Liberté économique : Des chiffres qui rassurent

L’Agence de Promotion des Investissements(API) en partenariat avec le CDE Great Lakes a organisé  ce mardi, 15 septembre 2020 une table ronde sur l’amélioration de la liberté économique du peuple burundais par la maitrise des dépenses publiques, des impôts et de la propriété de l’état sur les actifs  surtout sur la composante « la taille du gouvernement ». Au regard des données de l’étude de l’institut Fraser, tous les indices sont bon sauf pour un seul dont le score est au rouge 

« La table ronde se focalise sur la zone 1 relative à la Taille du Gouvernement analysée sous l’importance des dépenses de consommation du gouvernement dans le total des dépenses de consommation du pays, la pression fiscale exercée sur l’économie appréhendée sous l’analyse du taux d’imposition marginal; l’importance  des transferts et subventions de l’administration publique en pourcentage du PIB; la part de l’investissement public dans le total de l’investissement total du pays ainsi que le degré auquel l’État possède et contrôle le capital (y compris les terres) dans les secteurs industriel, agricole et des services », indique Martin Banyiyezako, un consultant indépendant.

« Taille du gouvernement » dans l’indice de liberté économique 2019

M. Banyiyezako déplore que le Burundi est en retard sur le plan de la liberté économique en témoigne sa place qui est de 124ème rang sur les 162 nations de l’Indice de liberté économique. Il fait savoir que le niveau de liberté économique du Burundi est inférieur à la moyenne mondiale et, pour beaucoup d’années. Il est sensiblement inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. De plus, ajoute-il, l’un des freins énormes à la croissance du Burundi tient à son classement à la 170ème position sur 180 juridictions de l’Indice de perception de la corruption de Transparency International. Alors que d’après lui, l’augmentation de la liberté économique devrait réduire la corruption. « Lorsque les dépenses publiques augmentent par rapport aux dépenses des particuliers, des ménages et des entreprises, la prise de décision gouvernementale se substitue au choix personnel et la liberté économique est réduite », fait savoir M.Banyiyezako.

Les chiffres qui donnent de l’espoir

Sur l’indice «  Importance des dépenses de Consommation du Gouvernement », le Burundi a reçu une note de 7,47, supérieure à la moyenne mondiale de 5,65 et celle de l’Afrique de 6,49. Cela signifie que le Burundi fait des efforts pour ajuster ses consommations aux moyens disponibles. Sur l’indice « Transferts et subventions », il a reçu une note maximale de 10 sur 10 avec un ratio, transferts et subventions totaux sur le PIB  de 0,47%. Loin devant la moyenne mondiale (7,74) et africaine (9,3) ainsi que des pays comme la Suisse (5,98), l’Australie (6,03), l’Irlande (6,41), ainsi que les Etats-Unis (6,91).Ce qui d’après lui, signifie que le Burundi a des secteurs de transfert moins importants.

Pour l’indicateur « possession d’entreprises publiques et investissements », le Burundi a reçu une note de 7 en liaison avec son ration, investissement public sur l’investissement total égal à 22,47% contre 27,1% et 32,94 respectivement comme moyenne mondiale et africaine. Cela signifie que le gouvernement du Burundi n’exagère pas trop dans le contrôle du capital des entreprises existantes dans le pays. Cependant, dit-il,  des efforts sont encore à faire pour que ledit ratio s’approche de la moyenne des 10 meilleurs classements qu’est de 16,2%. Pour l’indicateur lié au taux d’imposition, le Burundi a reçu une note de 8 en liaison avec son taux d’imposition marginal le plus élevé qui est de 30% avec une moyenne mondiale de 29,23% et 33,17% pour la moyenne africaine. Cela signifie que le Burundi n’exagère pas dans l’imposition. Cependant, des efforts sont encore à faire pour que ledit ratio s’approche de 15%, 17%, 20% respectivement de la Nouvelle-Zélande et de l’Irlande, du Hong Kong, Canada ainsi que des Etats-Unis qui sont à la tête du classement.

Pour l’indicateur du taux d’imposition le plus élevé sur le revenu marginal, le Burundi a reçu une note de 5 contre une note moyenne mondiale de 5,44 avec un taux d’imposition le plus élevé sur le revenu marginal de 38%. Cela montre que, bien encore inférieur à la moyenne mondiale (38,67%) et africaine (40,69%), l’impôt sur le revenu est encore très lourd au Burundi car loin d’approcher les 17%, 20% et 22% enregistrés par le Hong Kong, les Etats-Unis ainsi que le Canada.

Pour l’indicateur de possession du droit de propriété sur les actifs (y compris la terre) par l’État, le Burundi a reçu une note médiocre de 3,63 de loin inférieure à note moyenne du monde (6,23), d’Afrique (6,52) et surtout celle obtenue par les pays comme l’Australie (10), l’Irlande (9,79), le Singapour (8,99), etc. Cela signifie que l’Etat du Burundi possède et contrôle le capital (y compris les terres) dans les secteurs industriel, agricole et des services : il exerce encore trop de contrôle direct sur l’économie et donc dispose d’une plus grande propriété sur les actifs.

Au total, le Burundi obtient la note de 6,92 sur le domaine « taille du gouvernement », meilleure par rapport à la moyenne du monde (6,45) et africaine (5,90) qui le classe à la 61ème place au monde

Satisfaction de serge Nsabimana, chef de département des reformes et de développement du capital humain à l’API.  «Les 4 indices sont très bien classésOn va pouvoir renforcer la liberté économique et le développement de notre pays surtout qu’il y a un plan national de développement ».  Et de promettre de proposer davantage des reformes.

Même sentiment de satisfaction chez Aimable Manirakiza, directeur exécutif de CDE-Great Lakes. Il indique que le travail du CDE-Great Lakes devient quand il apporte des résultats mesurables.  Il se dit satisfait du pas déjà franchi mais, il reconnait  qu’il y a encore à faire notamment d’où il demande au gouvernement, a travers les agences de régulation et les institutions publiques pour qu’il y ait une réglementation intelligente pouvant améliorer le climat des affaire et l’investissement privé.

La table ronde a été organisée dans le cadre du projet «  Mfashakumenya »

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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