Les victimes des inondations de Gatumba dans le désarroi

Frappée par les inondations dues aux crues de la rivière Rusizi et des eaux du lac Tanganyika, la population regroupée au site Kigaramango  de la zone de Gatumba en commune Mutimbuzi, province Bujumbura vit dans une misère sans nom. Les victimes demandent aux bienfaiteurs et au gouvernement de leur venir en aides afin que ces dernières puissent regagner leurs parcelles

Il y a environ un mois et demi, les eaux de la rivière Rusizi renforcée par la montée des eaux du lac Tanganyika ont envahi les quartiers Mushasha I et II, Muyange I et II et kinyinya I et II ainsi que le quartier Gaharawe. Des quartiers de la zone Gatumba en commune Mutimbuzi, province Bujumbura. Ces inondations ont produit des sans abris et l’arrêt de certaines activités. Dans ces quartiers, la vie est presqu’au ralenti. Le commerce n’est pas florissant, les activités agricoles ont été suspendues. Certains élèves ont suspendu l’école car, le matériel scolaire, y compris les uniformes ont été emportés par ces inondations.

Situation actuelle des quartiers Mushasha I et II

Arrivé dans ces quartiers, on y trouve un nombre moins important de gens. Ces derniers viennent de différents sites où ils sont installés pour voir si l’eau a reculé afin qu’ils puissent regagner leurs parcelles. Le constat est que même s’il y a encore des flaques d’eau dans certaines parcelles, de petites tables s’observent le long des avenues. Ces dernières servent d’étagères sur lesquelles sont étalés les fruits à vendre dont les mandarines et les oranges. Aussi, certaines boutiques sont rouvertes. Nonobstant, les  quelques peu de vendeurs affirment avoir été fortement affectés par les conséquences de ces inondations. Ils indiquent qu’auparavant, ils gagnaient entre 300 mille et 500 mille par mois mais qu’actuellement, ils ne gagnent que 50 à 100 mille seulement. Ce qui ne leur permettait de subvenir à leurs besoins. Et d’ajouter : «  Actuellement, les articles de commerces peuvent passer plus d’un mois sur les étagères ».

Séquestrées par les inondations, les habitants des quartiers affectés de la zone Gatumba ont dû s’exiler vers d’autres lieux. C’est ainsi que trois sites ont été aménagés par les autorités pour abriter les sinistrés. Après l’établissement des sites de Kinyinya II et de Maramvya, les autorités ont établi le site Kigaramango en tant que site temporaire pour abriter  les déplacés de Gatumba. Cependant, des défis importants en terme des besoins y sont notés notamment l’amélioration des conditions de vie des déplacés et l’aménagement des infrastructures sanitaires dont des toilettes.

Un manque criant de toilettes

Au site Kigaramango, les sinistrés affirment avoir beaucoup de problèmes. Ils déplorent le fait que le site possède quatre toilettes seulement pour une population de 6 700 personnes, soit 1675 personnes par toilettes. Certains locataires de ce site font remarquer qu’il est impossible que cet effectif puisse aller aux toilettes au moment. Ils soulignent que le calvaire leur arrive surtout le matin au moment où  la majorité se réveille avec l’envie de faire la toilette. Ils expliquent que certains préfèrent aller se soulager dans la nature se trouvant au sud-ouest de ce site. D’autres creusent de petits trous entre les huttes à l’intérieur desquelles dorment les sinistrés. D’où, ils craignent d’attraper les maladies des mains sales.

En plus de l‘hygiène sanitaire, l’hygiène corporelle reste insuffisante. Craignant pour leur intimité, les femmes, les filles, de même que les hommes ne se lavent plus comme quand ils étaient dans leurs ménages. Ils affirment qu’ils peuvent passer deux jours voire 3 sans se laver. Ceux qui osent puissent se laver tard  la nuit quand presque la majorité de la population est  déjà endormie. Là aussi, ils ont toujours la peur d’être vus, disent-ils. C’est la même chose quand il s’agit de changer les serviettes hygiéniques pour femmes.

Les relations conjugales affectées

Certaines femmes du site Kigaramango affirment qu’entretenir les relations conjugales dans le site n’est pas du tout  possible. Elles précisent que dans une hutte sans chambres, les parents et les enfants dorment vaille que vaille. Une mère de 4 enfants raconte : « Même quand tu as l’envie de faire l’amour, tu ne peux pas oser quand les enfants sont là. De même, tu ne peux pas les envoyer nulle part. Certains sont endormis au moment où d’autres sillonnent a l’intérieur ou à l’extérieur de la hutte. Les conjoints ne peuvent même pas se rapprocher. Quand parmi les enfants, il y a ceux qui ont un âge un peu avancé, quand ils remarquent que les parents commencent à se regarder ou à se rapprocher, ils vident les lieux.  Mais quand il s’agit des enfants en bas âge (5 à 14 ans), quand vous vous rapprochez, ils vous demandent  pourquoi vous vous rapprochez ». Cette femme fait remarquer que suite à ce manque de moment, certains foyers peuvent être rompus car, il est des fois où certains maris préfèrent aller s’approvisionner ailleurs autres que dans le site.

Les victimes des inondations de Gatumba demandent au gouvernement et aux bienfaiteurs de leur venir en aide surtout en leur procurant des tentes afin qu’elles puissent aller les installer  dans leurs parcelles car, elles expliquent que la vie dans le site n’est qu’une vie de misère.

Rappelons que les pluies qui ont fait déborder la riviere Rusizi sont tombées dans la nuit du 19 au 20 avril 2020.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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