale conformément à la Constitution de la République du Burundi, à la Convention 87 de l’Organisation Internationale du Travail et à la Loi n ° 1 / 015 du 29 novembre 2002 portant réglementation de l’exercice du droit syndical et du droit de grève dans la Fonction Publique.

Le ministère est demandé également de mettre en avant ce qui est prévu par la loi au lieu de procéder à un forcing. Au ministère de la fonction publique, la Cosesona demande son intervention dans l’interprétation et dans la mise en application des dispositions du statut général des fonctionnaires en matière de recyclage des fonctionnaires, le perfectionnement professionnel reste une obligation dévolue à la Fonction Publique. Aux enseignants, la Cosesona leur demande de suivre de près l’évolution de leurs doléances et prendre des dispositions nécessaires à la défense en synergie de leurs droits.

Le ministère n’entend pas se ressaisir

Dans un communiquée sorti le 13 janvier 2022, Liboire Bigirimana, porte parole du ministère de l’éducation  a tranquillisé qu’aucun enseignant ne sera renvoyé de la fonction publique quelque soit la note obtenue dans ce test. M.Bigirimana rappelle que ce recyclage concerne plus de 30 mille enseignants des premiers cycles. C’est-à-dire de la 1ere année à la 6e année du fondamental. C’est un test pour détecter les forces et les faiblesses de chaque enseignant par matière. Pour lui, ce test permettra aux ministères de concevoir des modules de formations pour remédier aux faiblesses constatées dans l’une ou l’autre matière. Le porte-parole tranquillise les enseignants que la note obtenue sera encodée et  ne sera divulguée à personne. M.Bigirimana fait savoir que le recyclage sera assurée par les enseignants ayant participé au test comme les autres, mais ayant obtenu la bonne note par rapport aux autres.  

Cependant, des questions restent en suspens : Qui choisit et administre le test ? Sur quelle matière et discipline portera-t-il ?  Si tous les enseignants réussissent au test ? Ou encore et par malheur, tous les enseignants échouent au test ?  A quoi servent les tests de recrutement ?

Notons que ce test concerne 30 mille enseignants des premiers cycles au moment où, selon des sources proches du ministère, les premiers cycles comptent plus de 63 milles enseignants.

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