L’UPHB plaide en faveur de l’inclusion des personnes handicapées dans la réalisation des 0DD

Au lieu d’être considérées comme des oubliées de la société, les personnes vivant avec un handicap souhaitent être impliquées  dans la réalisation des Objectifs du Développement Durable (ODD). Cela a été dit lors d’une conférence-atelier organisée du 18 au 19 février 2021. C’était aussi une occasion de sensibiliser toutes les parties prenantes pour une intégration effective des personnes vivant avec un handicap dans les politiques  et programmes de développement

« Pour une inclusion effective des personnes vivant avec un handicap, les programmes et les projets de développement au niveau national devraient prendre en compte les besoins des personnes vivant avec un handicap et impliquer ces dernières dans la réalisation des ODD », indique Madame Adelaïde Nyigina, représente légale de l’Union des Personnes Handicapées du Burundi (UPHB). Elle estime que les personnes handicapées doivent être intégrées dans l’évaluation des projets et programme de développement pour voir si les besoins formulés en leur faveur ont été pris en compte. Mme Nyigina regrette que les personnes handicapées ne soient pas impliquées dans les programmes de développement du pays. Elle regrette cependant que peu de partenaires, d’organismes qu’ils soient nationaux ou internationaux  s’intéressent à la question des personnes handicapées. Ce qui contraint les personnes handicapées à la pauvreté et à la misère.

Le manque des statistiques, un défi de taille

le Professeur d’universités, Siméon Barumwete

D’après le Professeur d’universités Siméon Barumwete, au Burundi, les statistiques sur les personnes handicapées sont quasiment inexistantes. Ce qui, d’après lui, contraint cette partie de la population a resté moins représenté  dans différents secteurs de la vie du Pays. Raison pour laquelle Pr Barumwete demande aux instances habilitées à  intégrer le volet personnes handicapées dans le recensement général de la population et de l’habitat prévue pour 2022. Et cela  selon le sexe, l’âge et le type de Handicap. Cela permettra au gouvernement de voir s’il faut considérer cet indicateur dans la réalisation des ODD.

 Nonobstant, dit-il, en lisant le rapport volontaire sur la mise en œuvre des ODD, on trouve que les cibles qui ont un lien direct avec les personnes handicapées  n’ont pas été considérés. Comme il l’indique, toutes  les données contenues dans ce rapport sont d’ordre général. Elles n’entrent pas dans les détails pour montrer que les personnes handicapées sont incluses. Par exemple,  si on dit qu’il faut lutter contre la pauvreté au Burundi, au niveau international on montre qu’il faut donner une proportion des gens qui vivent en dessous d’un revenu  de 1,25 dollar / jour. Ainsi, au niveau international, on détermine quel est le % de la population qui vit en dessous du seuil de la pauvreté, mais on ne va pas montrer la proportion des personnes handicapées qui n’ont pas accès à ce revenu.

L’accès des personnes handicapées aux infrastructures

La possibilité de se mouvoir et de se déplacer dans les espaces publics et les transports est un des éléments majeurs qui conditionnent l’insertion sociale de chacun des citoyens d’autant plus que l’accessibilité des personnes aux  transports publics pour tous et en toute autonomie constitue un des signes de l’inclusion. Cependant les difficultés rencontrées peuvent être le fruit de situations de handicap créées par des barrières environnementales ou culturelles. Un environnement inaccessible est un frein pour les actes simples de la vie quotidienne notamment pour se déplacer, se loger, travailler, apprendre ou encore vivre les loisirs. Traiter l’accessibilité pour tous, c’est agir sur les moyens nécessaires à mettre en œuvre pour que sans exclusion ni discrimination, tout citoyen qui se trouve en situation de handicap, définitive ou momentanée, puisse avoir la liberté de se déplacer et d’accéder à un lieu, à un espace, à  un service, en toute autonomie. C’est par ailleurs offrir à l’ensemble des citoyens une meilleure qualité d’usage des services et des activités de la cité. C’est de cette manière que professeur Barumwete déplore le fait qu’au moment où au niveau international, l’indicateur infrastructure sanitaire a été prise en compte par les ODD, au Burundi il en est autre. Les structures sanitaires (toilettes) ne sont pas adaptées et ne sont pas inclusives. Les personnes handicapées  physiques éprouvent encore des difficultés quand il faut aller à la toilette.   De plus, ajoute-t-il, en matière du transport, les personnes d’handicap physiques ne disposent pas de véhicules adaptées à leur infirmité. Et dans les transports en commun, il y a lieu de se demander comment les personnes handicapées  accèdent-ils aux moyens de transport.

Les personnes handicapées ne sont pas des personnes vulnérables

Au moment où certaines gens mettent dans une même boîte les personnes handicapées et les vulnérables, Pr Barumwete indique qu’il y a une grande différence entre les deux groupes de gens. Pour lui, les vulnérables constituent un grand groupe de gens. Et de conclure, certaines  personnes handicapées ne sont pas forcément des vulnérables.  Il précise qu’en continuant à mettre ensemble les personnes handicapées et les personnes vulnérables, il sera très difficile de réaliser les Objectifs de Développement Durable. Il estime que la non distinction entre ces deux groupes de gens constitue un grand défi pour la mise en œuvre des ODD.

Salvator Niyonizigiye, chargé  de la coordination des aides et de la promotion des libertés publiques au Ministère de l’Intérieur,  de la Sécurité Publique et du Développement Communautaire indique que face à la question des droits des personnes handicapées, le Burundi n’a pas croisé les bras. C’est ainsi que, dans le souci d’améliorer le cadre des droits humains en faveur des personnes handicapées, qui, dans un passé récent, étaient discriminées et exclues socialement, le gouvernement du Burundi a ratifié, en date du 26 mars 2014, la convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées. De plus, ajoute-il, le gouvernement du Burundi a, le 10 janvier 2018, promulgué  une loi  nationale portant promotion et protection des droits des personnes handicapées au Burundi.

M.Niyonizigiye déplore que  les personnes handicapées aient  été longtemps oubliées voire ignorées des politiques et programmes de développement. « C’est pourquoi je lance un appel vibrant à  tous les partenaires du Burundi d’être plus inclusifs dans leurs projets et programmes en tenant compte des personnes handicapées dans leur mise en œuvre », lance-t-il. Il invite ainsi les personnes handicapées à participer aux activités de développement au lieu d’attendre des assistances afin d’être utile pour eux-mêmes et pour la société toute entière. 

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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