L’OIF lève ses sanctions contre le Burundi

A travers  la 110ème session ordinaire du Conseil Permanant de la Francophonie (CFP) tenue mercredi le 08 juin 2020, le Burundi via son ambassade a demandé la levée des sanctions qui pèsent sur lui depuis 2015. Une requête qui a été honorée à travers une décision consensuelle du Conseil Permanent de la Francophonie

Via son compte twitter, le ministère des affaires étrangères indique, dans la matinée de ce jeudi du 09 juillet2020, que  sur demande explicite du Burundi, les sanctions ont été levées par une décision consensuelle du Conseil Permanent de la Francophonie. L’ambassadeur du Burundi a Pari M. Ernest Niyokindi précise que la délégation du Burundi a saisi l’opportunité de la tenue de la 110ème session du CPF pour demander formellement à ce  Conseil, au nom du Gouvernement de la République du Burundi, d’étudier la possibilité de lever toutes les mesures de restriction prises contre le Burundi.  Il s’agit de  la résolution sur la mise sous observation du Burundi adoptée le 3 avril 2015 et de la résolution de suspension de la coopération multilatérale avec le Burundi adoptée le 7 juillet 2016.

Dans sa déclaration, l’amb. Niyokindi a rappelé que depuis le 07 juillet 2016, le  Burundi, qui est pourtant parmi les premiers signataires de la Convention créant l’organisation, ne jouit plus de toutes ses prérogatives de membre de la famille francophone. Il indique que le 3 juillet 2015, dans la foulée de la tentative de coup d’Etat manqué, l’OIF a pris la résolution de mettre le Burundi sous observation, arguant des entorses à la démocratie et des violations des droits de l’homme. De plus, ajoute-t-il, le 7 avril 2016, malgré toutes les mesures prises par le Gouvernement Burundais pour normaliser la situation intérieure et d’importantes mesures politiques comme la libération des prisonniers, la levée de certains mandats d’arrêt lancés contre les opposants en exil non impliqués dans la tentative de putsch et l’appel lancé aux réfugiés pour regagner le bercail et malgré le constat sans appel d’une large amélioration de la situation fait par le Secrétaire Général des Nations Unies et une Mission de Très Haut Niveau de l’UA, le CPF a cru bon de suspendre la coopération multilatérale avec le Burundi.

L’Amb. Niyokindi fait remarquer que depuis 2015, le Burundi a la désagréable impression qu’elle n’est pas écouté et que toutes les mesures politiques prises dans l’intérêt des Burundais sont détournés. A titre d’exemples, explique-t-il,  lorsque Pierre NKURUNZIZA, alors Président de la République du Burundi a posé sa candidature à la Magistrature Suprême en 2015, la Francophonie, a crié à l’illégalité du 3ème mandat.  Pourtant, dit-il, la Cour Constitutionnelle avait jugé la candidature légale et la Cour de l’EAC a par la suite confirmée cette décision de la Cour Constitutionnelle.

Souci d’améliorer les relations avec l’extérieur du pays

Lorsque le pouvoir burundais organise en 2018 un référendum de révision constitutionnel pour adapter la loi fondamentale aux enjeux et réalités du moment, la Communauté internationale et la Francophonie ont dénoncé cela, arguant que c’était une façon d’enterrer les Accords d’Arusha et de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2034. L’ambassadeur Niyokindi signale que dans toutes les sessions qui ont suivi la 97ème session du CPF et durant les réunions des instances de Monaco ,la Délégation de l’ambassade n’a cessé de présenter l’évolution positive de la situation du Burundi depuis 2015 pour montrer à tous que le Burundi est sur la bonne voie et que les sanctions et autres mesures restrictives doivent être revues.

L’amb. Niyokindi informe que le nouveau président, Evariste Ndayishimiye a déclaré lors de son investiture qu’il centrerait toute son action sur le bien-être des Burundais. Il a dit souhaiter « l’amélioration de l’image du Burundi à l’extérieur à travers des relations basées sur le respect mutuel, la complémentarité, le renforcement de l’entente entre le Burundi et las autres pays et entre le Burundi et les Organisations Internationales ». A l’heure actuelle, informe l’ambassadeur, le gouvernement investi à la suite des élections du 20 mai a choisi de travailler main dans la main avec la Francophonie, ce qui implique que le Burundi doit d’abord recouvrer son statut de membre à part entière de l’organisation afin de continuer les projets de développement rentrant dans la compétence de la Francophonie.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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